mardi 17 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201641 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 2 JU |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 juin et 27 juillet 2022, Mme B A, représentée par la SCP Clemang, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Elle soutient que :
- sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est dépourvue de base légale dès lors que le préfet n'a pas statué sur sa demande de titre de séjour au titre de l'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 26 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Dijon, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes présentées en application des articles L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu lors de l'audience publique, le rapport de Mme C.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante indienne, est entrée irrégulièrement en France le 25 juillet 2019 et a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision du 28 janvier 2021, et le recours formé contre cette décision a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 16 juillet 2021. Par un arrêté du 7 juin 2022, dont la requérante demande l'annulation, le préfet de Saône-et-Loire l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application
des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".
3. En l'espèce, il est constant que la demande d'asile présentée par Mme A a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 28 janvier 2021 confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 16 juillet 2021, notifiée à l'intéressée le 21 juillet 2021. Dès lors, le préfet pouvait, en application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prononcer à l'encontre de la requérante une décision portant obligation de quitter le territoire français. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait dépourvue de base légale.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Mme A, ressortissante indienne, soutient qu'elle a quitté l'Inde pour rejoindre l'Allemagne accompagnée de son compagnon et de leurs deux enfants mineurs, qu'elle était, à cette période, victime de violences conjugales, qu'en Allemagne elle a rencontré M. A, ressortissant pakistanais, avec lequel elle s'est mariée religieusement en 2017 et que, harcelés au quotidien par son ancien compagnon, le couple est entré en France en juillet 2019 accompagné de ses deux enfants et que leur cellule familiale ne peut se reconstituer dans un autre pays dès lors que leur union n'est acceptée ni en Inde ni au Pakistan. Toutefois, la requérante, dont le séjour sur le territoire français était récent à la date de la décision attaquée, ne produit aucune pièce de nature à démontrer que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer dans un autre pays, notamment au Pakistan, pays à l'égard duquel elle n'établit pas ne pouvoir être admise ou en Inde, pays dans lequel elle n'établit pas que son époux ne serait pas admissible. Par ailleurs les circonstances que Mme A ait été victime de violences de la part de son ancien conjoint et père de ses enfants et qu'elle se serait convertie à l'Islam ne sont pas de nature à établir que sa famille ne pourrait s'établir dans l'un de ces deux pays. Mme A ne se prévaut d'aucune autre attache privée ou familiale sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Enfin, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
7. Mme A soutient que son époux élève ses enfants depuis des années et qu'il existe un risque que ceux-ci soit séparés de leur père adoptif. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, il n'est pas établi que Mme A et son époux ne pourraient reconstituer leur
cellule familiale en Inde ou au Pakistan ou dans tout autre pays dans lequel ils seraient légalement admissibles. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention précitée doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
8. L'arrêté attaqué dispose que Mme A pourra être éloignée d'office à destination de l'Inde ou de tout autre pays dans lequel elle est légalement admissible. A la date à laquelle l'arrêté attaqué a été édicté, le préfet de Saône-et-Loire avait prononcé à l'égard de M. A une mesure d'éloignement à destination du Pakistan. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que la décision par laquelle le préfet a fixé le pays à destination duquel elle peut être reconduite créé un risque de séparation du couple et méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
9. Mme A qui se borne à soutenir que la décision prononçant à son égard une interdiction de retour sur le territoire français n'est pas justifiée et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation n'assorti pas ce moyen de précision suffisante permettant au magistrat désigné d'en apprécier le bienfondé. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a fixé le pays à destination duquel Mme A pourra être éloignée d'office est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de Saône-et-Loire.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.
La magistrate désignée,
N. CLa greffière,
T. MATEOS-JOBARD
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026