mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CHATON GRILLON BROCARD GIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 janvier 2021 et le 8 février 2022, M. A D demande au tribunal d'annuler la délibération n° 2020-124 du 26 novembre 2020 par laquelle le conseil municipal de la ville d'Auxonne a approuvé son règlement intérieur ainsi que les articles 21, 25 et 33 du règlement intérieur.
Il soutient que :
- l'article 21 du règlement intérieur méconnaît le droit d'expression des élus municipaux en limitant à cinq minutes le temps de parole ; l'article 21 ne prévoit pas la possibilité de prolonger ce temps de parole en fonction de l'importance de la question débattue ; l'article L. 2312-1 du code général des collectivités territoriales prévoit que le débat d'orientation budgétaire a lieu lors d'une séance ordinaire, dans les conditions fixées par le règlement intérieur de sorte que la limitation du temps de parole s'applique également lors du débat d'orientation budgétaire ; le maire a demandé sans aucun motif à deux reprises à un conseiller municipal de conclure lors d'un débat du conseil le 28 janvier 2021 alors qu'il portait sur un projet structurant et important ; on ne saurait comparer le conseil municipal avec le Sénat ;
- l'article 25 du règlement intérieur méconnaît le droit d'amendement dès lors qu'il impose de soumettre au maire les amendements préalablement à la séance et qu'il permet au conseil municipal de renvoyer le projet d'amendement en commission tout en adoptant la délibération, ce qui prive de tout effet utile le droit d'amendement ;
- l'article 33 du règlement intérieur méconnaît l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il ne réserve pas d'espace pour l'expression des conseillers municipaux sur le site Internet et la page Facebook de la commune ; si la commune indique que les conseillers municipaux pourraient communiquer sur tous les supports de la ville, une demande faite par l'opposition le 24 janvier 2022 a reçu un refus au motif que l'espace d'expression des conseillers n'étaient prévu par le règlement intérieur que dans le magazine municipal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2022, la commune d'Auxonne, représentée par la SCP Chaton, Grillon, Brocard, Gire, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 10 janvier 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 11 février 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2022 par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C B,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public,
- et les observations de Me Gire, représentant la commune d'Auxonne.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 26 novembre 2020, le conseil municipal de la commune d'Auxonne a adopté son règlement intérieur en application de l'article L. 2121-8 du code général des collectivités territoriales. Par sa requête, M. Vauchey, conseiller municipal n'appartenant pas à la majorité au sein de ce conseil, demande au tribunal, en son nom et au nom des autres membres du conseil municipal ayant appartenu à la liste " Auxonne Ville d'Avenir " d'annuler la délibération du 26 novembre 2020 et le règlement intérieur.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'article 21 du règlement intérieur :
2. L'article 21 du règlement intérieur " débats ordinaires " dispose que : " La parole est accordée par le Maire ou celui qui le remplace aux membres du conseil municipal qui la demandent. () / () Au-delà de 5 minutes d'intervention, le Maire ou celui qui le remplace peut interrompre l'orateur et l'inviter à conclure très brièvement ".
3. Les conseillers municipaux tiennent des prérogatives inhérentes à leur qualité d'élus de l'assemblée municipale, appelés à connaître des affaires de la commune, le droit de s'exprimer sur tout ce qui touche à ces affaires dans des conditions leur permettant de remplir pleinement leur mandat. Ce droit comporte, sous réserve de la police de l'assemblée exercée par le maire, celui pour chaque conseiller de pouvoir s'exprimer sur les affaires inscrites avec débat à l'ordre du jour du conseil municipal.
4. M. D soutient qu'en limitant à cinq minutes le temps de parole des conseillers municipaux sur chaque affaire soumise à délibération du conseil municipal, les dispositions de l'article 21 du règlement intérieur ont porté au droit d'expression des conseillers inscrits une atteinte de nature à entacher d'illégalité la délibération litigieuse sur ce point. Toutefois, les modalités de prise de parole ainsi déterminées, qui fixent une limite de cinq minutes au-delà de laquelle le maire, sans y être tenu, peut inviter un conseil municipal à abréger ses propos, ont pour objet d'éviter les prises de parole exagérément longues en réservant une appréciation au cas par cas et ne sauraient être utilisées dans le but de priver un conseiller municipal du temps de parole dont, eu égard à la nature et à la complexité de la question inscrite à l'ordre du jour, il doit pouvoir bénéficier afin d'exposer son point de vue avec la clarté et la concision requises. Elles n'enferment pas le temps de parole des conseillers municipaux dans des limites prédéterminées. En outre, l'encadrement des modalités de prise de parole prévu par l'article 21 ne s'applique pas aux débats en matière budgétaire, lesquels font notamment l'objet d'un article 22 distinct qui ne prévoit pas de telles restrictions à la prise de parole. Dès lors et sous ces réserves, les dispositions précitées, qui se rattachent au pouvoir de police de l'assemblée dont est investi le maire, ne méconnaissent pas le droit d'expression des conseillers municipaux.
En ce qui concerne l'article 25 du règlement intérieur :
5. L'article 25 du règlement intérieur dispose que : " Les amendements peuvent être proposés sur toutes affaires en discussion soumises au conseil municipal. Ils doivent être présentés par écrit au maire. / Le conseil municipal décide si ces amendements sont mis en délibération, rejetés ou renvoyés à la commission compétente ".
6. Ces dispositions imposent seulement aux conseillers municipaux de déposer leurs amendements par écrit auprès du maire, le cas échant le jour même de la séance, sans conférer au maire aucun pouvoir de détermination du sort des amendements. Il revient en effet à l'assemblée délibérante elle-même de décider si les amendements sont mis en délibération, rejetés ou renvoyés en commission, ce qui permet à l'auteur de l'amendement de l'exposer à l'ensemble de l'assemblée délibérante. En outre, cette disposition doit nécessairement être interprétée comme imposant que soient également différées la discussion et l'adoption de la délibération à laquelle se rapporte l'amendement dans le cas où le conseil municipal décide de renvoyer l'amendement en commission. Par suite, les dispositions de l'article 25 ne portent pas une atteinte excessive à l'exercice du droit d'amendement reconnu par le règlement intérieur.
En ce qui concerne l'article 33 du règlement intérieur :
7. Aux termes de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités
territoriales : " Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'un espace doit être réservé à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale dans toute publication comportant des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal, y compris sur le site internet de la commune.
9. L'article 33 du règlement intérieur ne dédie un espace au droit d'expression des élus que dans le bulletin communal. M. D soutient que les élus n'appartenant pas à la majorité devraient disposer d'un espace d'expression sur le site Internet et sur la page Facebook de la commune.
10. Il ne ressort pas des quelques publications produites par le requérant que le site Internet de la commune, qui a diffusé des informations pratiques concernant la possibilité de souscrire une mutuelle communale, de bénéficier d'un service d'achat auprès de producteurs, commerçants et artisans locaux ou encore de bénéficier d'aides financières pour réaliser des travaux de rénovation des bâtiments, puisse être regardé comme un bulletin d'information générale sur les réalisations et la gestion du conseil municipal au sens des dispositions précitées de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.
11. En revanche, il ressort des publications produites par le requérant, et n'est pas sérieusement contesté par la commune, que la page Facebook de la commune informe notamment de l'existence d'un projet de city stade, rend compte de l'organisation d'une réunion organisée par la municipalité avec les commerçants concernant un projet de revitalisation du centre-ville, publie des photos de travaux de rénovation de canalisations d'eau potable ou encore donne accès à des vidéos dans lesquelles le maire ou ses adjoints présentent les projets de la municipalité pour l'année à venir. Dans ces conditions, la page Facebook de la commune doit être regardée comme un bulletin d'information générale sur les réalisations et la gestion du conseil municipal au sens des dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales. M. D est par suite fondé à soutenir que l'article 33 du règlement intérieur méconnaît les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales en ce qu'il ne prévoit pas d'espace d'expression réservé aux conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale sur la page Facebook de la commune. Cette lacune est divisible du reste des dispositions de l'article et du règlement intérieur.
12. Il résulte de ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de l'article 33 du règlement intérieur de la commune en tant qu'il ne réserve pas un espace à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale sur la page Facebook de la commune.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. D, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par la commune d'Auxonne et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'article 33 du règlement intérieur du conseil municipal d'Auxonne adopté par délibération du 26 novembre 2020 est annulé en tant qu'il ne prévoit pas un espace réservé à l'expression des conseillers municipaux n'appartenant pas à la majorité municipale sur la page Facebook de la commune.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Auxonne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la commune d'Auxonne.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Nicolet, président,
M. Irénée Hugez, premier conseiller,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
P. B
Le président,
P. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026