jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ZUPAN David |
| Avocat requérant | DUPUY ARNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 9 mars 2022, le président du tribunal administratif de Grenoble a transmis au tribunal administratif de Dijon la requête de M. E C, enregistrée au greffe de cette juridiction le 4 mars 2022.
Par cette requête, désormais enregistrée au tribunal administratif de Dijon sous le n° 220664, M. C, représenté par Me Dupuy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, en date du 8 février 2022, par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de trois mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui restituer son permis de conduire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- cette décision s'appuie sur un avis de rétention qui ne mentionne ni le numéro de série du cinémomètre, ni sa date de mise en service ni celle de sa dernière vérification ;
- elle ne satisfait pas à l'obligation de motivation ;
- elle est entachée d'irrégularité, en l'absence de procédure contradictoire préalable ;
- elle n'a pas pris en compte sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juillet 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. A, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C conteste l'arrêté, en date du 8 février 2022, par lequel le préfet de la Haute-Savoie a suspendu la validité de son permis de conduire pour une période de trois mois en conséquence d'une infraction commise le même jour, consistant à avoir commis un dépassement de plus de 40 kilomètres / heure de la vitesse maximale autorisée.
2. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I. - Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () 3° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué (). / II. - La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. () ".
3. En premier lieu, M. C soutient qu'il n'est pas établi que l'infraction aurait été constatée au moyen d'un appareil homologué. Toutefois, il n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause l'indication en ce sens portée sur l'avis de rétention, dont les mentions font foi. Pour le surplus, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que soient portées sur l'arrêté portant suspension du permis de conduire les mentions permettant d'identifier l'appareil de contrôle utilisé pour constater l'infraction relevée.
4. En deuxième lieu, le signataire de l'arrêté attaqué, Mme Frédérique Loiseau, secrétaire générale de la sous-préfecture de l'arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois, a été investie d'une délégation, en vertu d'un arrêté préfectoral du 23 décembre 2020. Cet arrêté prévoit que la délégation de signature conférée à Mme D, notamment pour les arrêtés relatifs aux suspensions de permis de conduire, joue en cas d'absence ou d'empêchement de M. B et le requérant ne conteste pas que cette situation était effectivement constituée à la date de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 121-2 de ce même code dispose : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; 2° Lorsque leur mise en œuvre serait de nature à compromettre l'ordre public () ".
6. D'une part, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions applicables du code de la route et notamment les articles L. 224-2, L. 224-6, L. 224-9 et R. 224-4, précise l'identité et l'adresse du requérant, relève que M. C a fait l'objet, le 8 février 2022 à 9 heures 20, sur le territoire de la commune de Copponex, d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour excès de vitesse supérieur à 40 kilomètres / heure ou plus, en l'occurrence une vitesse retenue de 150 kilomètres / heure pour une vitesse maximale autorisée de 110 kilomètres / heure, et que cette infraction justifie, eu égard au danger grave et immédiat que représente le conducteur pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même, une suspension provisoire de son permis de conduire pour une durée de trois mois. Cette motivation est suffisante, quand bien même l'arrêté ne vise pas les dispositions prévoyant la répression pénale de l'infraction en cause.
7. D'autre part, compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 3° du code de la route, qui doit être prise dans les soixante-douze heures et qui a pour objet de faire obstacle à ce qu'un conducteur ayant commis un grave excès de vitesse retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement prendre cette décision en se dispensant de procédure contradictoire, conformément aux prévisions du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration. M. C reproche donc inutilement au préfet de la Haute-Savoie de ne l'avoir pas préalablement invité à faire valoir ses observations.
8. En quatrième lieu, contrairement à ce qui est soutenu par le requérant, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Savoie n'aurait pas pris en compte sa situation personnelle.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
Le président,
D. ALa greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026