LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2200621

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2200621

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2200621
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantBIKINDOU ADELIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 4 et 18 mars 2022, Mme B D épouse C, représentée par Me Bikindou, demande au Tribunal :

- d'annuler la décision de rejet de demande de titre de séjour prise à son encontre par le préfet de l'Yonne ;

- d'annuler la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de l'Yonne ;

- d'annuler la décision fixant le pays de renvoi prise à son encontre par le préfet de l'Yonne ;

- d'enjoindre au préfet de l'Yonne, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer une autorisation de séjour en France, ce dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en attendant de lui octroyer une carte de séjour ;

- de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté a été pris par une autorité territorialement incompétente ;

- la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour a été signée par une autorité incompétente ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision refusant de l'admettre au séjour ;

- la décision désignant le pays à destination duquel elle pourrait être renvoyée doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision refusant de l'admettre au séjour et de celle l'obligeant de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-l du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F,

- les observations de Me Bikindou, représentant Mme D épouse C, et de Me Rannou, représentant le préfet de l'Yonne.

Des pièces ont été produites par Mme D après l'audience, le 30 juin 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D épouse C, de nationalité congolaise, est entrée en France le 7 juillet 2015 munie d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour délivré par les autorités françaises à Brazzaville. Le 1er février 2021, elle a déposé une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " auprès des services de la préfecture de l'Yonne. Par sa requête, elle demande au tribunal d'annuler les décisions en date du 1er février 2022 par lesquelles le préfet de l'Yonne ne l'a pas admise au séjour en France, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel elle pourra être reconduite.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'exception prévue à l'article R. 426-3, le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police () "

3. Si l'intéressée soutient que le préfet de l'Yonne aurait dû l'inviter à présenter sa demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture de Paris, il ressort cependant des pièces du dossier que Mme D épouse C a déposé sa demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture de l'Yonne le 1er février 2021 en déclarant être domiciliée dans ce département. La production de l'avis d'impôt sur les revenus de 2020 avec une adresse à Paris au 1er janvier 2021, soit avant le dépôt de sa demande de titre de séjour, d'un abonnement, non daté, à un contrat de fourniture d'énergie, établi au nom de Frédéric et Claudia C, ainsi que des ordonnances médicales mentionnant une adresse de l'intéressée à Paris, établies par l'assistance des hôpitaux publique de Paris, à des dates ultérieures à la date de la décision attaquée et celles établies à compter du 30 mars 2021 sans indication d'adresse, et alors que la requérante produit également des attestations de Pôle Emploi pour les mois de septembre 2021 et octobre mentionnant une adresse à Auxerre, ne permettent pas, en elles-mêmes, d'établir la réalité de cette allégation. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, Mme D épouse C aurait été domiciliée à Paris. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article R. 431-20, le préfet de l'Yonne était compétent pour prendre la décision attaquée.

4. En deuxième lieu, par un arrêté du 5 mai 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour et aisément consultable sur son site internet, le préfet de l'Yonne a donné délégation permanente à Mme E A, sous-préfète, secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figure pas la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.

5. En troisième lieu, la décision refusant l'admission au séjour à Mme D épouse C vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les circonstances de fait qui la fondent. Il est notamment précisé que l'intéressée, mariée depuis 1990 avec un ressortissant congolais en situation régulière, ne justifie pas d'une vie commune avec son époux, qu'elle s'est maintenue irrégulièrement en France depuis 2015 et qu'elle n'établit pas être dépourvue de tout lien dans son pays d'origine. La motivation est donc suffisamment développée, conformément à l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Ainsi, même si la requérante soutient que la décision attaquée recèlerait des affirmations contradictoires, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

6. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

7. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui () ".

8. Pour refuser le séjour en France, le préfet de l'Yonne s'est prévalu du maintien en France de Mme D épouse C de façon irrégulière depuis 2015, de l'absence de vie commune avec son époux qui vit à Paris alors qu'elle a déclaré être domiciliée à Auxerre et enfin sur la circonstance que l'intéressée n'entrait dans aucun cas d'attribution d'un titre de séjour et ne remplissait aucune circonstance exceptionnelle ou humanitaire. Si la requérante se prévaut de sa présence en France depuis 6 ans et de sa parfaite intégration, elle ne justifie ces allégations par aucune des pièces qu'elle a produites. Si elle soutient mener une vie familiale avec son mari avec lequel elle est mariée depuis plus de trente ans, aucune pièce du dossier ne démontre que la requérante vivrait à Paris avec son époux, ainsi qu'il a été exposé au point 3. De plus, il ressort des pièces du dossier que ses enfants, majeurs, vivent en dehors de France. Dans ces conditions, et alors que la requérante est entrée en France à l'âge de 49 ans et qu'il n'est ni soutenu ni même allégué qu'elle serait isolée dans son pays d'origine, le préfet de l'Yonne a pu, sans commettre ni erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation et sans méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, refuser le séjour en France à Mme D épouse C.

9. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation du refus de titre de séjour.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

10. La requérante n'établissant pas l'illégalité de la décision lui refusant le séjour en France, elle n'est, par suite, pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne le pays de renvoi :

11. La requérante n'établissant pas l'illégalité des décisions lui refusant le séjour en France et portant obligation de quitter le territoire français, elle n'est, par suite, pas fondée à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision désignant le pays de renvoi.

12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D épouse C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Yonne du 1er février 2022. Ses conclusions à fin d'annulation ainsi que par voie de conséquence celles à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme D épouse C demande au titre des frais liés à l'instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par le préfet de l'Yonne au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D épouse C est rejetée.

Article 2: Les conclusions du préfet de l'Yonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse C et au préfet de l'Yonne. Copie en sera délivrée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Delespierre, président,

M. Blacher, premier conseiller,

Mme Hunault, conseillère.

Rendu public par la mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

Le président-rapporteur,

N. F

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

S. BLACHER

La greffière,

E. HERIQUE

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions