jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL AYARI LÉGAL ÉTUDE D'AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2022, M. B A C, représenté par Me Ayari, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien valable dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer le titre de séjour demandé dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
A seul été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 20 août 1993, est entré en France en 1996 au titre du regroupement familial. Il a bénéficié d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans à compter du 20 août 2011. Le 2 juin 2021, il en a sollicité le renouvellement. Par la décision attaquée, en date du 11 janvier 2022 le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui renouveler le titre de séjour demandé.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 7bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Pour refuser de renouveler le certificat de résidence de M. A C, le préfet de Saône-et-Loire s'est fondé sur le motif tiré de ce que, eu égard à l'environnement dans lequel il évolue, l'adhésion de l'intéressé aux valeurs républicaines de la France et de ses institutions n'était pas avérée. De telles mentions, qui ne comportent aucune indication quant au fondement juridique de cette décision, ni aucune précision quant aux éléments de faits sur lesquels le préfet s'est fondé pour porter une telle appréciation sur le comportement de M. A C, ne sauraient constituer une motivation suffisante de la décision attaquée.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision du 11 janvier 2022 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien pour une durée de dix ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique seulement, eu égard au motif retenu ci-dessus pour justifier l'annulation prononcée, seul à même de la fonder, que, dans un délai de deux mois suivant sa notification, le préfet Saône-et-Loire procède à un nouvel examen de la demande de renouvellement du certificat de résidence de M. A C, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à M. A C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du préfet de Saône-et-Loire du 11 janvier 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet Saône-et-Loire de procéder à un nouvel examen de la demande de renouvellement du certificat de résidence de M. A C dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à M. A C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de Saône-et-Loire.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chalon-sur-Saône.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
M-E D
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026