jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FIORESE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2022, M. E I, représenté par Me Fiorese, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, et des pénalités correspondantes ;
2°) de condamner l'Etat aux dépens et de mettre à sa charge une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration fiscale ne rapporte pas la preuve qu'elle a réuni des éléments permettant d'établir qu'il peut avoir des revenus plus importants que ceux déclarés ;
- en cas d'absence de revenu déclaré, l'administration fiscale ne pouvait valablement procéder à une taxation d'office ou à une évaluation d'office, dans les conditions prévues aux articles L. 66 et L. 73 du livre des procédures fiscales, des crédits bancaires en tant que revenus d'origine indéterminée, qu'après avoir mis en demeure préalablement le contribuable vérifié de régulariser sa situation, ce qu'elle n'établit pas avoir fait ;
- la remise de chèque d'un montant de 6 700 euros, en date du 26 janvier 2016, correspond à la remise d'un chèque de banque en paiement de la revente d'un véhicule de marque Volkswagen et de modèle Golf, immatriculé LA 6128 ;
- les virements de montants respectifs de 12 000 et 5 000 euros, en dates des 4 février et 11 juin 2016 correspondent à des virements réalisés par son frère Yassin, au titre d'un prêt familial pour financer l'acquisition et la construction de son habitation à Neuilly-lès-Dijon ;
- la remise de chèque d'un montant de 10 000 euros, en date du 11 mars 2016, correspond à la somme perçue en contrepartie de la vente d'un chariot élévateur conservé de son ancienne activité artisanale exercée à titre individuel, au profit de la SARL CTC ;
- les virements de montants respectifs de 25 500 euros et 5 000 euros, et la remise de chèque d'un montant de 10 000 euros, en dates des 22, 23 et 25 novembre 2016 correspondent au produit de la vente de deux camions-bennes ;
- le virement d'un montant de 10 000 euros, en date du 28 novembre 2016, correspond au remboursement des frais de notaire qu'il a avancés au profit de M. A D, demeurant à Neuilly-Crimolois ;
- la remise de chèques d'un montant de 2 400 euros, en date du 6 janvier 2017, correspond, à hauteur de 2 000 euros, à la remise d'un chèque émis par son frère C au titre d'un prêt familial pour l'acquisition et la construction de son habitation à Neuilly-lès-Dijon, et à hauteur de 400 euros, à la remise d'un chèque émis par la SNC Foncier Conseil, syndic, en remboursement du trop-perçu sur les charges de copropriété, à la suite de la vente d'un appartement à Chenôve ;
- la remise de chèques d'un montant de 2 895,66 euros correspond à la remise de trois chèques d'un même montant de 965,22 euros, émis par la compagnie d'assurances Prédica au profit de ses trois enfants, au titre de la clôture d'un contrat d'assurance ;
- les remises de chèques, de montants respectifs de 3 000, 5 000 et 5 000 euros, en dates des 5, 12 et 26 avril 2017 correspondent à des virements réalisés par son frère G, au titre d'un prêt familial pour financer l'acquisition et la construction de son habitation à Neuilly-lès-Dijon ;
- la remise de chèque, d'un montant de 2 100 euros, en date du 21 juillet 2017, correspond à la remise d'un chèque émis par M. H, en contrepartie de la vente de radiateurs anciens provenant de la rénovation d'un appartement qu'il a personnellement acquis ;
- la remise de chèque d'un montant de 4 000 euros, en date du 12 octobre 2017, correspond à un transfert de fonds de compte à compte, entre son compte ouvert dans les livres de la Lyonnaise de banque, et son compte ouvert dans les livres du Crédit Agricole ; les remises de chèques de montants respectifs de 6 900 et 3 500 euros, en dates des 8 mars et 28 juin 2017, correspondent également à des transferts de fonds de compte à compte, entre son compte ouvert dans les livres de la Lyonnaise de banque, et son compte ouvert dans les livres de la banque Rhône-Alpes ;
- la remise de chèque, d'un montant de 3 000 euros, en date du 6 juin 2017, correspond à la remise d'un chèque émis par la SAS BB 21, au titre de sa rémunération mensuelle de président, déjà déclarée dans ses revenus ;
- le virement d'un montant de 48 970 euros, en date du 15 septembre 2017, a été réalisé par son oncle E, demeurant en Turquie, au titre d'un prêt familial d'un montant initial de 202 458 livres turques, destiné à financer l'acquisition et la construction de son habitation actuelle à Neuilly-lès-Dijon.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2022, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 18 août 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 3 octobre 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 octobre 2022 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle, l'administration fiscale a notamment notifié à M. E I, par voie de taxation d'office, l'imposition de revenus d'origine indéterminée, au titre des années 2016 et 2017, par une proposition de rectification, en date du 20 décembre 2019. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux résultant de cette proposition de rectification ont été mises en recouvrement le 15 juin 2020, pour un montant total de 113 106 euros en droits et pénalités, s'agissant de l'année 2016, et 121 350 euros en droits et pénalités, s'agissant de l'année 2017. Par une décision explicite du 23 février 2022, le service a partiellement admis la réclamation contentieuse préalable de l'intéressé, reçue le 16 février 2021 et a prononcé un dégrèvement d'un montant de 3 573 euros en droits et pénalités au titre de l'année 2017. Par sa requête, M. I demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, et restant en litige.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
S'agissant de l'année 2016 :
2. En premier lieu, il résulte des termes mêmes de la proposition de rectification du 20 décembre 2019 que l'administration a mis en œuvre une procédure de rectification contradictoire s'agissant des revenus autres que les revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2016, de sorte que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de taxation ou d'évaluation d'office est, dans cette mesure, dépourvu d'objet.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " () L'administration () peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, notamment lorsque le total des montants crédités sur ses relevés de compte représente au moins le double de ses revenus déclarés ou excède ces derniers d'au moins 150 000 €. / () Les demandes visées aux alinéas précédents doivent indiquer explicitement les points sur lesquels elles portent et mentionner à l'intéressé le délai de réponse dont il dispose en fonction des textes en vigueur. ". Aux termes de l'article L. 69 du même livre : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. ".
4. L'article L. 16 du livre des procédures fiscales autorise l'administration à demander au contribuable des justifications de ses revenus lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir qu'ils peuvent être plus importants que ceux qu'il a déclarés. Une somme inscrite au crédit d'un compte bancaire ou d'un compte courant d'un contribuable en exécution d'un virement opéré depuis un autre compte bancaire ou compte courant retenu par l'administration pour sa comparaison ne peut constituer un indice de revenu dissimulé. Par suite, si les dispositions précitées, qui permettent à l'administration de comparer les crédits figurant sur les comptes bancaires ou les comptes courants d'un contribuable au montant brut de ses revenus déclarés pour établir l'existence d'indices de revenus dissimulés l'autorisant à demander à l'intéressé des justifications, ne l'obligent pas à procéder à un examen critique préalable de ces crédits, ni, quand elle l'a fait, à se référer comme terme de comparaison aux seuls crédits dont l'origine n'est pas justifiée après le premier examen, elles ne la dispensent pas de neutraliser, afin de déterminer le montant total des crédits à prendre en compte pour procéder à cette comparaison, les virements de compte à compte de l'intéressé.
5. En l'espèce, il résulte des termes mêmes de la demande d'éclaircissements et de justifications, en date du 4 septembre 2019, adressée par l'administration fiscale à M. I que le service, après avoir fait usage de son droit de communication auprès des établissements bancaires dans lesquels l'intéressé dispose de comptes, a constaté un montant de crédits bancaires, net des virements de compte à compte identifiables, de 138 495,56 euros au titre de l'année 2016, tandis que l'intéressé a déclaré un montant de revenus de 34 710 euros. En conséquence, l'administration, contrairement à ce que soutient le contribuable, avait effectivement réuni des éléments permettant d'établir que les revenus de ce dernier pouvaient être plus importants que ceux qu'il avait déclarés. Dès lors, en vertu de ce qui vient d'être rappelé au point précédent, l'administration était fondée à mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales.
6. En troisième lieu enfin, comme il vient d'être dit, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a adressé à M. I, en date du 4 septembre 2019, une demande d'éclaircissements et de justifications, que celle-ci a été distribuée au contribuable le 6 septembre suivant, comme l'atteste l'avis de réception postal, revêtu de sa signature, produit à l'instance par le service. Il n'est pas contesté que M. I n'a pas répondu à cette demande d'éclaircissements et de justifications. En vertu des dispositions précitées de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, l'administration était fondée à mettre en œuvre une procédure de taxation d'office.
S'agissant de l'année 2017 :
7. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / 1° à l'impôt sur le revenu, les contribuables qui n'ont pas déposé dans le délai légal la déclaration d'ensemble de leurs revenus ou qui n'ont pas déclaré, en application des articles 150-0 E et 150 VG du code général des impôts, les gains nets et les plus-values imposables qu'ils ont réalisés, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 67 ; ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 67 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 1° et 4° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. () ".
8. En premier lieu, il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que M. I n'a pas spontanément déposé sa déclaration de revenus de l'année 2017 avant la date limite qui était impartie à cet effet. Il résulte également de l'instruction qu'une mise en demeure de déposer cette déclaration, en date du 28 septembre 2018, lui a été adressée, que le pli la contenant a été présenté le 1er octobre 2018 par les services postaux et que ce pli a été distribué le 3 octobre 2018, comme en témoigne la signature de l'intéressé sur l'avis de réception postal produit par le service. Il n'est nullement contesté que M. I n'a pas produit sa déclaration d'ensemble de ses revenus dans le délai de trente jours suivant la notification de cette mise en demeure. Dès lors, c'est sans commettre l'irrégularité alléguée que l'administration fiscale a procédé à la taxation d'office de l'ensemble de ses revenus au titre de l'année 2017.
9. En second lieu, en cas de taxation d'office fondée sur les dispositions citées au point 7 du présent jugement, l'administration n'est pas tenue de rattacher à une catégorie particulière de revenus les sommes qu'elle retient comme bases d'imposition lorsque l'origine des sommes en cause n'est pas identifiée. Dès lors, l'administration a pu, sur le fondement des dispositions précitées imposer, sans les rattacher à une catégorie particulière de revenus les sommes inscrites au crédit des comptes bancaires de M. I, lorsqu'elle n'a pu en identifier la nature. L'administration n'était pas davantage tenue de rapporter la preuve qu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que l'intéressé peut avoir des revenus plus importants que ceux déclarés, dès lors qu'elle n'a pas mis en œuvre, pour l'année 2017, les dispositions des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales, mais celles précitées de l'article L. 66 du même livre.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions en litige :
S'agissant de la charge de la preuve :
10. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ", et aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ".
11. Il appartient à M. I, qui a fait l'objet d'une procédure de taxation d'office, en matière de revenus d'origine indéterminée, sur le fondement des articles L. 66 et L. 67 du livre des procédures fiscales au titre de l'année 2017, et sur le fondement de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales au titre de l'année 2016, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'elle serait irrégulière, d'apporter la preuve de l'exagération de ses bases d'imposition.
S'agissant des prêts familiaux allégués :
12. M. I soutient que les sommes portées au crédit de ses comptes bancaires, respectivement les 4 février et 11 juin 2016, et 6 janvier, 5, 12 et 26 avril et 15 septembre 2017 de montants respectifs de 12 000, 5 000, 2 000, 3 000, 5 000, 3 000 et 48 970 euros constitueraient des prêts familiaux, octroyés respectivement par son frère B pour les deux premiers, par son frère C pour le troisième, par son frère G pour les quatrième à sixième et par son oncle E pour le septième.
13. Il appartient à l'administration fiscale, lorsqu'elle entend remettre en cause, même par voie d'imposition d'office, le caractère non imposable de sommes perçues par un contribuable, dont il est établi qu'elles lui ont été versées par l'un de ses parents et alors qu'elle ne se prévaut pas de l'existence entre eux d'une relation d'affaires ou de travail, de justifier que les sommes en cause ne revêtent pas le caractère d'un prêt familial, notamment en démontrant l'existence d'une disproportion entre les sommes versées et les ressources financières de l'auteur du versement.
14. Pour chacun des prêts allégués, M. I ne produit ni reconnaissance de dette ni aucun élément relatif au remboursement de ces prêts. En mentionnant le caractère de " prêt familial " pour chacun d'eux, il doit être regardé comme se prévalant de la présomption de prêt familial.
15. En premier lieu, si M. I peut être regardé comme établissant que les chèques respectivement de 2 000, 3 000 et 5 000 euros, portés à l'encaissement les 8 janvier, 5 et 26 avril 2017 ont été émis au débit de comptes bancaires ouverts respectivement au nom de M. C I, s'agissant du premier, et de M. G I s'agissant des deux derniers, M. I n'établit pas, malgré l'identité de patronyme, le lien de parenté entre MM. C et G I et lui-même. Par suite, il n'est pas fondé à se prévaloir de la présomption de prêt familial.
16. En deuxième lieu, s'agissant des virements de 12 000 et 5 000 euros portés au crédit du compte bancaire de M. I, respectivement les 4 février et 11 juin 2016, si les libellés des écritures correspondantes sur le relevé de compte de l'intéressé mentionnent respectivement M. B I et M. G I, le requérant n'établit ni le débit corrélatif des comptes bancaires des intéressés, ni son lien de parenté avec MM. B et G I.
17. En troisième lieu, s'agissant de la somme de 48 970 euros portée au crédit du compte de M. I en date du 15 septembre 2017, le requérant produit divers documents en langue turque qui, selon lui, justifieraient du virement d'une somme initiale de 202 458 livres turques par son oncle homonyme E I. A supposer même que les bordereaux produits, dont l'intéressé n'a pas pris la peine de verser des traductions à l'instance, puissent établir l'existence de ce virement, M. I n'établit, de nouveau, pas le lien de parenté entre le dénommé E Ibrahim I et lui-même, par la seule production de leurs cartes d'identité respectives, au demeurant illisibles.
18. En quatrième lieu, s'agissant des autres sommes, dont il est allégué qu'elles constitueraient des prêts familiaux, le moyen soulevé est dépourvu de toutes pièces venant à son soutien, de sorte que M. I n'établit aucun des éléments qui lui incombent et, ce faisant, pas le caractère non imposable de ces sommes.
S'agissant des autres sommes considérées comme des revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2016 :
19. En premier lieu, si M. I soutient que la remise de chèque, d'un montant de 6 700 euros, en date du 26 janvier 2016, portée au crédit de son compte courant ouvert dans les livres du Crédit agricole de Bourgogne-Champagne correspondrait à la cession d'un véhicule de marque Volkswagen et de modèle Golf, il ne l'établit pas par la seule production de la copie du chèque de banque dont s'agit et de la facture et du compte rendu d'un contrôle technique réalisé plus de quatre mois auparavant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
20. En deuxième lieu, si M. I soutient que la remise de chèque, d'un montant de 10 000 euros, en date du 11 mars 2016, correspond à la vente à la SARL CTC d'un chariot-élévateur, qu'il aurait conservé d'une ancienne activité, cette allégation n'est, en tout état de cause, pas établie par la seule production d'un chèque bancaire de ce montant émis par cette société, qui ne permet pas d'établir la nature de la somme en litige. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
21. En troisième lieu, si M. I soutient que les sommes de 25 500 euros, 5 000 euros et 10 000 euros portées les 22, 23 et 25 novembre 2016 au crédit de son compte bancaire ouvert dans les livres du CIC Lyonnaise de Banque correspondraient à la cession de camions-bennes dont il aurait disposé, il ne l'établit pas, alors que la charge de la preuve lui incombe, en se bornant à produire son relevé de compte bancaire et la copie d'un chèque bancaire d'un montant de 10 000 euros émis le 8 novembre 2016 par M. J. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
22. En quatrième lieu, si M. I soutient que la somme de 10 000 euros portée le 26 novembre 2016 au crédit du même compte bancaire correspondrait au remboursement des frais de notaire qu'il aurait avancés pour le compte de M. A D, cette assertion est dépourvue de tout élément de preuve venant à son soutien, de sorte que le moyen soulevé ne peut, de nouveau, qu'être écarté.
S'agissant des autres sommes considérées comme des revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2017 :
23. En premier lieu, M. I soutient que la remise de chèques, d'un montant total de 2 400 euros, portée au crédit de son compte bancaire ouvert dans les livres du Crédit agricole de Champagne-Bourgogne le 6 janvier 2017 correspondrait, à hauteur de 400 euros, à un remboursement d'un trop-perçu de charges de copropriété, versé à l'occasion de la cession d'un appartement à Chenôve. Néanmoins, il n'établit à l'instance aucune de ces circonstances par la seule production de la copie du chèque de 400 euros émis par la SNC Foncier Conseil. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
24. En deuxième lieu, M. I soutient que la remise de chèques, d'un montant de 2 895,66 euros portée au crédit de son compte bancaire ouvert dans les livres du Crédit agricole de Champagne-Bourgogne le 27 janvier 2017 correspondrait à la remise de trois chèques d'un montant de 965,22 euros chacun, émis par la compagnie d'assurances Prédica au profit de chacun de ses trois enfants, au titre de la clôture d'un contrat d'assurance. Néanmoins, une nouvelle fois, M. I n'établit pas la nature des sommes en litige, en se bornant à produire la copie des trois chèques d'un montant de 965,22 euros chacun.
25. En troisième lieu, si M. I soutient que la remise de chèque, d'un montant de 2 100 euros, portée au crédit de son compte bancaire ouvert dans les livres du Crédit agricole de Champagne-Bourgogne, en date du 21 juillet 2017, correspondrait à la vente à M. F H de radiateurs anciens provenant de la rénovation d'un appartement qu'il a personnellement acquis, il n'établit de nouveau ni les circonstances dont il se prévaut, ni la nature de la somme en litige, en se bornant à produire la copie de la remise de chèque et le chèque d'un montant de 2 100 euros émis par M. H. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
26. En quatrième lieu, le moyen tiré de ce que la remise de chèque d'un montant de 4 000 euros, en date du 12 octobre 2017, correspondrait à un transfert de fonds de compte à compte, entre son compte ouvert dans les livres de la Lyonnaise de banque, et son compte ouvert dans les livres du Crédit Agricole, est désormais dépourvu d'objet, dès lors que l'administration y a fait droit dans sa décision du 23 février 2022 prise sur la réclamation contentieuse préalable du requérant, donnant lieu au dégrèvement prononcé à cette occasion.
27. En cinquième lieu, le requérant ne démontre pas, contrairement à ce qu'il soutient, que les remises de chèques de montants respectifs de 6 900 et 3 500 euros, en dates des 8 mars et 28 juin 2017, correspondraient à des transferts de fonds de compte à compte, entre son compte ouvert dans les livres de la Lyonnaise de banque, et son compte ouvert dans les livres de la banque Rhône-Alpes. Le moyen soulevé, dépourvu de tout élément venant à son soutien, ne peut qu'être écarté.
28. En sixième lieu enfin, si M. I soutient que la remise de chèque, d'un montant de 3 000 euros, en date du 6 juin 2017, correspond à la remise d'un chèque émis par la SAS BB 21, au titre de sa rémunération mensuelle de président, déjà déclarée dans ses revenus, il ne l'établit pas, alors que la charge de la preuve lui incombe, en se bornant à produire la copie d'un chèque de ce montant émis par la SAS BB 21, dès lors qu'il n'établit ni que la somme portée au crédit de son compte bancaire correspondrait à l'encaissement de ce chèque, ni en tout état de cause la nature de la somme en cause, alors que l'intéressé est tout à la fois salarié, associé et président de ladite société. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
29. Il résulte de tout ce qui précède que M. I n'est fondé à demander la décharge ni des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, ni des pénalités correspondantes.
Sur les dépens :
30. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
31. Il ne résulte pas de l'instruction que M. I aurait exposé des dépens au sens des dispositions précitées. Ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat aux dépens ne peuvent ainsi qu'être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. I demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. I est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E I et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026