mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2101658 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 2 JU |
| Avocat requérant | SCP DU PARC CURTIL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juin 2021, Mme B A doit être regardée comme formant opposition à la contrainte délivrée le 7 juin 2021 par le directeur des opérations de Pôle emploi pour le recouvrement de la somme de 4 242,35 euros correspondant au montant d'un indu de prime forfaitaire et d'allocation de solidarité spécifique au titre de la période du 8 février 2013 au 31 mai 2013, puis du 1er août 2015 au 31 mai 2016.
Elle soutient que :
- elle a déclaré immédiatement les revenus perçus de son activité professionnelle ;
- elle n'a pas continué à percevoir l'allocation de solidarité spécifique ;
- en ce qui concerne la période du 8 février 2013 au 31 mai 2013, elle ne percevait l'allocation de solidarité spécifique qu'à hauteur de 480 euros par mois et aucune prestation de sécurité sociale car elle avait fait le choix de ne pas faire de déclaration de grossesse ;
- les sommes lui sont réclamées plus de cinq ans après les faits, pour certaines sommes, et plus de huit ans après les faits pour d'autres sommes alors qu'elle n'a commis aucune fraude ;
- sa situation actuelle ne lui permet pas de s'acquitter des sommes réclamées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2021, Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté, représenté par la SELARL du Parc, conclut au rejet de la requête, à ce que le tribunal condamne Mme A au versement de la somme de 4 242,35 euros au profit de Pôle emploi et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une lettre en date du 10 août 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de Pôle emploi tendant au paiement de l'indu en litige, dès lors que celui-ci dispose de la procédure de contrainte pour le recouvrement de ses prestations.
Par une lettre du 26 septembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des moyens soulevés par la requérante au soutien de ses conclusions présentées contre la contrainte délivrée le 7 juin 2021 et relatifs au bien-fondé de l'indu mis à sa charge dès lors que celle-ci n'a pas présenté de recours administratif préalable contre la décision lui notifiant cet indu.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme C, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 6 décembre 2022, le rapport de Mme C.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
L'instruction a été close après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 19 avril 2011. Elle a bénéficié de l'allocation de solidarité spécifique du 22 mars 2012 au 30 mai 2013, puis du mois d'août 2015 au mois de décembre 2015. Elle a également perçu une prime forfaitaire mensuelle de reprise d'activité au cours de la période du mois d'août 2015 au mois de mai 2016. Par un courrier du 5 octobre 2016, Pôle emploi a notifié à Mme A un trop perçu d'allocation de solidarité spécifique d'un montant de 1 796,70 euros afférent à la période du mois de février 2013 au mois de mai 2013. Par un courrier du même jour Pôle emploi lui a notifié un trop perçu d'un montant de 986,25 euros au titre de la période d'août 2015 à décembre 2015. Enfin par un courrier du 9 décembre 2016, Pôle emploi a notifié à Mme A un trop perçu de prime forfaitaire de reprise d'activité pour un montant de 1 500 euros et relatif à la période d'août 2015 à mai 2016. Mme A forme opposition à la contrainte qui a été délivrée le 7 juin 2021 par Pôle emploi pour obtenir le recouvrement de ces sommes.
Sur l'opposition à contrainte :
2. En premier lieu aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par Pôle emploi pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". En vertu de l'article R. 5426-19 du même code : " Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'indu par Pôle emploi. () ". En outre, aux termes de l'article R. 5426-22 de ce code : " Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision de Pôle emploi ordonnant le reversement d'un indu de prestations n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de Pôle emploi dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point précédent.
5. En l'espèce Mme A forme opposition à la contrainte délivrée par Pôle emploi le 7 juin 2021 pour le recouvrement de la somme de 4242,35 euros en contestant le bien fondé des trop perçu qui lui ont été notifiés par courriers des 5 octobre et 9 décembre 2016. Toutefois, Mme A ne justifie pas de l'exercice d'un recours administratif préalable à l'encontre des décisions lui notifiant ces indus d'allocation de solidarité spécifique et de prime forfaitaire alors que celles-ci mentionnaient les voies et délais de recours. Le moyen tiré de l'absence de bien-fondé de l'indu à l'origine de la contrainte litigieuse doit donc être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 5421-2 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige : " Le revenu de remplacement prend, selon le cas, la forme : / 1° D'une allocation d'assurance, prévue au chapitre I ; / 2° Des allocations de solidarité, prévues au chapitre II () ". Aux termes de l'article L. 5422-5 du même code : " L'action en remboursement de l'allocation d'assurance indûment versée se prescrit par trois ans. En cas de fraude ou de fausse déclaration, elle se prescrit par dix ans. Ces délais courent à compter du jour de versement de ces sommes ". Il résulte de ces dispositions que le délai spécial de prescription prévu par l'article L. 5422-5 du code du travail pour l'action en répétition de l'allocation d'assurance indûment versée n'est pas applicable aux actions en répétition concernant les autres revenus de remplacement, notamment l'allocation de solidarité spécifique. En l'absence d'autres prescriptions spéciales, la créance dont il s'agit est soumise à la prescription de droit commun édictée à l'article 2224 du code civil aux termes duquel : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits permettant de l'exercer ".
7. Il résulte de l'instruction que Pôle emploi a eu connaissance des faits ayant fondé la demande de remboursement de sommes versées à compter du 5 octobre 2016, date à laquelle le service fraude de la caisse d'allocations familiale a transmis l'acte de naissance de l'enfant de Mme A. La contrainte du 7 juin 2021 a ainsi été délivrée dans le délai de cinq ans prévu par les dispositions précitées de l'article 224 du code civil. Le moyen tiré de ce que la créance en litige serait prescrite doit, dès lors, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à former opposition à la contrainte émise à son encontre le 7 juin 2021.
Sur les conclusions reconventionnelles présentées par Pôle emploi :
9. En application du principe selon lequel une personne publique ou une personne privée chargée d'une mission de service public est irrecevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre elle-même, Pôle emploi n'est pas recevable, dès lors qu'il dispose, comme il en a usé en l'espèce, du pouvoir de délivrer une contrainte qui, sauf opposition fondée, comporte les effets d'un jugement en application de l'article L. 5426-8-2 du code du travail, à demander au tribunal de condamner le requérant au paiement des sommes qu'il a indûment perçues.
10. Il suit de là que les conclusions reconventionnelles présentées en défense par Pôle emploi et tendant à ce que le tribunal condamne Mme A à lui verser la somme de 4 242,35 euros, sont irrecevables et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par Pôle emploi au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles présentées par Pôle Emploi Bourgogne-Franche-Comté et les conclusions présentées par celui-ci au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
La rapporteure,
N. C
La greffière,
T. MATEOS-JOBARD
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026