mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201649 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DROUOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 juin 2022, le 13 avril 2023, le 14 avril 2023 et le 16 mai 2023, M. C F et l'exploitation agricole à responsabilité limitée des Malots, représentés par Me Heusele, demandent au tribunal en dernier lieu :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 14 avril 2022 du préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté portant autorisation d'exploiter au titre du contrôle des structures agricoles au profit de M. G E ;
2°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le préfet n'a pas recherché si l'opération était de nature à compromettre l'exploitation du preneur en place, en application des dispositions du 2° de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime ; la reprise porte atteinte à la viabilité du preneur ; comme le montre l'étude du cabinet d'expertise-comptable, l'exploitation de M. F ne sera plus viable si l'opération de reprise est menée à terme ; les bâtiments d'habitation et d'exploitation sont indispensables au bon fonctionnement de l'exploitation et donc stratégiques au sens des articles 1 et 5 du SDREA ; l'activité de vaches allaitantes devra cesser ainsi que l'activité de vente directe de colis de viande dès lors que le troupeau est rentré dans les bâtiments d'exploitation pendant l'hiver ; l'activité d'engraissement des veaux devra cesser dès lors qu'il n'aura plus d'accès direct au bâtiment d'engraissement et qu'il sera privé du hangar attenant ; compte tenu de ces conséquences, sa surface pondérée sera inférieure à la dimension économique viable de référence ;
- le préfet n'a pas recherché si l'opération de reprise était susceptible d'entraîner une réduction du nombre d'emplois salariés ou non-salariés au sens du 4° de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors que l'EARL des Malots n'a pas d'activité d'engraissement de bovins d'un à deux ans mais seulement une activité d'engraissement de veaux qui arrivent à 8 jours et restent 140 jours au sein de l'exploitation ;
- le préfet a retenu à tort une surface pondérée de 363 ha concernant cette activité ; sa surface pondérée totale avant reprise est ainsi de 197,85 ha et non de 560,85 ha ; l'EARL des Malot, qui a la qualité de preneur en place, devait bénéficier d'un rang de priorité n° 2.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 février 2023 et le 29 mars 2023, le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- M. F et l'EARL des Malots ne sauraient invoquer la qualité de preneurs en place pour justifier leur intérêt à agir ; leur intérêt à agir ne sera pas dénié en tant que candidat à l'exploitation de ces terres ;
- M. F ne disposait plus de baux ruraux sur les terres faisant l'objet de la demande ;
- le moyen tiré de l'absence de prise en considération du motif prévu par le 4° de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime sera écarté dès lors que la demande ne s'inscrivait pas dans le cadre de la mise à disposition de terres à une société ;
- à titre principal, il ne pouvait tenir compte de la qualité de preneur en place dès lors que le jugement du tribunal paritaire des baux ruraux prononçant le sursis à statuer est postérieur à la décision ; il n'est pas en situation de procéder au retrait ou à l'abrogation de la décision querellée ;
- à titre secondaire, la qualité de preneur en place n'a aucune conséquence sur le rang de priorité ; la situation du preneur ne correspond à aucun des cas de remise en cause de la viabilité du preneur en place prévus par le schéma directeur régional ; la qualité de preneur en place n'est en tout état de cause pas de nature à justifier un refus d'autorisation ;
- la décision n'aura pas d'effet dès lors que M. E ne saurait conclure un bail avec la société propriétaire alors que le congé a été donné à l'EARL des Malots en vue d'une exploitation par la société elle-même.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 avril 2023 et le 12 mai 2023, M. G E, représenté par la SAS Drouot Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. F et de l'EARL des Malots au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'EARL des Malots a la qualité de preneur en place dès lors qu'elle était bénéficiaire de la mise à disposition des terres lorsque le préfet a réceptionné la demande d'autorisation d'exploiter ;
- l'étude économique est obsolète et ne prend pas en compte un atelier d'élevage de bovins allaitants ; M. F est propriétaire de 2 500 m2 de terrain et d'un bâtiment d'engraissement à veaux sur la parcelle A 69 ; il n'est pas démontré que l'opération en cause compromettrait la viabilité de l'exploitation ; les bâtiments ne peuvent être considérés comme stratégiques au sens du SDREA ;
- M. E n'entend nullement mettre les terres reprises à disposition d'une société ; le préfet n'avait pas à tenir compte de la présence de salariés et encore moins de la prétendue suppression de leurs emplois dès lors que ces emplois n'ont pas une antériorité d'un an à compter du dépôt de la demande d'autorisation ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 15 mai 2023 que cette affaire était susceptible, à compter du 5 juin 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 26 juillet 2023 par une ordonnance du même jour.
En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des pièces produites pour M. F et l'EARL des Malots en réponse à une demande du tribunal ont été enregistrées le 4 août 2023 et le 14 août 2023 et communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Hascoët,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public,
- les observations de Me Monnier, représentant M. E et les observations de Me Heusele, représentant l'EARL des Malots et M. F.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile agricole et immobilière (SCAI) du Domaine d'Ordon, M. A H et Mme B H ont donné à bail rural à M. D F et son épouse une ferme sise à Saint-Loup d'Ordon et Saint-Martin d'Ordon (Yonne) comprenant des parcelles de terres d'une contenance totale de 115 hectares et 42 centiares pour une durée de onze ans à compter du 30 octobre 1992. Compte tenu de l'installation de M. C F et du départ à la retraite de son père, ces terres ont fait ensuite l'objet de deux baux de long terme au profit de M. C F, associé de l'EARL des Malots, à compter du 18 mars 2000 et du 1er novembre 2003. La SCAI du Domaine d'Ordon, devenue seule propriétaire des terres à la suite d'un apport du 10 septembre 2004, a donné congé aux fins de reprise par la société de 20 ha 63 a 30 ca de terres avec effet au 1er mars 2018, par un acte du 3 août 2016 qui a été contesté devant le tribunal paritaire des baux ruraux de Sens, puis devant la cour d'appel de Paris et enfin devant la Cour de cassation. Par un autre acte du 17 avril 2020, la SCAI du Domaine d'Ordon a donné congé aux fins de reprise du fonds loué au terme du bail du 13 décembre 2003, avec effet au 1er novembre 2021, au profit de la société, en vue de l'exploitation par M. G E, associé minoritaire. Ce deuxième congé a été contesté devant le tribunal paritaire des baux ruraux de Sens qui a sursis à statuer par un jugement du 10 janvier 2023. Par un arrêté du 14 avril 2022, le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté a autorisé M. G E à exploiter les terres précédemment prises à bail par M. F, soit une surface totale de 114 ha 88 a 02 ca. Par leur requête, M. C F et l'EARL des Malots demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur l'intérêt à agir :
2. Le preneur en place justifie d'un intérêt lui donnant qualité à agir contre l'autorisation donnée à un autre exploitant d'exploiter les parcelles qu'il loue, même s'il ne s'est pas porté candidat pour obtenir l'autorisation d'exploiter ces terres en application des articles L. 331-1 et suivants du code rural et de la pêche maritime. Pour l'application de cette règle, le preneur auquel il a été donné congé mais dont la contestation du congé est pendante devant le juge compétent doit être regardé comme ayant le même intérêt pour agir contre une autorisation d'exploiter donnée à un nouvel exploitant.
3. Si le préfet soutient que M. F et l'EARL des Malots ne sauraient invoquer la qualité de preneurs en place au motif qu'ils avaient reçu congé des baux avec effet à une date antérieure à la décision attaquée, il ressort des pièces du dossier que les deux congés concernés avaient fait l'objet de recours devant le juge compétent qui n'avait pas statué de manière définitive à la date d'introduction de la requête. En outre, au surplus, comme le reconnaît le préfet, M. F et l'EARL des Malots étaient également candidats à l'exploitation des terres. Par suite, M. F et l'EARL des Malot ont un intérêt à agir contre l'arrêté du 14 avril 2022 autorisant M. E à exploiter les terres en litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime : " I.- L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; / 2° Lorsque l'opération compromet la viabilité de l'exploitation du preneur en place () ".
5. Il résulte de ces dispositions que le préfet, saisi d'une demande d'autorisation d'exploiter des terres déjà mises en valeur par un autre agriculteur, doit, pour statuer sur cette demande, d'une part, observer l'ordre des priorités établi par le schéma directeur régional des structures agricoles entre la situation du demandeur et celle du preneur en place, alors même que celui-ci n'a déposé aucune demande en ce sens et, d'autre part, le cas échant, mettre en œuvre les critères de départage en cas d'égalité.
6. D'autre part, aux termes du 3° de l'article L. 331-1-1 du code rural et de la pêche maritime : " Pour déterminer la superficie totale mise en valeur, il est tenu compte de l'ensemble des superficies exploitées par le demandeur, sous quelque forme que ce soit et toutes productions confondues, en appliquant les équivalences fixées par le schéma directeur régional des exploitations agricoles pour les différents types de production. () ". Aux termes de l'article
L. 312-1 du même code : " () II.-Le schéma directeur régional des exploitations agricoles fixe, compte tenu des orientations mentionnées au I du présent article, le seuil de surface au-delà duquel l'autorisation d'exploiter est requise () Le schéma directeur régional des exploitations agricoles détermine des équivalences à la surface agricole utile régionale moyenne, par type de production, en particulier pour les productions mentionnées à l'article L. 641-5 et pour les ateliers de production hors sol. () IV.-Le schéma directeur régional des exploitations agricoles fixe les critères servant à l'appréciation de la dimension économique et de la viabilité des exploitations concernées par la demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2. Il précise les critères au regard desquels une opération conduit à un agrandissement ou à une concentration d'exploitations excessifs de nature à diminuer la diversité des productions et le nombre d'emplois des exploitations concernées pour l'application de l'article L. 331-1 et du 3° du I de l'article L. 331-3-1. / V.-Pour l'application du présent article, sont considérées comme concernées par la demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 les exploitations agricoles du demandeur, des autres candidats à la reprise et celle du preneur en place () ".
7. Aux termes de l'article 1er du schéma directeur régional des exploitations agricoles de Bourgogne-Franche-Comté (SDREA) arrêté le 12 octobre 2021 : " () preneur en place : exploitant agricole individuel, ou personne morale, mettant en valeur, à titre exclusif ou non, une exploitation agricole en qualité de titulaire de tout bail rural sur les terres de ladite exploitation () / Dimension économique d'une exploitation : elle s'apprécie notamment au regard des superficies exploitées, des activités principales envisagées et des productions choisies sur la base des équivalences de productions, renseignées en annexe 3 du présent arrêté () ". Aux termes de l'article 5 de ce schéma : " () pour l'application, notamment de l'article L. 331-1 1° et de l'article 3 du présent arrêté, la dimension économique viable (DEV) à encourager d'une exploitation est exprimée en Surface Agricole Utile pondérée (SAUp) par Unité de Travail Actif (UTA). / En Bourgogne-Franche-Comté, la dimension économique viable des exploitations est fixées à 110 ha de Surface agricole Utile pondérée par Unité de Travail Actif. / La situation du candidat à la reprise de foncier au regard de la DEV est appréciée après application des équivalences listées en annexe 3, et selon la méthodologie précisée dans cette même annexe. () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté a retenu que la surface agricole utile pondérée par unité de travail actif de l'EARL des Malots s'établissait à 329,9118 ha/UTA en considérant 42,17 ha de prairies, 175,85 ha de surfaces en céréales et protéagineux, 20 vaches allaitantes et 330 veaux d'engraissement, soit 560,85 ha de surface pondérée pour 1,7 unité de travail actif. Toutefois, comme le font valoir les requérants, l'annexe 3 du SDREA intitulée " équivalences relatives au calcul de la dimension économique " ne prévoit s'agissant des bovins, hors élevage laitier et élevage allaitant, que les " bovins lait de 1 à 2 ans (mâles à l'engraissement) " en retenant une pondération de 11 pour 10 têtes. Ainsi, aucune équivalence n'est prévue par cette annexe pour l'élevage de veaux, lesquels ont moins d'un an. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le préfet a surestimé la surface agricole utile pondérée de l'EARL des Malots et que celle-ci devait être fixée à 197,85 ha soit 116,3823 ha / UTA. Si M. E soutient en défense que le préfet aurait retenu à tort l'existence d'un emploi salarié alors que cet emploi n'aurait pas l'antériorité requise par le SDREA, il ressort du contrat d'apprentissage produit que celui-ci a débuté le 1er novembre 2020, soit plus d'un an avant la demande de M. E, datée du 4 novembre 2021.
9. Il est constant que M. F était titulaire de deux baux ruraux sur les parcelles faisant l'objet de la demande d'autorisation d'exploiter qu'il mettait en valeur depuis de nombreuses années de manière régulière au regard du contrôle des structures. Si la SCAI du domaine d'Ordon lui a notifié deux congés avec effet respectivement le 1er mars 2018 et le 1er novembre 2021, il ressort des pièces du dossier que ces deux congés ont fait l'objet d'une contestation et que la juridiction compétente n'avait pas définitivement statué sur la validité de ces congés à la date de la décision attaquée. Le tribunal paritaire des baux ruraux de Sens a d'ailleurs sursis à statuer sur la validité du deuxième congé postérieurement à la décision attaquée. Ainsi, M. F est fondé à soutenir qu'il avait la qualité de preneur en place au sens des dispositions citées au point 7 à la date de la décision attaquée et que le préfet, qui n'ignorait au demeurant pas l'existence des recours formés à l'encontre des congés, aurait dû analyser sa situation comme celle d'un preneur en place et non d'un simple demandeur concurrent.
10. Le tableau figurant à l'article 3 du SDREA relatif à l'ordre de priorités prévoit, pour un preneur en place dont la SAUp/UTA est comprise entre moins de 110 ha /UTA et 165 ha/UTA, ce qui correspond à la situation des requérants, une priorité 1. Il est par ailleurs constant que la demande de M. E relevait du rang de priorité 1 pour 10,9357 ha seulement et du rang de priorité 3 pour 103,9445 ha. Ainsi, les requérants sont fondés à soutenir que le préfet a commis une erreur d'appréciation en considérant que leur situation relevait d'une priorité 5 et que la demande de M. E répondait à un rang de priorité supérieur au leur. Il appartenait au préfet de départager les deux demandes relevant du rang de priorité 1 par application des critères fixés à l'article 5 du SDREA et de constater pour le surplus que la situation du preneur relevait d'un rang de priorité supérieur.
11. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision attaquée doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. F et de l'EARL des Malot, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans l'instance, au titre des frais exposés par M. E et non compris dans les dépens. Il y a lieu de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par M. F et l'EARL des Malot et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté du 14 avril 2022 portant autorisation d'exploiter au profit de M. G E est annulé.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à M. F et à l'EARL des Malots en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par M. E sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C F, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée des Malots, à M. G E et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie sera adressée au préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Nicolet, président,
M. Irénée Hugez, premier conseiller,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
P. Hascoët
Le président,
P. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026