jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100824 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GOURINAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 mars et 10 novembre 2021, Mme E C A, représentée par Me Phan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 12 octobre 2020 par laquelle la directrice du centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon a refusé de lui transmettre ses documents de fin de contrat ;
2°) d'enjoindre au CHU de Dijon de lui remettre un certificat conforme aux dispositions de l'article 40-1 du décret n° 91-155 du 6 février 1991, ainsi qu'un document faisant l'inventaire de l'ensemble des sommes versées à l'occasion du non-renouvellement de son contrat, dans un délai de quinze jours à compter du jugement et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHU de Dijon une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient dans le dernier état de ses écritures que :
- le CHU de Dijon ne lui a pas remis le certificat prévu par les dispositions de l'article 40-1 du décret du 6 février 1991 ;
- bien que les dispositions du code du travail, relatives au solde de tout compte, ne soient pas directement applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, il n'en demeure pas moins que l'administration est tenue à tout moment de justifier des rémunérations dues à ses agents, sans quoi elle contreviendrait au stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à celles de l'article 1 de son protocole n°1 ;
- le certificat de travail produit en défense et daté du 17 août 2020 n'est pas signé et ne comporte pas le cachet de l'établissement en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle conteste avoir reçu un tel certificat ;
- il arrive au juge administratif d'enjoindre à l'administration de délivrer " un solde de tout compte ".
Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2021, le CHU de Dijon, représenté par Me Gourinat, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) et à ce que la somme de 1 213 euros soit mise à la charge de Mme C A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par cette dernière, qui s'est vue délivrer un certificat de travail ainsi que l'ensemble des documents nécessaires à son indemnisation chômage dont elle a dûment bénéficié jusqu'à épuisement de ses droits, ne sont pas fondés
Par ordonnance du 1er juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 juillet 2022.
Par un courrier du 26 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête au motif que la décision implicite de rejet attaquée, née du silence gardé par l'administration sur la demande de Mme C A, reçue le 12 août 2020, est définitive depuis le lundi 14 décembre 2020 à minuit.
Un mémoire a été présenté le 29 septembre 2022 pour Mme C A, en réponse à ce moyen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Puglierini, rapporteur public,
- et les observations de Me Gourinat, représentant le centre hospitalier universitaire de Dijon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A a été employée par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon en qualité d'aide-soignante à compter du 24 octobre 2016 sous contrat à durée déterminée régulièrement renouvelé et dont le dernier a pris fin le 31 janvier 2018. N'ayant été destinataire que de l'attestation destinée à Pôle emploi, elle a par un courrier daté du 7 août 2020, sollicité de son ancien employeur un certificat de travail et un reçu pour solde de tout compte. Par sa requête, Mme C A demande au tribunal d'annuler le refus implicite opposé à sa demande.
Sur la recevabilité de la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires () ". Aux termes de l'article R. 1234-9 de ce code : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 () ". Et aux termes de l'article L. 1234-20 du même code : " Le solde de tout compte, établi par l'employeur et dont le salarié lui donne reçu, fait l'inventaire des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat de travail () ".
3. Par ailleurs, l'article 40-1 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière dispose que : " A l'expiration du contrat, l'autorité signataire du contrat délivre à l'agent un certificat qui contient exclusivement les mentions suivantes : / 1° La date de recrutement de l'agent et celle de sa sortie ; / 2° Les fonctions occupées par l'agent, la catégorie hiérarchique dont elles relèvent et la durée pendant laquelle elles ont été exercées ; / 3° Le cas échéant, les périodes de congés non assimilées à des périodes de travail effectif ".
4. D'autre part, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". L'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
5. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ".
6. En premier lieu, il résulte des dispositions mentionnées aux points 2 à 4 que la communication du certificat de travail et d'un solde de tout compte ne relève pas du régime de communication instauré par le code des relations entre le public et l'administration mais met seulement en cause les relations de Mme C A avec l'établissement public de soins qui l'employait, auquel elle reproche de ne pas s'être acquitté des obligations pesant sur l'employeur en application de l'article R. 1234-9 du code du travail. Ainsi, le silence gardé par l'administration sur une demande de communication de ces documents fait naître une décision implicite de refus à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la réception de la demande, soit le 12 octobre 2020.
7. En second lieu, il résulte des dispositions mentionnées aux points 3 et 4 que le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, dès lors que les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
8. En l'espèce, Mme C A a sollicité du CHU de Dijon la communication de ses certificat de travail et reçu pour solde de tout compte au titre de la période comprise entre le 24 octobre 2016 et le 31 janvier 2018 par une demande du 7 août 2020, notifiée le 12 suivant. Une telle demande a fait naître une décision implicite de refus du 12 octobre 2020, qui n'a été contestée que par un recours enregistré le 25 mars 2021 au greffe du tribunal. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite du 12 octobre 2020 est tardive. Dès lors, ces conclusions, ainsi que celles accessoires aux fins d'injonction sous astreinte et de paiement d'une somme au titre de frais d'instance, ne peuvent être que rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions du CHU de Dijon tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C A la somme demandée par le CHU de Dijon sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Dijon présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au centre hospitalier universitaire de Dijon.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Nicolas Delespierre, président,
- M. Sébastien Blacher, premier conseiller,
- Mme Karima Hunault, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
La rapporteure,
K. B
La greffière,
Le président,
N. Delespierre
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026