jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL GENTILHOMME AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 4 mars 2021, 26 juillet 2022, 20 septembre 2022, M. A C et Mme B E, représentés par Me Barberousse, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel le maire de Romenay ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Orange pour l'implantation d'un relais de radiotéléphonie mobile sur un terrain situé au hameau de la Rippe des Monts, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Romenay le versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- le dossier de déclaration préalable de travaux est incomplet au regard des prescriptions des articles R. 431-36 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- cette construction méconnaît l'article UX 7 relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du règlement du plan local d'urbanisme communal ;
- elle méconnaît les articles UX 2 et UX 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le choix du lieu d'implantation de cette antenne est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, laquelle a été aggravée par l'absence de transmission du dossier d'information prévu à l'article L. 34-9-1 du code des postes et des télécommunications électroniques au maire un mois avant le dépôt de la déclaration préalable ainsi que par le défaut de mise à disposition des habitants de ce dossier.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 juin et 29 août 2022, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire de M. C et Mme E la somme de 5 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 3 octobre 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 octobre 2022.
Un mémoire a été enregistré le 25 septembre 2022 pour la société Orange et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des postes et des télécommunications ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viotti, conseillère,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- les observations de Me Barberousse, représentant M. C et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. La société Orange a déposé, le 18 septembre 2020, une déclaration préalable de travaux pour l'implantation d'un relais de radiotéléphonie mobile sur un terrain situé dans le hameau de La Rippe des Monts à Romenay. Par un arrêté du 16 novembre 2020, le maire de Romenay ne s'est pas opposé à cette déclaration. Le 1er décembre 2020, M. C et Mme E ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le maire de Romenay sur ce recours, le 4 février 2021. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision implicite ayant rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " () Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public () le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10 (). Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis voire inexacts, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En l'espèce, le dossier de demande préalable comportait les documents graphiques et photographiques prévus aux c) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme. Si les requérants soutiennent que ces documents représentent uniquement le terrain d'assiette du projet sans faire apparaître les habitations situées de l'autre côté de la route départementale, le plan cadastral et la photographie aérienne joints au dossier font suffisamment apparaître la configuration des lieux. Ainsi, compte tenu de la nature du projet, qui consiste à installer un relais de radio téléphonie comprenant un pylône treillis en acier galvanisé d'une hauteur de 36 mètres, des armoires techniques et une clôture, ces documents étaient suffisants pour permettre au service instructeur d'apprécier ses proportions et son insertion par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article UX 7 " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives " du règlement du plan local d'urbanisme communal : " Pour les constructions à usage d'industrie, d'artisanat, de commerce ou d'entrepôt : / - si la parcelle voisine est en zone UX ou en zone AUX, les constructions peuvent être implantées soit en limite séparative, si les mesures indispensables pour éviter la propagation des incendies sont prises (murs coupe-feu), soit à plus de 5 m de cette limite, / - si la parcelle voisine n'est pas en zone UX ou en zone AUX, les constructions doivent être implantées à plus de 5 m de la limite séparative. / Pour les autres constructions : / Si la construction n'est pas implantée en limite, elle devra respecter un recul au moins égal à la moitié de sa hauteur sans être inférieur à 5 mètres. / Exceptions faites : / - si le projet s'inscrit dans une continuité d'un alignement existant différent, / - dans le cas de reconstruction après sinistre. / Les ouvrages techniques et équipements d'infrastructures ne sont pas soumis à cette règle ".
6. Il ressort du plan de zonage du plan local d'urbanisme de la commune de Romenay que l'antenne relais projetée par la société Orange s'implante en zone UXc. Or, les pylônes destinés à supporter des antennes de radiotéléphonie sont au nombre des " ouvrages techniques " et des " équipements d'infrastructure " pour lesquels les règles de prospect prévues à l'article UX 7 précité du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Romenay ne s'appliquent pas. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance de cet article.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article UX 2 " Occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières " du règlement du plan local d'urbanisme : " Sont admis sous réserve d'une bonne insertion dans le site : / - Les constructions et installations à usage d'activités industrielles (hormis en secteur UXc), artisanale, commerciale, d'entrepôts, de bureaux, / - Les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif, / - Les habitations indispensables au fonctionnement et à la sécurité des activités, à condition qu'elles soient intégrées au volume du bâtiment d'activités, et dans la limite de 150 m² de surface de plancher / - Les exhaussements et affouillement de sol, / - Dans le secteur UXc, les changements de destination, les habitations, les destructions ainsi que les reconstructions sont autorisés ". Selon l'article UX 11 " Aspect extérieur " de ce règlement : " 1- Généralités / L'implantation, l'architecture, les dimensions et l'aspect extérieur des constructions ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. / Sont interdits les pastiches d'une architecture étrangère à la région. / () Les bâtiments respecteront une trame orthogonale. () Des dispositions différentes des règles des paragraphes suivants pourront être autorisées pour des réhabilitations, aménagements, extensions de bâtiments existants, eux-mêmes non conformes à ces règles. / Les dispositions ci-dessous ne concernent pas les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif. / () 7- Installations techniques / Les capteurs solaires installés au sol seront positionnés de telle manière qu'ils soient le plus possible dissimulés de la vue depuis l'espace public / Lorsqu'une antenne collective existe, les antennes individuelles sont interdites. / Les coffrets de réseaux de toute sorte, ainsi que les boites aux lettres et les commandes d'accès, seront intégrés dans le mur de clôture ou la façade du bâtiment, sans déborder sur le domaine public () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le projet de la société Orange se compose d'un pylône treillis en acier galvanisé d'une hauteur de 36 mètres et d'une dalle sur laquelle seront installées des armoires techniques en tôle d'acier laqué ton gris, l'ensemble étant entouré d'une clôture verte de deux mètres de hauteur. Cette installation, située dans un secteur rural, à proximité de hangars agricoles et commerciaux, sera implantée en fond de parcelle, de telle manière que les armoires techniques et les clôtures ne seront pas visibles depuis l'espace public. Par ailleurs, le bâti environnant est composé de constructions aux qualités architecturales disparates, de sorte qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le hameau, pris dans sa globalité, présenterait un intérêt paysager ou architectural particulier. La seule circonstance que les constructions à proximité, notamment l'habitation des requérants, disposent d'une vue sur le pylône ne suffit pas, en soi, à caractériser une atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants, cela quand bien même le hameau de la Rippe des Monts ferait partie d'un itinéraire de randonnée. Enfin, l'utilisation d'un pylône en treillis métallique vise à favoriser son insertion dans l'environnement et permet, dans une certaine mesure et malgré sa hauteur, d'en limiter l'impact visuel. Par suite, M. C et Mme E ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnait les dispositions des articles UX 2 et UX 11 précité du règlement du plan local d'urbanisme.
9. En quatrième lieu, aux termes du II de l'article L. 34-9-1 du code des postes et des communications électroniques : " () B. - Toute personne souhaitant exploiter, sur le territoire d'une commune, une ou plusieurs installations radioélectriques soumises à accord ou à avis de l'Agence nationale des fréquences en informe par écrit le maire ou le président de l'intercommunalité dès la phase de recherche et lui transmet un dossier d'information un mois avant le dépôt de la demande d'autorisation d'urbanisme ou de la déclaration préalable, sauf accord du maire ou du président de l'intercommunalité sur un délai plus court. () C. - Le dossier d'information mentionné au premier alinéa du B du présent II comprend, à la demande du maire, une simulation de l'exposition aux champs électromagnétiques générée par l'installation. / D. - Le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale mettent à disposition des habitants les informations prévues aux B et C du présent II par tout moyen qu'ils jugent approprié et peuvent leur donner la possibilité de formuler des observations, dans les conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
10. Il ressort des dispositions des articles R. 425-16 à R. 425-22-1 du code de l'urbanisme qu'une décision prise sur une déclaration préalable n'est pas subordonnée au dépôt du dossier d'information prévu par l'article L. 34-9-1 du code des postes et des communications électroniques cité au point précédent. Il n'appartient donc pas à l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme de veiller au respect de la réglementation des postes et communications électroniques, qui est sans application dans le cadre de l'instruction des déclarations ou demandes d'autorisation d'urbanisme ni d'exiger la production d'un tel document à l'appui d'une déclaration préalable.
11. En dernier lieu, les autorisations d'utilisation du sol ayant pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec les règles d'urbanisme en vigueur, il n'appartient ni à l'administration ni au juge administratif d'apprécier l'opportunité de l'emplacement retenu par la société Orange pour l'implantation de son projet. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que les deux sites alternatifs étudiés initialement par la société Orange et la commune de Romenay étaient plus appropriés pour y implanter l'antenne en litige.
12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. C et Mme E ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2020 et de la décision ayant implicitement rejeté leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la société Orange, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit aux requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la société Orange.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C et de Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Orange sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B D, à la société Orange ainsi qu'à la commune de Romenay.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
O. ViottiLe président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2100617
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026