jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET LITTNER BIBARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 août 2021 et 19 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Littner Bibard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juin 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de faire droit à sa demande de détachement auprès de l'autorité militaire pour servir dans la réserve opérationnelle du 28 juin au 17 novembre 2021.
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- le refus qui lui a été opposé est intervenu au-delà du délai de deux mois prévu par l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983, de sorte que l'administration est réputée avoir tacitement accepté sa demande ;
- les nécessités de service invoquées dans la décision attaquée ne sont pas de nature à justifier le rejet de sa demande.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 20 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viotti, conseillère,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, brigadier de police affecté au sein de la circonscription de sécurité publique de Montceau-les-Mines, a demandé, le 26 février 2021, à être détaché au sein du ministère des armées pour servir dans la réserve opérationnelle du 30 mai au 13 septembre 2021. Le 27 avril 2021, il a informé sa hiérarchie de la modification des dates de détachement souhaitées, à savoir du 28 juin au 17 novembre 2021. Par décision du 25 juin 2021, notifiée le 28 juin suivant, le ministre de l'intérieur a refusé d'y faire droit. M. B en demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 4211-1 du code de la défense : " I.-Les citoyens concourent à la défense de la nation. Ce devoir peut s'exercer par une participation à des activités militaires dans la réserve. / II.-La réserve militaire s'inscrit dans un parcours citoyen qui débute avec l'enseignement de défense et qui se poursuit avec la participation au recensement, l'appel de préparation à la défense, la période militaire d'initiation ou de perfectionnement à la défense nationale et le volontariat. Ce parcours continu permet à tout Français et à toute Française d'exercer son droit à contribuer à la défense de la nation. / III.-La réserve militaire a pour objet de renforcer les capacités des forces armées et formations rattachées dont elle est une des composantes pour la protection du territoire national, comme dans le cadre des opérations extérieures, d'entretenir l'esprit de défense et de contribuer au maintien du lien entre la Nation et son armée. Elle est constituée : / 1° D'une réserve opérationnelle comprenant : / a) Les volontaires qui ont souscrit un engagement à servir dans la réserve opérationnelle auprès de l'autorité militaire ; / b) Les anciens militaires soumis à l'obligation de disponibilité ; / c) Les militaires mentionnés au dernier alinéa de l'article L. 4138-16, dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ; () ". Aux termes de l'article L. 4221-4 de ce code : " Le réserviste qui accomplit son engagement à servir dans la réserve opérationnelle pendant son temps de travail doit prévenir l'employeur de son absence un mois au moins avant le début de celle-ci. / Lorsque les activités accomplies pendant le temps de travail dépassent cinq jours par année civile, le réserviste doit en outre obtenir l'accord de son employeur, sous réserve des dispositions de l'article L. 4221-5. Si l'employeur oppose un refus, cette décision doit être motivée et notifiée à l'intéressé ainsi qu'à l'autorité militaire dans les quinze jours qui suivent la réception de la demande. () ".
3. Aux termes de l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Hormis les cas où le détachement et la mise en disponibilité sont de droit, une administration ne peut s'opposer à la demande de l'un de ses fonctionnaires tendant, avec l'accord du service, de l'administration ou de l'organisme public ou privé d'accueil, à être placé dans l'une de ces positions statutaires ou à être intégré directement dans une autre administration qu'en raison des nécessités du service ou, le cas échéant, d'un avis rendu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle peut exiger de lui qu'il respecte un délai maximal de préavis de trois mois. Son silence gardé pendant deux mois à compter de la réception de la demande du fonctionnaire vaut acceptation de cette demande () ".
4. Aux termes de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables, une décision individuelle expresse est opposable à la personne qui en fait l'objet au moment où elle est notifiée ".
5. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit, M. B a transmis, le 26 février 2021 par la voie hiérarchique, une demande de détachement afin de servir dans la réserve opérationnelle du 30 mai 2021 au 13 septembre 2021. Le 27 avril 2021, il a, par la voie hiérarchique, informé son administration de la modification de la période de détachement souhaitée, à savoir du 28 juin au 17 novembre 2021. Ce faisant, M. B doit être regardé comme ayant entendu retirer sa première demande de détachement. Le silence gardé par l'administration pendant deux mois à compter de la réception de cette nouvelle demande, soit le 27 avril 2021, a fait naître une décision tacite d'acceptation le 27 juin suivant. Si le ministre de l'intérieur fait valoir qu'il a refusé le détachement sollicité par une décision expresse datée du 25 juin 2021, cette dernière a été notifiée le 28 juin 2021, postérieurement à l'expiration du délai d'acquisition de la décision tacite d'acceptation. Cette décision expresse doit dès lors s'analyser comme portant retrait de la décision tacite d'acceptation née le 27 juin 2021. Toutefois, cette seule circonstance n'entache pas la décision attaquée d'illégalité, de sorte que M. B n'est pas fondé à en demander l'annulation pour ce seul motif.
6. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne l'article L. 4251-6 du code de la défense et reproduit les dispositions de l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983. Après avoir rappelé l'objet de la demande de M. B, le ministre de l'intérieur relève que le détachement qu'il sollicite créerait une grave rupture dans la continuité du fonctionnement de son service, essentiellement pendant la période estivale. Cette décision, qui mettait M. B en mesure de connaître et, le cas échéant, de contester utilement les motifs du refus de sa demande, est suffisamment motivée.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la directrice départementale de la sécurité publique de Saône-et-Loire a émis un avis " très défavorable " sur la demande de détachement de M. B en raison de l'effectif du service et de la période demandée. Le 10 juin 2021, le chef de la circonscription de sécurité publique de Montceau-les-Mines par intérim a également émis un avis " très défavorable ", aux motifs que l'absence prolongée de l'intéressé, affecté en brigade de roulement de nuit et dont l'éventuel remplacement n'était pas envisageable compte tenu des effectifs, est de nature à nuire au bon fonctionnement du service en réduisant le nombre de patrouilles de nuit, cela dans un contexte rendu difficile pour les forces de l'ordre en raison du " déconfinement ", du championnat d'Europe de football et de la recrudescence de " rodéos " nocturnes. Cet avis a été confirmé en des termes similaires par le directeur départemental de la sécurité publique par intérim. En se bornant à faire valoir que l'existence d'équipes de nuit restreintes n'est pas inhabituelle et que l'expérience des agents présents peut suffire à suppléer l'absence de l'un d'entre eux, comme cela peut être le cas du fait de congés annuels, M. B n'apporte aucun élément sérieux propre à caractériser une erreur manifeste d'appréciation quant aux nécessités de service ayant justifié le refus de sa demande de détachement.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 25 juin 2021.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit à M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
La rapporteure,
O. ViottiLe président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2102195
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026