jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2103229 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ZUPAN David |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS VIGNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2021 et un mémoire complémentaire produit le 11 février 2022, Mme A B, M. C B et Mme E B, représentés par la SCP Thouvenin, Coudray et Grevy, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de mise en sécurité d'urgence pris le 18 novembre 2021, par le vice-président de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois concernant un immeuble sis avenue Gambetta à Auxerre (89000) ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors que les désordres constatés sur le bâtiment ne caractérisent pas l'existence d'un danger imminent au sens de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation ;
- il est entaché d'un erreur d'appréciation dès lors qu'il prescrit la démolition totale du bâtiment alors que des travaux pourraient être envisagés pour remédier aux désordres.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, la Communauté d'agglomération de l'Auxerrois, représentée par Me Vignet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des consorts B la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Mme A B a été désignée représentante unique des requérants en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative, pris en son deuxième alinéa.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique,
- le rapport de M. Zupan, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Deiller, représentant la la communauté d'agglomération de l'Auxerrois.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté de mise en sécurité d'urgence, en date du 18 novembre 2021, le vice-président de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois a ordonné à Mme A B, M. C B et Mme E B , copropriétaires indivis d'un ancien hôtel sis 31 bis avenue Gambetta à Auxerre, fortement endommagé par un incendie survenu en octobre 2017, de démolir " avec précautions " la totalité du bâtiment principal. Les consorts B demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, contrairement à ce que soutiennent les consorts B, l'arrêté litigieux vise les textes qui le fondent, notamment l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation, mentionne le rapport de l'expert missionné par le tribunal dans le cadre de la procédure de mise en sécurité, et en retrace les principaux éléments, désignant ainsi la nature et l'origine du danger occasionné pour la sécurité publique. Cette motivation est suffisante, quand bien même l'arrêté ne précise pas les éléments techniques pris en compte par l'expert pour prescrire la démolition du bâtiment et n'indique pas si l'extension du bâtiment est concernée par la mesure prescrite.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du code de la construction et de l'habitation : " L'autorité compétente pour exercer les pouvoirs de police est : 1° Le maire dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 511-2, sous réserve s'agissant du 3° de la compétence du représentant de l'Etat en matière d'installations classées pour la protection de l'environnement prévue à l'article L. 512-20 du code de l'environnement () ". Selon l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " I. A / () / Sans préjudice de l'article L. 2212-2 du présent code, les maires des communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre compétent en matière d'habitat transfèrent au président de cet établissement les prérogatives qu'ils détiennent en application de l'article L. 184-1 du code de la construction et de l'habitation et du chapitre Ier du titre Ier du livre V du même code. / () ".
4. Par un arrêté du 8 octobre 2021, régulièrement publié le 15 octobre 2021 au journal officiel de la République française, le président de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois, auquel ont été transférés les pouvoirs du maire d'Auxerre en matière de police spéciale de l'habitat conformément à l'article L. 5211-9-2 précité du code général des collectivités territoriales, a conféré à M. D, 1er vice-président en charge des infrastructures, de l'urbanisme, de l'habitat, des aménagements et des travaux, une délégation à l'effet de signer, notamment les arrêtés de mise en sécurité et les arrêtés d'urgence pris dans le cadre d'un danger imminent. Si la décision porte, en regard de la signature, la mention " le vice-président, chargé des infrastructures, de l'habitat, des aménagements publics et des travaux ", sans indiquer que l'arrêté était pris, par délégation, pour le président de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois, cette imprécision, pour regrettable qu'elle soit, est sans influence sur la légalité de cet arrêté. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat ". L'article L. 511-2 du même code dispose : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers () ". En outre, selon l'article L. 511-9 de ce code : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre ". Enfin, aux termes de l'article L. 511-19 : " En cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport mentionné à l'article L. 511-8 ou par l'expert désigné en application de l'article L. 511-9, l'autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'elle fixe. Lorsqu'aucune autre mesure ne permet d'écarter le danger, l'autorité compétente peut faire procéder à la démolition complète après y avoir été autorisée par jugement du président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond ".
6. D'une part, ainsi qu'il a été dit, l'arrêté attaqué s'appuie sur le rapport d'un expert désigné conformément aux dispositions de l'article L. 511-9 précité du code de la construction et de l'habitation, qui conclut à un danger grave et imminent eu égard au risque de chute de souches de cheminée ainsi que du pignon de la bâtisse donnant sur la rue Léon Bourgeois et de l'effondrement de la charpente-couverture, lui-même susceptible d'entraîner l'éventration de la façade sur l'avenue Gambetta. Pour contester l'existence d'un tel danger, les requérants se bornent à considérer que les photographies jointes à ce rapport ne confirment pas l'analyse de l'expert, sans apporter de contre-expertise ou d'éléments circonstanciés au soutien de leurs allégations. En outre, s'ils se prévalent de travaux de sécurisation effectués sur le bâtiment litigieux, les factures produites sont datées de décembre 2017 et d'octobre 2018, soit antérieurement au passage de l'expert. Dans ces conditions, le président de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation en adoptant un arrêté de mise en sécurité d'urgence selon la procédure prévue par l'article L. 511-19 précité du code de la construction et de l'habitation.
7. D'autre part, les consorts B soutiennent que la démolition totale du bâtiment principal n'est pas justifiée dès lors que d'autres mesures de réparation pourraient remédier de façon durable et efficace aux dangers constatés. Or, ainsi qu'il a été dit au point précédent, les requérants n'apportent aucune pièce complémentaire au soutien de leurs allégations. S'ils exposent que la situation est identique à celle de 2020, année au cours de laquelle un arrêté de péril ordinaire avait prescrit divers travaux en vue de remédier au danger, il n'est toutefois pas démontré que ces travaux aient été réalisés ni, en tout état de cause, que l'état du bâtiment se serait amélioré ou, à tout le moins, stabilisé. Par suite, le président de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois n'a pas commis d'erreur de fait ou d'appréciation en ordonnant la démolition totale du bâtiment principal, ce qui inclut nécessairement à la fois la construction initiale occupant la parcelle BK 550 et son extension, qui en est indissociable, sur la parcelle cadastrée BK 268.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les consorts B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants en remboursement des frais de procès qu'ils ont exposés. Il y a lieu au contraire de mettre à la charge des consorts B, sur ce fondement, le versement à la communauté d'agglomération de l'Auxerrois d'une somme de 1 300 euros.
D E C I D E :
Article 1er: La requête des consorts B est rejetée.
Article 2 : Les consorts B verseront à la communauté d'agglomération de l'Auxerrois une somme de 1 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, représentante unique des requérants, et à la communauté d'agglomération de l'Auxerrois.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
D. ZUPANLa greffière,
C. CHAPIRON
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026