mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200016 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2022, M. B A, représenté par la SCP Clemang Gourinat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Nièvre a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Nièvre de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- en s'abstenant de communiquer les motifs de la décision attaquée le préfet a entaché cette décision d'un défaut de motivation ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2022, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la dernière demande de titre de séjour présentée par M. A a donné lieu à un arrêté du 15 octobre 2020 ;
- le courrier du 15 juin 2021 ne constitue pas une nouvelle demande de titre de séjour de sorte qu'aucun refus implicite de titre de séjour n'a pu naître du silence gardé sur cette demande ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 juin 2022.
Par une lettre du 17 juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article
R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le refus implicite de titre de séjour qui serait né à la suite du courrier du 15 juin 2021 dès lors que ce courrier ne contient aucune nouvelle demande titre de séjour et que le silence gardé par l'administration sur ce courrier n'a pu faire naître de décision implicite de rejet ; de ce que les conclusions dirigées contre le refus implicite de titre de séjour intervenu sur la demande de
M. A en date du 19 avril 2019, à l'issue du délai de quatre mois, doivent être regardées comme étant dirigées contre l'arrêté du 15 octobre 2020 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a explicitement statué sur la demande de l'intéressé ; et de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté du 15 octobre 2020 dès lors que cet arrêté, qui mentionne les voies et délais de recours, a été notifié au requérant le 15 octobre 2020 à 14 heures 15 et que les conclusions présentées le 5 janvier 2022 sont ainsi tardives car présentées postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux.
Le préfet de la Nièvre a présenté des observations en réponse à ce courrier par un mémoire enregistré le 21 juin 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 janvier 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique,
- le rapport de Mme Zeudmi Sahraoui, rapporteure,
- les observations de Me Clemang, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien entré en France selon ses déclarations le 13 février 2017 à l'âge de 16 ans, a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance le 27 février 2017. Il a demandé la délivrance d'un titre de séjour le 27 juin 2018. Par un arrêté du 15 octobre 2018, le préfet de la Nièvre a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Cet arrêté a fait l'objet d'un recours contentieux qui a été rejeté par le tribunal de céans par un jugement du 26 août 2019, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 26 juin 2020. M. A a présenté une demande de réexamen. Par un arrêté du 15 octobre 2020, le préfet de la Nièvre a refusé de délivrer à l'intéressé un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français sans délai. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Nièvre a assigné à résidence M. A. Par sa requête M. A demande l'annulation des décisions implicites de refus de titre de séjour qui seraient nées de la demande présentée le 19 avril 2019, complétée les 28 mai 2019 et 29 février 2020, et de la demande présentée par un courrier du 15 juin 2021.
Sur les conclusions dirigée contre le refus implicite de titre de séjour née de la demande de M. A du 19 avril 2019 :
2. Aux termes de l'article R. 311-12 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version en vigueur applicable à la date de la décision attaquée : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 311-12-1 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".
3. Si le silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur une demande de titre de séjour fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
4. Par sa requête, M. A demande notamment l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence de l'administration sur sa demande de titre de séjour présentée le 19 avril 2019. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir fait l'objet, le 27 décembre 2018, d'un arrêté portant refus de titre de séjour, obligation de quitter sans délai le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, M. A a présenté, le 19 avril 2019, une nouvelle demande de titre de séjour, complétée le 28 mai 2019 puis le 29 février 2020, en se prévalant de nouveaux éléments. A l'issue du délai de quatre mois, une décision implicite de rejet est née. Toutefois, le préfet de la Nièvre a expressément statué sur cette demande par un arrêté du 15 octobre 2020 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter sans délai le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Cet arrêté s'est substitué à la décision implicite de rejet né du silence de l'administration. Dès lors, les conclusions de M. A doivent être regardées comme étant dirigées contre l'arrêté du 15 octobre 2020.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté du 15 octobre 2020 :
5. Aux termes de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la date de l'arrêté attaqué : " () / II. ' L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai peut, dans les quarante-huit heures suivant sa notification par voie administrative, demander au président du tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision refusant un délai de départ volontaire, de la décision mentionnant le pays de destination et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou d'interdiction de circulation sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 15 octobre 2020, qui mentionnait les voies et délais de recours, a été notifié en mains propres à M. A le même jour à 14 heures 15. Les conclusions dirigées contre cet arrêté sont ainsi tardives et ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre le refus implicite de titre de séjour qui serait né de la demande du 15 juin 2021 :
7. Il ressort des pièces du dossier que, par le courrier du 15 juin 2021, le conseil de
M. A sollicitait des informations quant à l'état d'avancement de l'instruction de la demande de titre de séjour de l'intéressé, ainsi que la communication des motifs du refus implicite que le préfet semblait avoir opposé à sa demande, ou toute information quant à une éventuelle décision qui aurait été prise et dont M. A aurait omis de l'aviser. Dès lors que ce courrier ne contient aucune nouvelle demande de titre de séjour, le silence gardé par l'administration sur ce courrier n'a ainsi pu faire naître aucune décision refusant implicitement de délivrer à l'intéressé un titre de séjour. Dès lors les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A sont dépourvues d'objet et ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Nièvre et à Me Clemang.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
N. ZEUDMI SAHRAOUI
Le président,
Ph. NICOLET La greffière,
L. CUROT
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026