jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | NERAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2022, Mme C A, représentée par
Me Néraud, demande au tribunal :
1°) l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2021 et de la lettre du même jour l'accompagnant par lesquels la préfète de la zone de défense et de sécurité Est l'a placée en retraite d'office à compter du 22 février 2018 et a rejeté ses demandes de réintégration et de maintien en activité ;
2°) d'enjoindre au préfet de la zone de défense et de sécurité Est de prononcer sa réintégration, ou, à défaut, de prendre une nouvelle décision, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles ne sont pas motivées ;
- elles ont été prises sans examen particulier de sa situation ;
- elles sont entachées d'inexactitudes matérielles et d'erreur d'appréciation ;
- elles sont entachées d'erreur de droit, l'administration s'étant crue en situation de compétence liée par l'avis émis par le directeur départemental de la sécurité publique de la Côte- d'Or ;
- elles ont été prises en méconnaissance des dispositions de l'article 1-1 de la loi n°84-836 du 13 septembre 1984, des dispositions de la loi n°2003-775 du 21 août 2003 et des dispositions de l'article 93 de la loi n°2008-1330 du 17 décembre 2018, dès lors qu'elle est apte à exercer des fonctions et qu'aucun motif d'intérêt du service ne justifie ces décisions ;
- elles ont été prises en méconnaissance des dispositions de la loi n° 2010-1330 du
9 novembre 2010 et du décret n° 2011-2103 du 30 décembre 2011 dès lors qu'elle aurait atteint la limite d'âge le 21 mai 2019 et non le 22 février 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, le préfet de la zone de défense et de sécurité Est demande au tribunal de rejeter la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 ;
- la loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 ;
- le décret 2009-1744 du 30 décembre 2009 ;
- le décret n° 2011-2103 du 30 décembre 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Néraud, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, gardien de la paix, a été placée en congé de longue maladie à compter du 23 août 2016, congé qui a été prolongé en dernier lieu par un arrêté du 21 décembre 2017 pour la période du 23 novembre 2017 au 20 février 2018. Par courrier du 21 septembre 2017, elle a sollicité le report de la date de son départ à la retraite pour lui permettre de compléter la durée de ses services afin de bénéficier d'une pension à taux plein. Par arrêté du 6 mars 2018, la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a placé l'intéressée à la retraite d'office par limite d'âge à compter du
22 février 2018. Cette décision ayant été suspendue par ordonnance du président du tribunal administratif de Dijon du 26 avril 2018, la préfète a pris une nouvelle décision le 14 mai 2018, par laquelle elle a confirmé son refus de maintenir Mme A en activité au-delà de la limite d'âge, au motif que l'intéressée était inapte à l'exercice de toute fonction au sein de la police nationale. Cette décision a à son tour été suspendue. Par jugement n°s 1702943, 1800160, 1800890 et 1801383 du 22 janvier 2019, le tribunal a annulé les décisions par lesquelles le préfet de la zone de défense et de sécurité Est a refusé de réintégrer Mme A, l'a placée en congé de longue maladie du
23 novembre 2017 au 20 février 2018 et a refusé de la maintenir en activité au-delà de la limite d'âge. Le 13 janvier 2020, le préfet a pris une nouvelle décision refusant le maintien en activité de Mme A, en estimant qu'elle était inapte physiquement à toutes fonctions depuis le 21 février 2018. Puis, le 28 janvier 2020, il a placé Mme A en retraite d'office pour invalidité à compter du 22 février 2018. Le 18 mars 2021, par jugement n° 2000258 et n° 2001493, le tribunal a annulé les décisions des 13 et 28 janvier 2020, et enjoint au préfet de se prononcer à nouveau sur la demande de maintien en activité de Mme A. La préfète de la zone de défense et de sécurité Est a pris une nouvelle décision le 30 juillet 2021, refusant le maintien en activité de Mme A. Par arrêté du même jour, Mme A a été placée de nouveau en retraite d'office pour limite d'âge. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler les décisions du
30 juillet 2021 par lesquelles la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a rejeté sa demande de maintien en activité et l'a admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 22 février 2018.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () 7° Refusent une autorisation () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". La décision par laquelle l'autorité administrative refuse de faire droit à une demande de maintien en activité présentée en application des dispositions de la loi du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public, alors applicable, doit être regardée comme une décision refusant une autorisation, au sens des dispositions précitées, soumise comme telle à l'obligation de motivation.
3. En l'espèce, la décision du 30 juillet 2021 informant Mme A du refus de la maintenir en position d'activité et de sa mise à la retraite pour limite d'âge, comme l'arrêté du même jour prononçant la mise à la retraite de Mme A, font seulement référence au précédent jugement du tribunal du 18 mars 2021, sans viser les dispositions sur lesquelles ils se fondent. S'agissant des considérations de fait, ces décisions se bornent à faire état de l'avis du directeur départemental de la sécurité publique de la Côte-d'Or défavorable, dans l'intérêt du service, au maintien en activité de Mme A. A supposer que cet avis comporte des considérations de fait suffisamment précises quant aux raisons pour lesquelles il a été considéré que l'intérêt du service ne permettait pas le maintien en activité de Mme A, il n'est pas établi qu'il ait été porté à la connaissance de l'intéressée lors de la notification de ces décisions ou préalablement à leur édiction. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que ces décisions sont entachées d'un défaut de motivation.
4. Il résulte de ce qui précède que les décisions du 30 juillet 2021 par lesquelles la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a placé Mme A en retraite d'office à compter du
22 février 2018 et a rejeté sa demande de maintien en activité doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. En premier lieu, l'exécution du présent jugement implique que l'administration prenne les mesures nécessaires pour placer Mme A dans une situation régulière et procède à sa réintégration juridique, avec toutes conséquences de droit, à compter du 21 février 2018, date d'effet de l'arrêté la plaçant à la retraite d'office pour limite d'âge.
6. En deuxième lieu, en application des dispositions de l'article 4 du décret du 30 décembre 2009 pris pour l'application de l'article 1-3 de la loi du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public, alors applicable, la demande de prolongation d'activité doit être présentée par le fonctionnaire à l'employeur public au plus tard six mois avant la survenance de la limite d'âge. En application des dispositions combinées du II de l'article 31 de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites et des articles 2 et 8 du décret du
30 décembre 2011 portant relèvement des bornes d'âge de la retraite des fonctionnaires, des militaires et des ouvriers des établissements industriels de l'Etat, Mme A née le 21 mai 1962, avait atteint la limite d'âge applicable à sa situation le 21 février 2018. Elle a demandé son maintien en activité au-delà de cette limite d'âge le 21 septembre 2017, soit moins de six mois avant la date à laquelle elle a atteint cette limite d'âge.
7. L'exécution du présent jugement implique dès lors seulement que l'administration se prononce à nouveau sur la demande de maintien en activité de Mme A au titre de l'article 1-1 de la loi du 13 septembre 1984. Ces dispositions confèrent à l'autorité compétente un large pouvoir d'appréciation de l'intérêt, pour le service, d'autoriser un fonctionnaire atteignant la limite d'âge à être maintenu en activité. En outre, un tel maintien en activité n'aurait pu, en tout état de cause, avoir pour effet de maintenir en activité Mme A au-delà d'une durée de dix trimestres, soit, en l'espèce, au-delà du 21 août 2020. Par suite, Mme A ne peut se prévaloir d'un droit à être effectivement réintégrée en position d'activité.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de la zone de défense et de sécurité Est, d'une part, de prendre toute mesure nécessaire à la régularisation juridique de la situation de Mme A à compter du 21 février 2018, d'autre part, de se prononcer à nouveau sur sa demande de maintien en activité, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Les décisions du 30 juillet 2021 par lesquelles la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a rejeté la demande de maintien en activité de Mme A et l'a admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 22 février 2018 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la zone de défense et de sécurité Est d'une part, de prendre toute mesure nécessaire à la régularisation juridique de la situation de Mme A à compter du 21 février 2018, d'autre part, de se prononcer à nouveau sur sa demande de maintien en activité, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de la zone de défense et de sécurité Est.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026