LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2102738

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2102738

mardi 29 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2102738
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantADIDA ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 octobre 2021 et 16 février 2022, M. D A, représenté par la société civile professionnelle Majnoni, d'Intignano, Buhagiar, Jeanniard, Pizzolato, Chatriot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a refusé de prononcer la dissolution de l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de prononcer la dissolution de l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne, ou à défaut de réexaminer sa demande ;

3°) de mettre à la charge du préfet de la Côte-d'Or la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée est dépourvue de motivation ;

- elle a été prise en violation de l'article 40 de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2021, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2021, l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne, représentée par la société civile professionnelle d'avocats Adida et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- M. A ne démontre pas son intérêt à agir ;

- la décision attaquée est une décision individuelle ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées par une lettre du 17 février 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 28 mars 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 6 avril 2022 par ordonnance du même jour.

Un mémoire, enregistré le 14 septembre 2022, a été présenté pour M. A, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 ;

- le décret n° 2006-504 du 3 mai 2006 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C B,

- les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public,

- et les observations de Me Riquet, représentant M. A, et celles de Me Buisson, représentant l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne.

Considérant ce qui suit :

1. M. D A est propriétaire de plusieurs parcelles de terres agricoles sur le territoire de la commune de Pouilly-sur-Vingeanne. Constatant notamment qu'il n'était pas convoqué aux éventuelles assemblées générales de propriétaires de l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne depuis l'année 2011, il a demandé le 24 juin 2020 au préfet de la Côte-d'Or de prononcer la dissolution de cette association foncière, sur le fondement du d) de l'article 40 de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004. Le silence du préfet de la Côte-d'Or a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, il n'est contesté par l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne, ni que le nom de M. A figurait sur la feuille d'émargement de l'assemblée générale des propriétaires du 9 avril 2011, ni que M. A est effectivement propriétaire de parcelles agricoles sur le territoire de cette commune depuis l'année 2008, de sorte que le président de l'association a nécessairement été informé de la qualité de propriétaire de M. A, au plus tard au cours de l'année 2011. Il n'est davantage soutenu par cette association foncière de remembrement, ni que M. A aurait perdu sa qualité de propriétaire depuis cette date, ni qu'il ne serait plus membre de l'association foncière à la date d'introduction de sa requête, ni en tout état de cause à la date du présent jugement. Par suite, M. A a qualité lui donnant intérêt à agir dans la présente instance et la fin de non-recevoir, opposée en défense par l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne doit être écartée.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () 2° Lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire ou présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ; () ".

4. À supposer même que l'on puisse regarder l'association foncière de remembrement défenderesse comme soutenant qu'aucune décision implicite n'a pu naître du silence du préfet de la Côte-d'Or et que ce faisant, la requête serait privée d'objet, il résulte au contraire des dispositions précitées que le silence de ce préfet a effectivement fait naître une décision implicite de rejet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".

6. Il n'est ni soutenu ni allégué et ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait sollicité les motifs de la décision implicite de rejet du préfet de la Côte-d'Or. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes du second alinéa de l'article R. 133-9 du code rural et de la pêche maritime : " Lorsque l'objet en vue duquel l'association avait été créée est épuisé ou dans les cas prévus à l'article 40 de l'ordonnance précitée, le préfet peut, sur proposition du bureau de l'association, prononcer la dissolution de celle-ci après l'accomplissement par l'association des conditions imposées par les dispositions de l'article 42 de cette ordonnance et, s'il y a lieu, par le préfet, en vue de l'acquittement des dettes ou dans l'intérêt public. ". Aux termes de l'article 45 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires, applicable aux seules associations syndicales constituées d'office : " La dissolution d'une association syndicale constituée d'office ne peut être décidée qu'à l'initiative de l'autorité administrative. ". Aux termes de l'article 46 de la même ordonnance : " Les autres dispositions régissant les associations syndicales autorisées sont applicables aux associations syndicales constituées d'office. ". Au terme de l'article 40 de cette ordonnance : " Une association syndicale autorisée () peut, en outre, être dissoute d'office par acte motivé de l'autorité administrative : / a) Soit en cas de disparition de l'objet pour lequel elle a été constituée ; / b) Soit lorsque, depuis plus de trois ans, elle est sans activité réelle en rapport avec son objet ; / c) Soit lorsque son maintien fait obstacle à la réalisation de projets d'intérêt public dans un périmètre plus vaste que celui de l'association ; / d) Soit lorsqu'elle connaît des difficultés graves et persistantes entravant son fonctionnement. ".

8. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que, si le préfet peut, à la suite d'une demande du bureau de l'association, procéder à la dissolution d'une association foncière de remembrement dans les conditions définies par l'article R. 331-9 du code rural et de la pêche maritime, il peut également procéder à sa dissolution d'office dans les cas mentionnés aux quatre derniers alinéas de l'article 40 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires.

9. Aux termes du 10° de l'article 7 du décret du 3 mai 2006 portant application de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires : " La périodicité des réunions de l'assemblée des propriétaires, qui ne peut être supérieure à deux ans à l'exception des réunions de l'assemblée des propriétaires des associations foncières de remembrement et des associations foncières d'aménagement foncier agricole et forestier, dont la périodicité ne peut être supérieure à quatre ans ; ". Aux termes du premier alinéa de l'article 7-1 des statuts de l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne : " L'assemblée des propriétaires se réunit en session ordinaire au minimum tous les deux ans dans le courant du premier semestre. ".

10. Si M. A soutient, sans que cela soit sérieusement contesté en défense, que l'assemblée des propriétaires de l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne n'a pas été réunie depuis le 9 avril 2011, soit depuis plus de dix années à la date de la décision attaquée, en méconnaissance des dispositions précitées du décret du 3 mai 2006 et des stipulations précitées des statuts de cette association foncière, le préfet de la Côte-d'Or fait valoir, à juste titre, que cette circonstance n'est pas, à elle seule, de nature à établir que le fonctionnement de l'association foncière en serait pour autant entravé, au sens des dispositions précitées du d) de l'article 40 de l'ordonnance du 1er juillet 2004, dès lors que le bureau de l'association foncière a continué de se réunir régulièrement, qu'il vote le budget, détermine les programmes de travaux, approuve les marchés, contrôle les comptes, et qu'il n'est pas élu par l'assemblée des propriétaires. Pour regrettables qu'elles soient, les seules circonstances portées à la connaissance du tribunal, dès lors qu'il est établi que le bureau s'est réuni régulièrement tout au long de l'année 2021, qu'il a effectivement arrêté effectivement le budget primitif et le compte administratif, et qu'il n'est pas contesté qu'il en a été de même les années précédentes, ne permettent de considérer ni que le fonctionnement de l'association serait entravé au sens des dispositions précitées ni que le préfet de la Côte-d'Or aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de prononcer la dissolution de l'association dont s'agit. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, en revanche et en tout état de cause, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A, la somme demandée par l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à l'association foncière de remembrement de Pouilly-sur-Vingeanne.

Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,

M. Hugez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.

Le rapporteur,

I. B

Le président,

Ph. Nicolet

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

lc

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions