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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2101397

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2101397

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2101397
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 3 JU
Avocat requérantSCP PORTALIS ET ASSOCIÉS (CAPA)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 mai 2021 et 1er juin 2021, Mme C E, représentée par la SELARL CAPA, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Côte-d'Or a refusé de lui accorder le bénéfice de la prime de déménagement ;

2°) d'enjoindre à la CAF de la Côte-d'Or de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de la " CAF de la Côte-d'Or " une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que :

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation au regard du 8° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- en s'abstenant de procéder à un " examen sérieux " de sa situation, la CAF de la Côte-d'Or a commis une erreur de droit ;

- la CAF de la Côte-d'Or a commis une " erreur manifeste d'appréciation en raison de la rupture d'égalité ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, la CAF de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

La CAF soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. A a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-4, L. 823-8, L. 825-2, L. 825-3 et R. 825-1 à R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les primes de déménagement attribuées aux personnes ou aux ménages qui emménagent dans un nouveau logement ouvrant droit à une aide personnelle au logement sont attribuées, liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1, sans remettre en cause, le cas échéant, des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à bénéficier d'une prime de déménagement, la personne qui entend contester cette décision doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par le directeur de cet organisme, après avis de cette commission, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il appartient au juge, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

3. A l'occasion de leur déménagement de leur logement situé dans le département de la Loire vers leur nouveau domicile situé à Izier, dans le département de la Côte-d'Or, Mme E et M. B, bénéficiaires de l'allocation de logement familiale, ont demandé à la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Côte-d'Or, le 11 novembre 2020, à bénéficier d'une prime de déménagement. Le 24 novembre 2020, la CAF de la Côte-d'Or a rejeté leur demande. Le 29 novembre 2020, les intéressés ont alors exercé devant la commission de recours aimable de la CAF un recours contre cette décision. Par une décision du 16 mars 2021, la directrice de la CAF de la Côte-d'Or, après avoir recueilli l'avis de la commission, a rejeté ce recours. Mme E doit être regardée comme demandant au juge d'annuler cette décision du 16 mars 2021 en exerçant son office rappelé au point 2.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, eu égard à l'office du juge rappelé au point 2, les deux moyens de légalité externe analysés, ci-dessus, dans les visas, sont inopérants et doivent être écartés pour ce motif.

5. En second lieu, aux termes de l'article D. 823-20 du code de la construction et de l'habitation, antérieurement codifiés, dans une rédaction substantiellement identique, aux articles D. 542-31 et D. 542-32 du code de la sécurité sociale : " La prime de déménagement est attribuée aux personnes ou aux ménages ayant à charge au moins trois enfants nés ou à naître et qui s'installent dans un nouveau logement ouvrant droit à l'une des aides personnelles au logement au cours d'une période comprise entre le premier jour du mois civil suivant le troisième mois de grossesse au titre d'un enfant de rang trois ou plus et le dernier jour du mois précédant celui au cours duquel cet enfant atteint son deuxième anniversaire. / Cette prime est due si le droit à l'aide est ouvert dans un délai de six mois à compter de la date d'emménagement ".

6. Il résulte de l'instruction que le troisième enfant de Mme E et de M. B, la jeune D, est né le 4 septembre 2018. En application des dispositions citées au point 5, le droit pour les intéressés de bénéficier de la prime de déménagement était ainsi ouvert du 1er mars 2018 -au plus tôt- jusqu'au 31 août 2020. Lorsque le couple s'est installé dans son nouveau logement, à Izier, le 18 octobre 2020, le droit au bénéfice de cette prime ne leur était donc plus ouvert. Dès lors, en refusant de leur attribuer la prime de déménagement sollicitée, la directrice de la CAF de la Côte-d'Or n'a pas commis d'erreur de droit ni commis d'erreur d'appréciation.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de la " CAF de la Côte-d'Or ", qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande Mme E au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et à la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

L. ALa greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

No 21013970

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