mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200787 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ADIDA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mars 2022, Mme C B, représentée par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire, émis le 31 décembre 2021, mettant à sa charge une somme de 6 170,06 euros ;
2°) de reconnaitre, par voie d'exception, l'illégalité de la décision du 6 janvier 2022 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du " 13 juillet " 2021 et a décidé de lui attribuer un demi-traitement de cette date au 31 décembre 2021 ;
3°) d'enjoindre à la directrice de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à compter du 13 juillet 2021 jusqu'à sa guérison, son reclassement ou sa mise à la retraite anticipée ;
4°) de mettre à la charge de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil les dépens ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- d'une part, le titre exécutoire attaqué est illégal en raison de l'illégalité de la décision du 6 janvier 2022 dans la mesure où :
* cette dernière décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été informée de la réunion de la commission de réforme et que ses droits de la défense ont été méconnus ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle est entachée d'incompétence négative dès lors que l'autorité hiérarchique s'est sentie, à tort, liée par l'avis de la commission de réforme ;
* elle est, en tant qu'elle la place en congé de maladie ordinaire, entachée d'une erreur de droit au regard des articles 35-9 à 35-11 et 35-17 du décret du 19 avril 1988, ainsi que des articles L. 514-4, L. 822-22 et L. 826-2 et suivants du code général de la fonction publique, mais également d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle présente la même symptomatologie que celle précédemment reconnue imputable au service ;
- d'autre part, le titre exécutoire méconnait ses droits acquis à un plein traitement au titre des périodes du 13 juillet au 31 décembre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2022, la direction départementale des finances publiques (DDFIP) de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
La DDFIP de Saône-et-Loire fait valoir que le bien-fondé de la créance ressortit à la compétence de l'ordonnateur.
La requête a été communiquée, le 23 mars 2022, à l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 18 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 novembre 2022.
L'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil a produit le 19 décembre 2022 des pièces en réponse à la mesure d'instruction diligentée par le tribunal, qui ont été communiquées sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Puglierini, rapporteur public,
- et les observations de Me Buisson, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, recrutée en juillet 2018 en qualité d'aide-soignante contractuelle au sein de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil, puis titularisée le 18 mai 2020, a été victime, le 7 septembre suivant, d'une vive douleur aux cervicales et à l'épaule droite alors qu'elle installait un résident au lit. Cet accident ayant été reconnu imputable au service par décision du 8 septembre 2020, Mme B a bénéficié d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS), régulièrement prolongé jusqu'au 13 avril 2021 et percevait à ce titre un plein traitement. Le 30 mars 2021, l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil a fait procéder à l'examen de l'intéressée par un médecin agréé, qui a estimé dans un rapport du 21 avril 2021, qu'une " reprise du travail est à envisager à la fin de son arrêt de travail actuel ", soit le 14 mai suivant, sur " poste habituel ". Toutefois, Mme B n'a jamais repris son service et a adressé à son employeur des certificats médicaux de prolongations successives de son arrêt de travail. Dans ces conditions, l'EHPAD a saisi la commission de réforme hospitalière qui, dans un avis du 7 décembre 2021, a considéré que les arrêts de travail, au-delà du 13 avril 2021, sont " à prendre en congés maladie ordinaire ". Par un courrier du 16 décembre 2021, la directrice de l'EHPAD a informé Mme B de ses décisions, d'une part, de la placer en congé de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021 à plein traitement durant trois mois, puis à demi-traitement et, d'autre part, de procéder au recouvrement des trop-perçus de rémunération pour la période allant de juillet à décembre 2021. Par une décision du même jour, assortie de la mention des voies et délais de recours, Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021 avec maintien d'un plein traitement jusqu'au 12 juillet inclus. Mme B demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 31 décembre 2021, mettant à sa charge une somme de 6 170,06 euros suite à son passage à demi-traitement.
Sur le cadre du litige :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version alors en vigueur et désormais codifié aux articles L. 822-18 à L. 822-25 du code général de la fonction publique : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service (). / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. () L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service () ". Aux termes de l'article 35-10 du décret du 19 avril 1988: " Lorsqu'un fonctionnaire est en congé pour invalidité temporaire imputable au service, l'autorité investie du pouvoir de nomination peut faire procéder à tout moment à sa contre-visite par un médecin agréé. Elle procède obligatoirement à cette contre-visite au moins une fois par an au-delà de six mois de prolongation du congé initialement accordé. / La commission de réforme compétente peut être saisie pour avis, soit par l'autorité investie du pouvoir de nomination, soit par l'intéressé, des conclusions du médecin agréé ". Il résulte de ces dispositions que l'administration dispose de la faculté de faire procéder à tout moment à la contre-visite, par un médecin agréé, d'un fonctionnaire se trouvant en congé pour invalidité temporaire imputable au service, afin de vérifier que l'état de santé de l'intéressé justifie le maintien de ce congé. Elle peut, en outre, saisir la commission de réforme compétente pour avis.
3. Il résulte de l'instruction que Mme B, reconnue victime d'un accident imputable au service survenu le 7 septembre 2020, a été placée par décisions successives en CITIS jusqu'au 13 avril 2021, mois au cours duquel le médecin agréé, saisi par l'EHPAD en application des dispositions précitées, a conclu, ainsi qu'il a été dit au point 1, qu'une reprise du travail est à envisager à compter du 14 mai 2021. Mme B n'ayant jamais repris son service en dépit de ces conclusions et sollicitant de l'EHPAD des prolongations complémentaires, ce dernier a saisi la commission de réforme, qui n'a émis un avis favorable à l'imputabilité au service des arrêts de travail que jusqu'au 13 avril 2021. Compte-tenu de cet avis et des conclusions du médecin agréé à l'issue de la contre-visite sollicitée par l'administration le 30 mars 2021, la directrice de l'EHPAD a, le 16 décembre 2021, décidé de placer la requérante en congé de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021 et de recouvrer les sommes qu'elle estime indûment versées, dès lors que Mme B aurait " dû percevoir un salaire à demi-traitement à compter du 14 juillet 2021 ". A cet effet, un titre exécutoire a été émis le 31 décembre suivant pour un montant de 6 170,06 correspondant, aux termes du décompte versé aux débats par la requérante, au " passage à un demi-traitement à compter du 14 juillet 2021 ".
Sur l'objet de la décision du 6 janvier 2022 dont Mme B excipe de l'illégalité :
4. Par une décision du 6 janvier 2022, la directrice de l'EHPAD a, d'une part, confirmé un " paiement intégral les trois premiers mois ", puis à demi-traitement et, d'autre part, fixé le bénéfice du demi-traitement, non plus à compter du " 14 juillet ", mais du " 13 juillet " au 31 décembre 2021. Ainsi, contrairement à ce que soutient Mme B, cette décision, qui n'a, par elle-même, ni pour objet ni pour effet de la placer en position de congé de maladie ordinaire, se borne à tirer les conséquences pécuniaires de son placement, au mois de décembre 2021, en congés de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
5. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale.
6. Il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutient Mme B, le titre exécutoire attaqué ne trouve pas son fondement dans la décision postérieure du 6 janvier 2022, seule critiquée, mais dans celles, non contestées, du 16 décembre 2021, par lesquelles la directrice de l'EHPAD a décidé, d'une part, de la placer en situation de congé maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021, de sorte qu'en application des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, elle conserve l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois à compter de cette dernière date, puis seulement la moitié les neuf mois suivants et, d'autre part, de procéder au recouvrement des trop-perçus pour les périodes d'arrêts de travail " à compter du 14 juillet 2021 ". Il s'ensuit que la requérante ne peut utilement exciper de l'illégalité de la décision du 6 janvier 2022 à l'appui de ses conclusions en annulation du titre exécutoire émis le 31 décembre 2021.
7. En second lieu, Mme B, qui ne peut utilement se prévaloir des règles régissant les droits acquis à demi-traitements versés, en application du dernier alinéa de l'article 17 du décret du 19 avril 1988, aux agents ayant épuisé leurs droits à un congé de maladie ordinaire dans l'attente de la décision du comité médical, dès lors qu'elle ne se trouve nullement dans une telle situation, se borne à soutenir que le titre exécutoire est entaché d'une " rétroactivité illégitime ", " exerce une action négative rétroactive sur le versement des salaires entre le 13 juillet 2021 et le 31 décembre 2021 " et porte une atteinte à " des droits acquis " à un plein traitement. Un tel moyen, alors que le titre exécutoire attaqué porte sur des rémunérations perçues à compter du 14 juillet 2021, soit moins de deux ans avant son émission conformément aux dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, ne peut qu'être écarté comme dépourvu de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Enfin, si Mme B fait état des dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, qui prévoient, au demeurant à certaines conditions, le maintien de l'intégralité du traitement du fonctionnaire jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite, un tel moyen, dirigé contre un titre exécutoire se bornant à tirer les conséquences de la seule décision plaçant l'intéressée en congé de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021, est inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire émis le 31 décembre 2021 ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.
Sur les dépens :
9. Dès lors que la présente instance n'a donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par Mme B sur ce fondement doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la direction départementale des finances publiques de Saône-et-Loire et à l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- M. Blacher, premier conseiller,
- Mme Hunault, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
La rapporteure,
K. ALe président,
L. Boissy
La greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
No 2200787
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026