mercredi 7 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2001301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DU PARC CURTIL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mai 2020, la société SADE CGTH demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes n° 03000-2020-195, d'un montant de 710,12 euros, émis à son encontre le 13 mars 2020 par le directeur général des services du syndicat intercommunal d'électricité de la Côte-d'Or (SICECO) ;
2°) d'annuler le titre de recettes n° 03000-2020-196, d'un montant de 378,78 euros, émis à son encontre le 13 mars 2020 par le directeur général des services du SICECO ;
3°) de mettre à la charge du SICECO le versement d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société SADE CGTH soutient que :
- les titres de recettes attaqués sont entachés d'un vice de forme au regard des exigences des articles L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les dommages qu'elle a causés aux ouvrages appartenant au SICECO ont pour origine directe la faute que le Syndicat a commise lorsqu'il lui a transmis des informations erronées sur la localisation de ces ouvrages.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2021, le SICECO conclut au rejet de la requête.
Le SICECO soutient que les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Me Geslain, représentant le SICECO.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 août 2018, le syndicat des eaux et de services Auxois-Morvan (SESAM) a confié à la société SADE CGTH un marché de travaux ayant pour objet la pose d'un réseau de collecte des eaux usées rue Jean-Jacques Collenot, rue de l'Abreuvoir et rue de la Fontaignotte, sur le territoire de la commune de Semur-en-Auxois.
2. Le 11 février 2019, lors d'une phase de terrassement dans l'emprise de ses travaux, rue de l'Abreuvoir, la société SADE CGTH a endommagé un ouvrage public souterrain appartenant au syndicat intercommunal d'électricité de la Côte-d'Or (SICECO) en arrachant un câble d'éclairage public au niveau du " repère J21 ". L'exploitant de cet ouvrage, l'entreprise Demongeot, sollicitée par la société SADE CGTH, a procédé à la réparation de ces dommages et établi une facture d'un montant de 378,78 euros. Après avoir réglé cette facture à la société Demongeot, le SICECO a émis le 13 mars 2020 un titre de recettes de 378,78 euros à l'encontre de la société SADE CGTH.
3. Le 17 septembre 2019, lors d'une phase de terrassement dans l'emprise de ses travaux, dans la ruelle Tremy, la société SADE CGTH a de nouveau endommagé un ouvrage public souterrain appartenant au SICECO en arrachant un câble d'éclairage public au niveau des " repères L50 et L51 ". L'entreprise Demongeot, à nouveau sollicitée par la société SADE CGTH, a alors procédé à la réparation de ce dommage et établi une facture d'un montant de 710,12 euros. Après avoir réglé cette facture à la société Demongeot, le SICECO a émis le 13 mars 2020 un titre de recettes de 710,12 euros à l'encontre de la société SADE CGTH.
4. La société SADE CGTH demande au tribunal d'annuler les deux titres exécutoires mentionnés aux points 2 et 3.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le cadre juridique :
5. D'une part, en cas de dommage accidentel causé à des tiers par des travaux publics, la victime peut en demander réparation, même en l'absence de faute, aussi bien au maître de l'ouvrage, au maître de l'ouvrage délégué, à l'entrepreneur ou au maître d'œuvre. Le responsable du dommage ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
6. D'autre part, une collectivité publique est irrecevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre. En particulier, les collectivités territoriales et leurs établissements publics, qui peuvent émettre des titres exécutoires à l'encontre de leurs débiteurs, ne peuvent saisir directement le juge administratif d'une demande tendant au recouvrement de leur créance sauf lorsque la créance trouve son origine dans un contrat. Toutefois, en raison tant de l'absence de voies d'exécution à l'encontre des personnes publiques que, s'agissant des collectivités territoriales, des limitations apportées par l'article L. 1612-15 du code général des collectivités territoriales à l'inscription d'office à leur budget des dépenses obligatoires, il en va différemment dans l'hypothèse où le débiteur est une personne publique. Dans ce cas, faute de pouvoir contraindre la collectivité débitrice, la collectivité créancière n'est pas tenue de faire précéder la saisine du juge de l'émission d'un titre de recettes rendu exécutoire.
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 et 6 que lorsqu'une collectivité publique estime avoir été victime d'un dommage accidentel de travaux publics en qualité de tiers à un ouvrage public et décide d'en demander la réparation auprès de l'entrepreneur ayant effectué les travaux pour le compte du maître de l'ouvrage, elle est tenue d'émettre un titre exécutoire à l'encontre de cet entrepreneur en vue de recouvrer la créance correspondant au montant du préjudice ainsi subi.
En ce qui concerne les moyens :
8. En premier lieu, il résulte de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, au sens du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration -de même par voie de conséquence que l'ampliation adressée au redevable- et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur.
9. D'une part, les titres de recettes individuels nos 195 et 196 émis le 13 mars 2020 comportent la mention du prénom, du nom et de la qualité de son auteur, M. D B, directeur général des services. D'autre part, il résulte de l'instruction, et en particulier de l'analyse du bordereau n°30, du fichier " PES aller recettes " dénommé " PES-Recette-01-2020-30-31-10100313115641 " et du " bordereau de signature " du document " PES-Recette-01-2020-30-31-10100313115641 ", où figure M. D B, que le SICECO a justifié que le bordereau du titre de recettes, identifié sous le n°30, correspondant aux titres de recettes nos 195 et 196 comporte la signature électronique de son auteur. La société SADE CGTH n'est dès lors pas fondée à soutenir que les titres exécutoires attaqués ont été pris en méconnaissance des règles citées au point 8.
10. En second lieu, la société requérante soutient que les dommages accidentels qu'elle a causés aux ouvrages appartenant au SICECO ont pour origine exclusive la faute commise par ce Syndicat relative aux informations erronées qu'il lui a transmises.
11. Il résulte de l'instruction, et en particulier de l'analyse des différents documents " récépissé de DT / récépissé de DICT " produits par les parties ainsi que des plans les accompagnant et du document " recommandations techniques pour les travaux à proximité des réseaux d'éclairage public " -notamment des points 3.3, 3.4 et 3.5- communiqués par le Syndicat à la société SADE CGTH, que si les plans transmis par le SICECO à la société SADE CGTH ne mentionnent pas l'existence d'ouvrages au droit des repères J21, L50 et L51, où se sont produits les dommages, les informations figurant sur ces repères ne relevaient pas de la classe de précision de classe A, qui est la seule pour laquelle le syndicat a les informations les plus précises, et l'attention de l'entrepreneur avait bien été attirée sur les différentes classes de précision des informations transmises et sur la nécessité, pour l'entrepreneur, de procéder à des investigations complémentaires lorsque les informations ne relevaient pas de la classe A. La société requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que le SICECO a commis une faute susceptible de l'exonérer, même partiellement, des dommages qu'elle a causés au Syndicat.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la société SADE CGTH n'est pas fondée à demander l'annulation des titres de recettes attaqués. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du SICECO, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande la société SADE CGTH au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SADE CGTH est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SADE CGTH et au syndicat intercommunal d'électricité de la Côte-d'Or.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la direction départementale des finances publiques de Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- M. Blacher, premier conseiller,
- Mme Hunault, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2022.
L'assesseur le plus ancien,
S. BlacherLe président,
L. A
La greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026