jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201415 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ZUPAN David |
| Avocat requérant | WECKERLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2022, M. C B, représenté par Me Weckerlin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a suspendu son permis de conduire pour une durée de quatre mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui restituer son titre de conduite valide dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est intervenu en méconnaissance du principe du contradictoire et du principe général des droits de la défense ;
- il méconnaît le principe de la présomption d'innocence ;
- il repose sur des faits dont la matérialité n'est pas établie et est dépourvu de fondement légal en ce que n'y figurent ni la voie de circulation, ni le point routier, ni le sens de la circulation, ni le lieu d'interpellation, et pas davantage l'indication de l'appareil cinémomètre utilisé ; la vitesse maximale autorisée, plus restrictive que celle prévue par le code de la route, devait faire l'objet d'un arrêté et d'une signalisation conformément aux dispositions des articles R. 413-14 et R. 411-25 du code de la route ;
- la mesure contestée est disproportionnée et ne tient aucun compte de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. A, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été intercepté par les services de la gendarmerie nationale de Bonneville le 7 mai 2022 en raison d'un excès de vitesse de plus de 40 kilomètres / heure. Par un arrêté en date du 9 mai 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de Saône-et-Loire a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme Marie-Christine Betting, secrétaire générale adjointe, qui disposait d'une délégation de signature à cet effet en vertu d'un arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 8 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " Lorsque le dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué et lorsque le véhicule est intercepté, les dispositions du présent article sont applicables au conducteur. () II. - La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois () ".
4. D'une part, la décision par laquelle un préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route est une mesure de police qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. En l'espèce, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions applicables du code de la route, notamment les articles L. 224-2, L. 224-6, L. 224-9 et R. 224-4, précise l'identité et l'adresse de M. B, relève que ce dernier a fait l'objet, le 7 mai 2022 à 9 heures 35 sur le territoire de la commune de Mercurey, d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour excès de vitesse d'au moins 40 kilomètres / heure, la vitesse retenue étant en l'occurrence de 127 kilomètres / heure pour une vitesse maximale autorisée de 80 kilomètres / heure, et que cette infraction justifie, eu égard au danger grave et immédiat que représente le conducteur pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même, une suspension provisoire pour une durée de quatre mois de son permis de conduire. Cette motivation est suffisante, quand bien même l'arrêté ne vise pas les dispositions pénales réprimant l'infraction en cause, ni ne précise la route, le point kilométrique et le sens de circulation concernés, non plus que le lieu d'interpellation et les références de l'appareil cinémomètre utilisé.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui a repris l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 invoqué par le requérant : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 121-2 du même code dispose que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; () ".
6. Compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 3° du code de la route, qui doit être prise dans les soixante-douze heures et qui a pour objet de faire obstacle à ce qu'un conducteur ayant commis un grave excès de vitesse retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement prendre cette décision en se dispensant de procédure contradictoire, conformément aux prévisions du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration. M. B reproche donc inutilement au préfet de la Saône-et-Loire de ne l'avoir pas préalablement invité à faire valoir ses observations.
7. En troisième lieu, la mesure de suspension provisoire prononcée par le préfet de Saône-et-Loire est une mesure de police administrative tendant à assurer le maintien de l'ordre public et de la sécurité des usagers de la route et non une décision juridictionnelle statuant en matière pénale. Il s'ensuit que M. B ne peut utilement invoquer à l'encontre de l'arrêté attaqué le principe de présomption d'innocence.
8. En quatrième lieu, si le requérant conteste la matérialité des faits, ceux-ci ont été consignés par les services de la gendarmerie dans l'avis de rétention du 7 mai 2022, lequel a été présenté au requérant, sans que son refus de le signer n'en affecte la valeur probante. Cet avis précise notamment que M. B a été contrôlé dans la commune de Mercurey, sur la route départementale n° 978, au point kilométrique 63.000, à la vitesse enregistrée, par appareil homologué, de 134 kilomètres / heure, la vitesse retenue étant de 127 kilomètres / heure. Les arguties de M. B tenant à la circonstance que ces précisions, non plus que le lieu de l'interception du véhicule et les références du cinémomètre, n'ont pas été reportées dans l'arrêté attaqué lui-même sont dépourvues de toute portée utile. M. B, par ailleurs, en se bornant à compiler les citations de jurisprudence, n'apporte pas le moindre élément susceptible de remettre en cause la réalité de l'infraction commise. Son allégation selon laquelle la portion de route concernée n'aurait pas fait l'objet d'une signalisation appropriée n'est pas davantage corroborée par les pièces du dossier. Le moyen ne peut dès lors qu'être écarté.
9. En cinquième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que le préfet de Saône-et-Loire aurait négligé, pour prendre l'arrêté en litige, de prendre en considération l'ensemble des faits et circonstances de la cause, y compris la situation du requérant.
10. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit, M. B a été verbalisé pour avoir circulé à 127 kilomètres / heure sur une portion de voie où la vitesse maximale autorisée était de 80 kilomètres / heure. Compte tenu de la gravité de cette infraction, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de Saône-et-Loire, eu égard à la nature et à la gravité de l'infraction commise par le requérant, a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 224-2 du code de la route.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du préfet de Saône-et-Loire du 9 mai 2022. Ses conclusions à fi d'injonction doivent également être rejetées, par voie de conséquence.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par M. B.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
Le président,
D. ALa greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026