jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100651 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS VIGNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mars 2021, Mme A B, représentée par la SCP d'avocats Vignet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Mont-Saint-Sulpice a rejeté sa demande tendant au versement d'une indemnité compensatrice de congés payés non pris au titre de l'année 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Mont-Saint-Sulpice de lui verser la somme de 1 878,43 euros, correspondant aux 89,9 heures de congés annuels non pris en 2020, dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mont-Saint-Sulpice la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que c'est à tort que l'administration lui a refusé le versement d'une indemnité compensatrice de congés annuels dès lors que, ayant été placée en congé de maladie, elle n'a pu bénéficier de ses congés annuels avant sa mutation au sein d'une autre collectivité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2021, la commune de Mont-Saint-Sulpice, représentée par le cabinet d'avocat Acta Publica, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Bataillard, rapporteur public
- et les observations de Me Deiller représentant Mme B et de Me Jourdain représentant la commune de Mont-Saint-Sulpice.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, rédacteur principal de 1ère classe, occupait, au sein de la commune de Mont-Saint-Sulpice, les fonctions de secrétaire de mairie. Par un courrier du 14 août 2020, l'agent a informé le maire de sa mutation au sein d'une autre collectivité. L'intéressée a été radiée des effectifs de la commune, par arrêté du 9 novembre 2020, à compter du 15 novembre 2020. Par courrier du 9 décembre 2020, Mme B a saisi le maire d'une demande tendant à l'indemnisation de ses congés annuels non pris en 2020. Cette demande a été rejetée implicitement.
Sur la légalité de la décision attaquée :
2. Aux termes de l'article 5 du décret du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux : " Sous réserve des dispositions de l'article précédent, le congé dû pour une année de service accompli ne peut se reporter sur l'année suivante, sauf autorisation exceptionnelle donnée par l'autorité territoriale. / Un congé non pris ne donne lieu à aucune indemnité compensatrice. ".
3. Aux termes de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail : " 1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines, conformément aux conditions d'obtention et d'octroi prévues par les législations et/ou pratiques nationales / 2. La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail. " En application du B de l'annexe I de cette directive, le délai de transposition de cet article était fixé au 23 mars 2005. Ces dispositions, telles qu'interprétées par la Cour de justice des Communautés européennes dans son arrêt C-350/06 et C-520/06 du 20 janvier 2009, font obstacle, d'une part, à ce que le droit au congé annuel payé qu'un travailleur n'a pas pu exercer pendant une certaine période, parce qu'il était placé en congé de maladie pendant tout ou partie de la période en cause, s'éteigne à l'expiration de celle-ci et, d'autre part, à ce que, lorsqu'il est mis fin à la relation de travail, tout droit à indemnité financière soit dénié au travailleur qui n'a pu, pour cette raison, exercer son droit au congé annuel payé. Ce droit au report ou, lorsqu'il est mis fin à la relation de travail, à indemnisation financière, s'exerce toutefois, en l'absence de dispositions sur ce point dans le droit national, dans la limite de quatre semaines par année de référence prévue par les dispositions citées ci-dessus de l'article 7 de la directive. Par suite, les dispositions de l'article 5 du décret du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux, qui ne prévoient le report des congés non pris au cours d'une année de service qu'à titre exceptionnel, sans réserver le cas des agents qui ont été dans l'impossibilité de prendre leurs congés annuels en raison d'un congé de maladie, et s'opposent à l'indemnisation de ces congés lorsqu'il est mis fin à la relation de travail, sont incompatibles dans cette mesure avec les dispositions de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier daté du 14 août 2020 et déposé à la mairie de Mont-Saint-Sulpice le même jour, Mme B a informé le maire de l'acceptation de sa demande de mutation par une autre collectivité. L'agent a ensuite été placé en congé de maladie du 7 septembre 2020 au 3 octobre 2020. Par courrier du 28 septembre 2020, Mme B a demandé à bénéficier de ses congés annuels non pris, soit 89,9 heures, au cours de la période du 5 octobre au 22 octobre 2022. Par courrier du 2 octobre 2020, le maire a refusé de faire droit à la demande de l'agent et lui a indiqué qu'elle pouvait bénéficier de ses congés annuels du 31 octobre au 17 novembre 2020. Le 5 octobre 2020, Mme B a repris son service mais a finalement été placée, le même jour, en congé de maladie jusqu'au 15 novembre 2020, date à laquelle, du fait de sa radiation des effectifs de la commune de Mont-Saint-Sulpice, il a été mis fin à la relation de travail. Compte tenu de la brièveté du délai qui s'est écoulé entre la date à laquelle la requérante a informé le maire de l'acceptation de sa mutation par la commune de Maligny et la date à laquelle elle a été placée en congé de maladie, et de la prolongation de ce congé de maladie jusqu'à l'issue de la période de préavis de trois mois, la requérante est fondée à soutenir qu'elle n'a pu bénéficier de ses droits à congés annuels en raison de son placement en congé de maladie. Contrairement à ce que soutient la commune en défense, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le maire de la commune de Mont-Saint-Sulpice avait entendu fixer la date de fin de la période de préavis de trois mois au 3 décembre 2020 et que Mme B avait demandé à ce que ce préavis soit écourté. Il ressort au contraire des pièces du dossier que, par le courrier du 2 octobre 2020, le maire avait entendu fixer la date de début du préavis de trois mois à compter de la réception du courrier du 14 mars 2020. La commune ne saurait dès lors soutenir que l'impossibilité dans laquelle s'est trouvé l'agent de bénéficier de ses congés annuels résulterait d'une demande de sa part d'écourter la période de préavis de trois mois. La requérante est ainsi fondée à soutenir que c'est à tort que le maire de la commune de Mont-Saint-Sulpice a rejeté sa demande tendant au versement d'une indemnité compensatrice de congés annuels non pris.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le maire de Mont-Saint-Sulpice a implicitement rejeté sa demande du 9 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique que le maire de la commune de Mont-Saint-Sulpice verse à Mme B une indemnité compensatrice correspondant à 89,9 heures de congés annuels. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mont-Saint-Sulpice la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le maire de la commune de Mont-Saint-Sulpice a rejeté la demande de Mme B tendant au versement d'une indemnité compensatrice de congés annuels non pris est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Mont-Saint-Sulpice de verser à Mme B une somme correspondant à 89,9 heures de congés annuels dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Mont-Saint-Sulpice versera à Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Mont-Saint-Sulpice
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
N. C
Le président,
Ph. NICOLETLe greffier,
L. CUROT
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026