jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102462 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GOURINAT |
Vu la procédure suivante :
A une requête, enregistrée le 23 septembre 2021, la commune de Brassy, désormais représentée A Me Gourinat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2021 du préfet de la Nièvre portant versement à la commune de Brassy de l'attribution du fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée, en tant qu'il refuse de lui attribuer la somme de 22 546,25 euros au titre des dépenses d'investissement réalisées sur la maison des assistantes maternelles, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Nièvre de lui attribuer le bénéfice du fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée pour les dépenses d'investissement de la maison des assistantes maternelles au titre de l'année 2019 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 213 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle doit bénéficier du fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée, à raison des dépenses réelles d'investissement exposées pour l'aménagement d'une maison d'assistantes maternelles, au titre du b) de l'article L. 1615-7 du code général des collectivités territoriales, dès lors que les activités de garde des jeunes enfants exercées A des personnes privées, revêtent un caractère d'intérêt général, que l'association à but non lucratif " M'amuse et M'éveille " n'est pas de nature industrielle et commerciale, ne lui facture aucune prestation, n'entre pas en concurrence avec les autres assistantes maternelles agréées, et verse à la commune une redevance, non assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- elle a bénéficié en 2018 du fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée pour la même opération ;
- elle doit bénéficier à ce titre de la somme de 22 546,25 euros au titre de l'année 2019.
A un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2022, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que l'arrêté contesté ne constitue pas un refus formel, dans la mesure où il a été pris sur la base des états transmis A la commune, et qu'il ne constitue pas une décision faisant grief ;
- les moyens soulevés A la commune requérante ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée le 27 septembre 2021 au directeur départemental des finances publiques de la Nièvre, qui n'a pas produit d'observations.
A une ordonnance du 11 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 février 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C B,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public,
- et les observations de Me Gourinat, représentant la commune de Brassy.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Brassy, dans la Nièvre, a sollicité, au titre de l'année 2021, le bénéfice du fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée, à raison d'un montant total de dépenses éligibles de 208 906,69 euros. A la demande du préfet de la Nièvre, la commune a déposé une seconde demande, à raison d'un montant de dépenses éligibles de 77 316,25 euros. A un arrêté n° 2021-CH-CH-52 du 19 avril 2021, le préfet de la Nièvre a fixé à la somme de 12 543 euros le montant de l'attribution du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée accordé à la commune pour l'année 2021, au titre des dépenses de l'année 2019. A une lettre du 11 mai 2021, le sous-préfet de Château-Chinon a rejeté la demande du 12 mars 2021, A laquelle le maire de la commune de Brassy a demandé " le réexamen de l'éligibilité " des dépenses d'investissement relatives à la maison des assistantes maternelles. A une lettre en date du 28 mai 2021, la commune a formé un recours gracieux contre cette décision, en tant qu'elle refuse l'attribution du fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée, à raison des dépenses réelles d'investissement exposées pour la maison des assistantes maternelles de la commune. Le silence du préfet a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. La commune de Brassy demande au tribunal l'annulation de l'arrêté préfectoral du 19 avril 2021, en tant qu'il refuse de lui attribuer la somme de 22 546,25 euros au titre des dépenses d'investissement réalisées sur la maison des assistantes maternelles, et celle de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 1615-7 du code général des collectivités territoriales : " Les immobilisations cédées à un tiers ne figurant pas au nombre des collectivités ou établissements bénéficiaires du Fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée ne donnent pas lieu à attribution du fonds. / Les immobilisations confiées dès leur réalisation ou leur acquisition à un tiers ne figurant pas au nombre des collectivités ou établissements bénéficiaires du Fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée et exerçant une activité ne lui ouvrant pas droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé le bien donnent lieu à attribution du fonds pour les dépenses réelles d'investissement réalisées à compter du 1er janvier 2006 si : / a) Le bien est confié à un tiers qui est chargé soit de gérer un service public que la collectivité territoriale ou l'établissement lui a délégué, soit de fournir à cette collectivité ou cet établissement une prestation de services ; / b) Le bien est confié à un tiers en vue de l'exercice, A ce dernier, d'une mission d'intérêt général ; / c) Le bien est confié à titre gratuit à l'Etat. ". En vertu de l'article R. 1615-2 du même code, ne figurent pas au nombre des dépenses réelles d'investissement ouvrant droit aux attributions du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée les dépenses pouvant donner lieu à une procédure de transfert du droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée.
3. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 1615-7 et R. 1615-2 du code général des collectivités territoriales que des dépenses réelles d'investissement effectuées A une collectivité territoriale ou un établissement public de coopération intercommunale et afférentes à des immobilisations confiées, dès la réalisation de ces dépenses, à un tiers, autre que l'Etat et ne figurant pas au nombre des collectivités ou établissements bénéficiaires du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée, peuvent donner lieu à attribution au titre de ce fonds à la double condition, d'une part, que ce tiers ne puisse pas, A le biais de la procédure de transfert du droit à déduction prévue à l'article 210 de l'annexe II au code général des impôts, déduire la taxe ayant grevé ces dépenses et, d'autre part, que ce tiers soit chargé de gérer un service public délégué A cette collectivité ou cet établissement ou de lui fournir une prestation de services ou se soit vu confier ces immobilisations en vue de l'exercice d'une mission d'intérêt général.
4. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Brassy a fait aménager l'ancien centre de secours municipal afin de le transformer en maison d'assistantes maternelles, qu'elle a conclu avec l'association " M'amuse et m'éveille ", créée à cette fin et dont les membres sont les assistantes maternelles exerçant leur activité au sein de cette structure, une convention de location de longue durée d'une durée de trois années, tacitement renouvelable. En contrepartie de cette mise à disposition, la commune perçoit une redevance dont le montant est fixé à 30 euros A assistante maternelle et A mois, soit à un prix très inférieur à sa valeur vénale. Alors que la commune compte au moins une autre assistante maternelle exerçant à son domicile et que la convention signée entre l'association et la commune, qui ne met aucune autre sujétion à la charge de l'association et ne prévoit notamment ni la mise à disposition de la structure des autres assistantes maternelles qui le souhaiteraient, ni l'obligation pour l'association d'accueillir ces assistantes parmi ses membres, les travaux réalisés doivent être regardés comme ayant procuré un avantage à l'association " M'amuse et m'éveille ", elle-même en concurrence avec des assistantes maternelles indépendantes. Dès lors, et sans qu'ait d'incidence la circonstance que la commune a bénéficié du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée au titre des dépenses d'investissement de l'année 2018 pour la même opération, c'est à bon droit que le préfet de la Nièvre a considéré que les immobilisations mises à disposition de l'association ne l'avaient pas été en vue de l'exercice d'une activité d'intérêt général au sens des dispositions de l'article L. 1615-7 du code général des collectivités territoriales.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense A le préfet de la Nièvre, la commune de Brassy n'est fondée à demander l'annulation ni de l'arrêté du 19 avril 2021 du préfet de la Nièvre portant versement à la commune de Brassy de l'attribution du fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée, en tant qu'il refuse de lui attribuer la somme de 22 546,25 euros au titre des dépenses d'investissement réalisées sur la maison des assistantes maternelles, ni de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. A suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée A la commune de Brassy, au titre des frais exposés A elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Brassy est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Brassy, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Nièvre et au directeur départemental des finances publiques de la Nièvre.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
Le rapporteur,
I. B
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026