LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2102768

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2102768

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2102768
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCOLMANT STEPHANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 octobre 2021 et un mémoire enregistré le 21 novembre 2021, Mme C A, représentée par Me Colmant, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2021 par lequel la rectrice de l'académie de Dijon a prononcé à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de trois jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité dont la compétence n'est pas démontrée ;

- il n'est pas suffisamment motivé en droit, comme en fait ;

- il a été adopté au terme d'une procédure irrégulière, le principe du contradictoire ayant été méconnu dès lors qu'elle n'a pas eu accès aux pièces, et notamment aux différents témoignages, la mettant en cause ;

- les faits qui lui sont reprochés ne présentent pas un caractère de gravité justifiant la sanction disciplinaire prononcée, et l'arrêté litigieux est ainsi entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2022, la rectrice de l'académie de Dijon conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 22 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n°72-581 du 4 juillet 1972 ;

- l'arrêté du 9 août 2004 portant délégation de pouvoirs du ministre chargé de l'éducation aux recteurs d'académie en matière de gestion des personnels enseignants,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,

- les observations de Me Colmant, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, professeure certifiée de classe normale de lettres modernes, a fait l'objet d'une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de trois jours, prononcée le 26 août 2021 par la rectrice de l'académie de Dijon. Elle demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 67 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat alors en vigueur : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination qui l'exerce après avis de la commission administrative paritaire siégeant en conseil de discipline et dans les conditions prévues à l'article 19 du titre Ier du statut général. () / La délégation du pouvoir de nomination emporte celle du pouvoir disciplinaire. () ". D'autre part, aux termes de l'arrêté du 9 août 2004 portant délégation de pouvoirs du ministre chargé de l'éducation aux recteurs d'académie en matière de gestion des personnels enseignants, d'éducation, d'information et d'orientation de l'enseignement du second degré : " Délégation permanente de pouvoirs du ministre chargé de l'éducation est donnée aux recteurs d'académie I.-Pour prononcer à l'égard des personnels enseignants, d'éducation, d'information et d'orientation de l'enseignement du second degré (), 23. Les sanctions disciplinaires des premier et deuxième groupes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée et des 1°, 2° et 3° de l'article 10 du décret du 7 octobre 1994 susvisé. () ".

3. Il résulte de ces dispositions combinées que les recteurs d'académie détiennent le pouvoir disciplinaire à l'égard des personnels enseignants du second degré pour prononcer les sanctions de premier et deuxième groupe. Par arrêté du 14 janvier 2021, publié au recueil des actes administratifs du même jour, la rectrice de l'académie de Dijon a donné délégation à la secrétaire générale de l'académie, à l'effet de signer tous actes et décisions concernant notamment la gestion des personnels enseignants. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision doit dès lors être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise les dispositions dont il fait application et mentionne de manière précise le grief reproché à Mme A, qui est d'avoir manqué à ses obligations de protection et d'exemplarité ainsi qu'à l'obligation d'obéir à son supérieur hiérarchique, et porté atteinte à la dignité de la profession d'enseignant et à la réputation de l'institution, en donnant à étudier, en méconnaissance des consignes du chef d'établissement, à une classe de 4ème comprenant un élève dont le père venait de se suicider, un texte comportant une thématique liée au suicide. L'arrêté énonce ainsi de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui le fonde pour mettre la requérante en mesure d'en discuter utilement les motifs. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit par suite être écarté.

5. En troisième lieu, la rectrice de l'académie de Dijon a informé Mme A, par courrier du 31 mai 2021, de son intention de prononcer à son encontre une sanction disciplinaire ainsi que de son droit à consulter son dossier préalablement à la décision, et de présenter des observations. Mme A soutient qu'elle n'a pas eu accès aux pièces, et notamment aux différents témoignages, la mettant en cause. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, préalablement au prononcé de la sanction, qui ne se fonde que sur un seul grief, l'étude en classe d'une nouvelle de Guy de Maupassant comportant une thématique relative au suicide, Mme A avait été invitée à s'expliquer avec les services du rectorat ; lors de cet entretien, le seul témoignage relatif aux faits en cause, c'est-à-dire la lettre de la mère de l'élève dont le père s'est suicidé, a été porté à sa connaissance. Si d'autres plaintes au sujet de son comportement ont été évoquées, ces plaintes, qui portaient sur d'autres faits ayant donné lieu à un rapport du chef d'établissement établi en février 2020, n'ont pas été reprises dans le cadre de la procédure disciplinaire en litige. Mme A n'est dès lors pas fondée à soutenir que la procédure contradictoire n'a pas été respectée dès lors qu'elle n'aurait pas eu accès aux différents témoignages la mettant en cause.

6. En quatrième lieu, Mme A soutient que les faits qui lui sont reprochés n'ont pas un degré de gravité suffisant pour justifier la sanction disciplinaire prononcée à son encontre. Toutefois, ainsi que l'indique la décision attaquée, Mme A avait été préalablement sensibilisée, au même titre que l'ensemble de l'équipe pédagogique, à la situation particulière d'un élève de sa classe, dont le père venait de se suicider, et le chef d'établissement lui avait demandé d'éviter de parler du suicide de son père, d'éviter toute mise en avant et de veiller à la sécurité psychologique de cet élève. Or, Mme A a demandé à cet enfant de lire un passage d'une nouvelle de Guy de Maupassant qui, si elle n'a pas pour thème principal le suicide, comporte à deux reprises des allusions au suicide. S'agissant d'un texte dont la requérante a indiqué elle-même qu'il s'agissait d'un texte nouveau, qu'elle n'avait pas donné à étudier les années précédentes, il lui appartenait d'apporter une vigilance particulière au choix des sujets d'étude afin de tenir compte du contexte particulier lié à l'évènement familial dramatique dont elle avait connaissance et des consignes du chef d'établissement qui avait explicitement demandé d'éviter d'aborder le sujet du suicide en cours afin de préserver l'état psychologique de cet élève. Si Mme A soutient avoir choisi cette nouvelle sans volonté maligne, elle a néanmoins, en négligeant de tenir compte des risques psychologiques auxquels elle exposait l'élève, manifesté un manque d'empathie à l'égard de ce dernier, et un manque de respect des consignes données par le chef d'établissement dans un but de protection de cet enfant. Elle a manqué ainsi au devoir d'exemplarité et de dignité qui s'attache à l'exercice du métier d'enseignant. En prononçant, pour ces faits, une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de trois jours, qui est une sanction de premier groupe, la rectrice de l'académie de Dijon n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en litige. Ses conclusions en annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à Mme A d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera délivrée au recteur de l'académie de Dijon.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Océane Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.

La rapporteure,

M-E B

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions