jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201129 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | IVANOVIC FAUVEAU NATACHA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2022, M. E D, représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a abrogé son attestation de demande d'asile, lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de de supprimer son signalement aux fins de non-admission du système d'information Schengen ou, à défaut, de suspendre l'exécution de la décision d'obligation de quitter le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou jusqu'à la date de notification de l'ordonnance ;
3°) de l'admettre à l'aide juridique provisoire et de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
- le préfet méconnait l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et " le principe de non refoulement " dès lors qu'il ne détermine le pays de destination ;
S'agissant des décisions portant abrogation de l'attestation de demande d'asile et refus de séjour :
- ces décisions sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent son droit d'être entendu dès lors que ses observations sur la menace à l'ordre public que sa présence en France constituerait n'ont pas été recueillies ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'il ne constitue pas une menace grave pour l'ordre public et encourt des risques en cas de retour dans son pays d'origine en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant abrogation de son attestation de demande d'asile et refus de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été édictée en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée " d'une erreur de droit " et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle méconnait l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'une simple menace à l'ordre public est insuffisante et que le préfet n'allègue même pas qu'une telle menace serait grave ;
- elle méconnait son droit à un recours effectif et l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle le prive de la possibilité de présenter effectivement ses explications à la Cour nationale du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors que ni la durée choisie ni la menace à l'ordre public que sa présence représente ne sont motivées ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2022, le préfet de la Côte-d'Or conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, s'agissant des décisions portant abrogation de l'attestation de demande d'asile et refus de séjour, les conclusions aux fins d'annulation sont irrecevables, en tout état de cause il était en situation de compétence liée pour les édicter ;
- à titre subsidiaire, d'une part, les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés et, d'autre part, il sollicite s'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, une substitution de base légale et de motifs.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juin 2022.
En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des éléments d'information ont été produits le 29 août 2022 par le préfet de la Côte-d'Or et communiqués à M. D.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Nourani, substituant Me Fauveau Ivanovic représentant M. D et, les observations de M. C, représentant le préfet de la Côte-d'Or.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant afghan, se disant né le 17 août 1991, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 1er octobre 2020 et a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile auprès des services du préfet des Yvelines. Lors de l'instruction de cette demande, la consultation des données dactyloscopiques centrales et informatisées du système Eurodac a révélé que les empreintes digitales de M. D avaient été relevées le 2 juillet 2019 par les autorités de contrôle compétentes en Autriche à l'occasion de l'enregistrement d'une demande de protection internationale dans ce pays. Saisies par le préfet des Yvelines d'une demande en ce sens, les autorités autrichiennes ont accepté la reprise en charge de M. D. Par un arrêté du 17 novembre 2020, le préfet des Yvelines a décidé de transférer aux autorités autrichiennes l'intéressé dont le recours en annulation a été rejeté le 1er juillet 2021 par un arrêt infirmatif n° 21VE00932-21VE00933 de la cour administrative de Versailles. Cependant, la France est devenue responsable de la demande d'asile présentée par M. D le 9 juin 2021 et enregistrée en procédure accélérée au motif que sa présence en France représente une menace grave pour l'ordre et la sécurité publics. La demande d'asile de M. D ayant été rejetée le 13 décembre 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), le préfet de la Côte-d'Or a, par l'arrêté attaqué du 25 mars 2022, abrogé son attestation de demande d'asile, lui a refusé le séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai sans fixer le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par décision du 17 juin 2022, M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen dirigé contre l'arrêté en tant qu'il ne fixe pas le pays de destination :
3. Aux termes de L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 612-12 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ".
4. La décision fixant le pays de renvoi constitue, en vertu des dispositions précitées, une décision distincte de l'obligation de quitter le territoire français, qui est sans incidence sur la légalité de cette dernière. La circonstance que l'administration n'édicte pas dans un même acte l'obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de renvoi de l'intéressé fait seulement obstacle à ce qu'elle puisse être exécutée d'office. Il s'ensuit que M. D n'est pas fondé à soutenir que par l'arrêté attaqué le préfet de la Côte-d'Or aurait, en lui faisant obligation de quitter le territoire français sans fixer de pays de destination, méconnu les dispositions de l'article L. 612-12 précité, ni davantage l'article 3 de convention internationale du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, les articles 4 et 19.2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'article 5 de la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L.721-4 du code du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui sont, au demeurant et eu égard à ses motifs et à son dispositif, sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour au titre de l'asile :
5. L'arrêté attaqué a notamment été pris en réponse à la demande d'admission au séjour au titre de l'asile présentée par M. D et se borne à refuser, en conséquence de la décision mentionnée ci-dessus de l'OFPRA, la délivrance à l'intéressé de la carte de résident prévue, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour les étrangers auxquels a été reconnue la qualité de réfugié, ainsi que de la carte de séjour pluriannuelle prévue pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire, en application de l'article L. 424-9 du même code. Dès lors que le bénéfice du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire avaient été refusés au requérant, le préfet de la Côte-d'Or était tenu de lui refuser l'octroi de ces titres de séjour, sans avoir à porter une appréciation sur les faits de l'espèce. Le préfet se trouvant ainsi en situation de compétence liée pour refuser le titre de séjour sollicité au titre de l'asile et de la protection subsidiaire et n'étant par ailleurs aucunement tenu d'examiner d'office si M. D était susceptible de se voir délivrer un titre sur un autre fondement, les moyens invoqués, tirés du défaut de motivation, du vice de procédure, du défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés comme inopérants.
6. Par ailleurs, les allégations de risques encourus en cas de retour en Afghanistan, à les supposer même avérés, sont inopérantes à l'encontre de la décision portant refus de séjour, laquelle n'a ni pour objet ni pour effet de fixer le pays de destination. Il s'ensuit que le requérant ne peut davantage utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'abrogation de l'attestation de demandeur d'asile :
7. Aux termes de l'article L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de son article L. 542-2 : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / () d) une décision de rejet dans les cas prévus () au 5° de l'article L. 531-27 () ", à savoir la présence en France du demandeur constitue une menace " grave " pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sûreté de l'Etat. Enfin, l'article L. 542-3 du même code dispose que : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé () ".
8. En premier lieu, la décision portant abrogation de l'attestation de demandeur d'asile vise les dispositions précitées de l'article L. 542-2 dont elle fait application et précise notamment que la demande d'asile de l'intéressé, en procédure accélérée, a fait l'objet d'un rejet qui lui a été notifié. Par suite, cette décision est suffisamment motivée, tant en droit qu'en fait. A cet égard, le préfet n'était aucunement tenu de mentionner de manière exhaustive tous les éléments caractérisant la situation personnelle du requérant pour satisfaire à son obligation de motivation.
9. En deuxième lieu, le droit d'être entendu n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Lorsqu'il demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, y compris au titre de l'asile, l'étranger, du fait même de l'accomplissement de cette démarche qui vise à ce qu'il soit autorisé à se maintenir en France et ne puisse donc pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement forcé, ne saurait ignorer qu'en cas de refus il sera en revanche susceptible de faire l'objet d'une telle décision. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande, ou à tout moment au cours de son instruction, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles, qui seraient de nature, le cas échéant à influer sur le sens des décisions prises. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision défavorable que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de cette décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il aurait été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise la décision discutée alors qu'au surplus et contrairement à ses dires, il ressort des pièces du dossier qu'il était informé, préalablement à l'édiction de la décision attaquée, " des délits de droit commun reprochés par les autorités autrichiennes " et portés à sa connaissance au plus tard lors de son audition par l'OFPRA le 16 septembre 2021, de sorte que le moyen tiré de la violation du droit à être entendu doit être écarté. En tout état de cause, l'intéressé ne démontre par aucune des pièces du dossier l'existence d'éléments sérieux et pertinents relatifs à sa situation et qui, s'ils avaient pu être communiqués à temps, auraient influé sur le contenu de la mesure contestée. A cet égard, si le requérant se prévaut d'un courriel d'échange interne entre, d'une part, une " assistante juridique " de l'OFPRA et, d'autre part, le service de l'Office chargé de la " communication avec les préfectures ", estimant que le service national des enquêtes administratives de sécurité (SNEAS) n'a fait état d'aucune information " susceptible de conduire l'Office ", selon l'expéditrice, à considérer que l'intéressé pourrait notamment constituer une menace " grave " pour l'ordre public, ce courriel n'a ni pour objet ni pour effet de remettre en cause la réalité et l'exactitude du signalement opéré par les autorités autrichiennes dans le système d'information Schengen (SIS) II.
11. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet qui, ainsi qu'il a été dit, n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation M. D, se serait abstenu de procéder à un examen particulier de sa situation avant de décider d'abroger son attestation de demandeur d'asile. Par ailleurs, la circonstance que le requérant conteste devant la CNDA son placement en procédure accélérée est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation du requérant doit être écarté.
12. Enfin, au soutien de son moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation, M. D fait valoir que, d'une part, sa présence ne constitue pas une menace grave pour l'ordre public au sens de l'article L. 542-2 précité et, d'autre part, il en court des risques en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, ces considérations sont inopérantes dès lors qu'en décidant d'abroger son attestation de demande d'asile en considération de la fin de son droit au séjour au titre de l'asile, le préfet ne s'est pas fondé sur de tels motifs. Au surplus, la décision portant abrogation de l'attestation de demandeur d'asile n'a ni pour objet, ni pour effet de fixer le pays à destination duquel le requérant est susceptible d'être éloigné. Ce dernier ne peut donc utilement se prévaloir, contre cette décision, ni des risques qu'il dit encourir en cas de retour dans son pays d'origine, ni des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Quant aux considérations relatives au bien-fondé de la procédure accélérée, à la qualification et au degré, qui serait insuffisant pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 542-2, de gravité de la menace pour l'ordre et la sécurité publics, elles ressortissent à la compétence de la Cour nationale du droit d'asile et non à celle des juridictions administratives de droit commun ainsi qu'il résulte de l'article L. 531-31 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre des décisions portant refus de séjour et abrogation de son attestation de demande d'asile ayant été écartés, M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ". Selon l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".
15. La décision en litige vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment le 4° et 5° de son article L. 611-1. Elle mentionne l'état civil du requérant, sa situation personnelle, familiale et administrative, en particulier le rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA, ainsi que la fin de son droit au séjour. Elle indique, en outre, que l'intéressé est défavorablement connu des services de police autrichiens pour des faits de " falsification de documents et de représentation pornographique de mineurs ". Par suite, et alors que le préfet de la Côte-d'Or n'était pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments de la vie privée de l'intéressé, cette décision est suffisamment motivée.
16. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'aux points 9 et 10, le moyen tiré du droit d'être entendu ne peut qu'être écarté.
17. En quatrième lieu, il ne ressort pas de la motivation de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. D.
18. En cinquième lieu, le moyen tiré " d'une erreur de droit " n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il s'ensuit qu'il ne peut qu'être écarté.
19. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant dès lors qu'il ne constitue pas la base légale de l'obligation de quitter le territoire français prise sur le seul fondement des dispositions de l'article L. 611-1 de ce code, mentionnées aux points 14 et 15 du présent jugement. En outre, il résulte de l'instruction que le préfet aurait, en tout état de cause, pris la même décision s'il s'était exclusivement fondé sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
20. En septième lieu, la décision attaquée n'a ni pour objet, ni pour effet de fixer le pays à destination duquel le requérant est susceptible d'être éloigné, ni de le priver d'un droit à un recours effectif. M. D ne peut donc pas utilement se prévaloir, contre cette décision, des risques qu'il allègue en cas de retour dans son pays d'origine, ni des stipulations des articles 3 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
21. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
22. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que M. D, entré récemment en France, disposerait d'attaches privées ou familiales en France. Le requérant ne justifie, en outre, d'aucune insertion sociale ou professionnelle sur le territoire français. Il ne démontre pas davantage qu'il serait exposé à des risques pour sa santé, notamment mentale, en cas d'éloignement du territoire français alors qu'au demeurant l'obligation de quitter le territoire français n'est pas, ainsi qu'il a été dit, assortie d'une décision fixant un pays de destination. Dès lors, M. D n'est pas fondé à soutenir que cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle sera également écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
23. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.
24. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
21. La décision en litige, qui vise les articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et reprend plus précisément dans ses motifs le 1° de ce dernier article, mentionne que le comportement de l'intéressé qui ne justifie d'aucune circonstance particulière, constitue une menace à l'ordre public. Cette décision satisfait donc à l'exigence de motivation prévue à l'article L. 613-2 précité. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire doit donc être écarté.
25. En troisième lieu, il ne ressort pas de la décision attaquée ainsi motivée, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Côte-d'Or aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. D.
26. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :/ 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
27. Pour refuser au requérant, par ailleurs, connu sous de multiples identités, l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet de la Côte-d'Or s'est exclusivement fondé sur la menace à l'ordre public qu'il représente, ce que l'intéressé conteste. Cependant, il ressort des pièces du dossier que la fiche de signalement SIS-II dont M. D ne justifie ni même n'allègue avoir contesté les mentions auprès des autorités autrichiennes, fait état, au titre de ses " antécédents judiciaires " en Autriche, d'une " falsification de documents " ainsi que d'une " représentation pornographique de mineurs ". A, le requérant, qui ne dispose d'aucune " information du SNAES ", ne justifie de l'existence d'aucun classement sans suite par les autorités autrichiennes et se borne, ainsi qu'il a été dit au point 10, à se prévaloir d'un courriel interne aux services de l'OFPRA, n'apporte ainsi aucun élément sérieux susceptible de remettre en cause la réalité ou l'exactitude de ces faits ou de faire obstacle à ce que le préfet de la
Côte-d'Or prenne en compte une telle mention pour lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, en soutenant, sans nullement en justifier, qu'il n'aurait jamais été " arrêté, mis en examen ou condamné ", M. D ne remet pas sérieusement en cause leur matérialité. Dans ces conditions et sans qu'il soit besoin de procéder à la substitution de base légale et de motifs sollicitée en défense, le préfet de la Côte-d'Or a pu valablement se fonder sur ces éléments pour refuser d'octroyer au requérant un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
28. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre des décisions l'obligeant à quitter le territoire français sans délai ayant été écartés, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
29. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
30. Il résulte des dispositions précitées que, lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire. Aux termes de l'article L. 613-2 dudit code, les décisions d'interdiction de retour sont motivées.
31. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
32. En l'espèce, la décision vise et mentionne les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose de manière suffisante les motifs de fait sur lesquels elle se fonde et atteste de la prise en compte par le préfet de la Côte-d'Or de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
33. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision en litige ni des autres pièces du dossier que le préfet, qui n'était tenu ni de mentionner l'ensemble des éléments du dossier ni les éléments sur lesquels il ne s'est pas fondé, aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. D.
34. En dernier lieu, le requérant, qui s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre, ne fait valoir aucune circonstance humanitaire pouvant justifier que le préfet de la Côte-d'Or ne prononçât pas une interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs, son entrée sur le territoire français est récente et il ne justifie d'aucun lien particulier avec la France ni d'aucune intégration particulière. Dans ces conditions, en limitant à deux ans les effets de l'interdiction de retour prononcée à l'encontre de l'intéressé, alors que les dispositions précitées au point 29 permettent de l'étendre à une durée de trois ans, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
35. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 mars 2022. Il s'ensuit que ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte doivent être rejetée.
Sur la demande de suspension de la mesure d'éloignement :
36. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ".
37. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office. A l'appui de ses conclusions à fin de suspension, qui peuvent être présentées sans le ministère d'avocat, le requérant peut se prévaloir d'éléments apparus et de faits intervenus postérieurement à la décision de rejet ou d'irrecevabilité de sa demande de protection ou à l'obligation de quitter le territoire français, ou connus de lui postérieurement.
38. M. D soutient à cet égard avoir dénoncé les talibans aux autorités et a été victime de violences. L'OFPRA a notamment estimé, par une décision du 13 décembre 2021, que les propos et déclarations du requérant étaient " peu consistants ", " contradictoires ", voire " incohérentes et dénuées de crédibilité ", de sorte que la réalité des menaces alléguées n'est pas avérée. Dans le cadre de la présente instance, M. D se borne à reprendre son récit d'asile et à produire, outre son recours devant la Cour nationale du droit d'asile à l'encontre de la décision du 13 décembre 2021, des informations générales sur la situation en Afghanistan. Toutefois, ces seuls documents ne peuvent être regardés, compte tenu de leur nature et de leur teneur, comme des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de la demande d'asile présentée par l'intéressé, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, ses conclusions à fin de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement doivent être également rejetées.
Sur les frais d'instance :
39. Les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
40. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le préfet de la Côte-d'Or.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. D.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, au préfet de la
Côte-d'Or et à Me Fauveau Ivanovic. Copie en sera délivrée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Nicolas Delespierre, président,
- M. Sébastien Blacher, premier conseiller,
- Mme Karima Hunault, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
La rapporteure,
K. B
Le président,
N. Delespierre La greffière,
A. Roussillhe
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026