jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ZUPAN David |
| Avocat requérant | SCP ADIDA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 mars 2022 et un mémoire complémentaire produit le 15 juin 2022, M. A B, représenté par Me Meunier, conteste la décision, en date du 19 janvier 2022, par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de Saône-et-Loire l'a orienté vers le milieu ordinaire du travail et non vers un établissement ou service d'aide par le travail (ESAT).
Il soutient que :
- il n'a pas bénéficié d'une consultation auprès du médecin référent de la maison départementale des personnes handicapées ;
- son état de santé, qui tend à s'aggraver, l'empêche de trouver un emploi ;
- il est dans une situation précaire depuis le refus de renouvellement de l'allocation aux adultes handicapés, du reste contesté devant le tribunal judiciaire.
Par un mémoire enregistré le 9 mars 2022, le département de Saône-et-Loire indique qu'il n'appartient qu'à la maison départementale des personnes handicapées de Saône-et-Loire de produire un mémoire en défense.
La requête a été communiquée à la maison départementale des personnes handicapées de Saône-et-Loire, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zupan, président-rapporteur,
- et les observations de Me Parenty-Baut, substituant Me Meunier, représentant M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B conteste la décision, en date du 19 janvier 2022, par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de Saône-et-Loire, maintenant sur recours administratif préalable obligatoire une précédente décision, a refusé de l'orienter vers un centre de rééducation professionnelle.
2. Le recours dirigé contre la décision par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées statue sur l'orientation professionnelle du demandeur relève du contentieux de pleine juridiction et non du contentieux de l'excès de pouvoir. Eu égard à son office dans un tel cas, il appartient au juge administratif de se prononcer non sur les éventuels vices propres de la décision attaquée mais seulement sur l'orientation, en se plaçant à la date à laquelle il rend sa décision. Le moyen tiré du vice de procédure tenant à la circonstance que M. B n'a pas été convoqué par un médecin référent est donc en tout état de cause inopérant.
3. Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. ' La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / 1° Se prononcer sur l'orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ; / 2° Désigner les établissements ou les services correspondant aux besoins de l'enfant ou de l'adolescent ou concourant à la rééducation, à l'éducation, au reclassement et à l'accueil de l'adulte handicapé et en mesure de l'accueillir ; () 4° Reconnaître, s'il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 323-10 du code du travail ; () ". Aux termes de l'article L. 5213-1 du code du travail : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ". Selon l'article L. 5213-2 du même code : " La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 241-5 du code de l'action sociale et des familles. Cette reconnaissance s'accompagne d'une orientation vers un établissement ou service d'aide par le travail, vers le marché du travail ou vers un centre de rééducation professionnelle. () L'orientation vers un établissement ou service d'aide par le travail, vers le marché du travail ou vers un centre de rééducation professionnelle vaut reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ". Selon l'article R. 243-1 du code de l'action sociale et des familles : " Sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 243-3, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées oriente vers les établissements et services d'aide par le travail les personnes handicapées ayant une capacité de travail inférieure à un tiers au sens de l'article R. 341-2 du code de la sécurité sociale, mais dont elle estime que l'aptitude potentielle à travailler est suffisante pour justifier leur admission dans ces établissements et services ". L'article R. 243-3 du même code dispose : " La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées peut décider d'orienter vers les établissements et services d'aide par le travail des personnes handicapées dont la capacité de travail est supérieure ou égale au tiers de la capacité normale lorsque leur besoin d'un ou de plusieurs soutiens médicaux, éducatifs, sociaux, psychologiques, expressément motivés dans la décision, le justifie et ne peut être satisfait par une orientation vers le marché du travail ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de définir, pour chaque personne à laquelle est reconnue la qualité de travailleur handicapé, l'orientation la mieux adaptée à son état de santé, en procédant à une évaluation de sa capacité de travail et de ses besoins en matière d'accompagnement ou de formation, compte tenu de ses aptitudes et des contraintes ou restrictions inhérentes à son handicap, ainsi que de ses qualifications et expériences professionnelles. L'orientation vers un ESAT est en principe subordonnée à une capacité de travail réduite à moins du tiers de la capacité d'une personne exempte de handicap, sans pour autant caractériser une complète inaptitude, et sauf justification particulière, lorsque ce taux est supérieur, d'un besoin d'accompagnement médical, éducatif, social ou psychologique très spécifique qui ne pourra être procuré dans le milieu ordinaire du travail.
5. Il résulte de l'instruction que M. B souffre d'un déficit fonctionnel dû à une pathologie du rachis lombaire, aggravée par un état d'obésité morbide, d'un syndrome de l'apnée du sommeil exigeant un traitement nocturne, et de diabète non-insulinodépendant. Les documents médicaux versés aux débats, cependant, ne permettent pas de relever une capacité de travail réduite à moins du tiers de celle d'une personne exempte de handicap, ni de considérer que son orientation vers le milieu ordinaire du travail, au titre de laquelle peuvent s'exercer les modalités d'accompagnement prévues par l'article L. 5213-2-1 du code du travail et le droit à la formation garanti par son article L. 5213-3, serait inadaptée à son handicap et que le requérant, qui, au demeurant, n'apporte aucune précision quant à ses qualifications, expériences et aspirations professionnelles, devrait plutôt être dirigé, comme il le demande, vers un ESAT.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de Saône-et-Loire du 19 janvier 2022 et à solliciter du tribunal qu'il prescrive son orientation vers un ESAT.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la maison départementale des personnes handicapées de Saône-et-Loire et au département de Saône-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le président,
D. ZUPANLa greffière,
C. CHAPIRON
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026