jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201667 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | NICOLET Philippe |
| Avocat requérant | MARTIN HAMIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 27 juin, 7 juillet et 17 septembre 2022, M. A C, représenté par Me Martin Hamidi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un titre provisoire de séjour, de procéder au réexamen de sa situation administrative dans un délai d'un mois et de lui délivrer un titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat à verser à son avocat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît son droit à un recours effectif et suspensif ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions du 4° et du 9e de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'ensemble des moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Nicolet, magistrat désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant arménien né le 13 septembre 1980, est entré régulièrement sur le territoire français le 3 octobre 2021, munie d'un visa C de court séjour, accompagné de son épouse et de leurs quatre enfants. Il a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 mars 2022. Par un arrêté du 20 juin 2022, le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Par une décision du 26 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon, M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
4. Par un arrêté du 15 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Saône-et-Loire du 15 septembre 2021, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme Anne Magnaval, conseillère d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, directrice de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer les décisions d'obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées, qui manque en fait, doit, pour ce motif, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, la décision d'éloignement contestée, qui indique qu'elle est prise en application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne notamment que la demande d'asile du requérant a fait l'objet d'une procédure accélérée en application de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'Arménie est considérée comme un pays d'origine sûr, que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande par décision du 29 mars 2022 et qu'au regard des articles L. 531-24 et L. 542-3 du même code l'intéressé ne disposait plus du droit au maintien sur le territoire français. La décision portant obligation de quitter le territoire français, qui comporte l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
6. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision attaquée ne porte pas atteinte au droit à un recours effectif alors que l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui permet, à l'occasion du recours formé contre l'obligation de quitter le territoire français, qui présente un caractère suspensif, de formuler des conclusions aux fins de suspension de la mesure d'éloignement afin que le ressortissant étranger puisse demeurer sur le territoire national jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile statue sur son recours. Le ressortissant étranger peut ainsi faire valoir en temps utile les risques qu'il estime encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, en édictant à l'encontre de M. C une obligation de quitter le territoire français alors qu'un recours était pendant devant la Cour nationale du droit d'asile à l'encontre de la décision par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile, le préfet n'a pas méconnu le droit du requérant à un recours effectif, tel que garanti par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 47 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune pièce du dossier que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de M. C avant de prendre à son encontre la décision contestée.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, () ". Par ailleurs l'article L. 542-2 du même code dispose que " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ". Aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ". Enfin, en vertu d'une décision du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides adoptée le 9 octobre 2015, l'Arménie est au nombre des pays d'origine sûrs.
9. En vertu de ces dispositions combinées, M. C, dont la demande d'asile a été instruite selon la procédure accélérée, n'avait plus de droit au maintien sur le territoire à compter de la notification de la décision du 29 mars 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant sa demande. Dans ces conditions, le préfet, qui a considéré que les risques de traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'étaient pas établis, pouvait, sans commettre d'erreur de droit, obliger le requérant, en application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à quitter le territoire français.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.".
11. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'il envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un ressortissant étranger dont la demande d'asile a été rejetée, le préfet doit s'assurer que la situation de l'intéressé n'entre dans aucun des cas listés à l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. En l'espèce, si le requérant justifie souffrir de troubles psychosomatiques de nature post-traumatique en produisant un certificat médical du 6 juillet 2022 et l'attestation d'un psychologue du 23 mai 2022, il ne ressort pas des termes de ces documents que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
13. En sixième et dernier lieu, M. C soutient que son droit au respect de sa vie privée et familiale en France faisait obstacle à ce que le préfet prononce une obligation de quitter le territoire français à son encontre. Le requérant, qui ne peut utilement invoquer l'acquiescement aux faits allégués en présence d'une défense produite par le préfet, produit des attestations qui démontrent qu'il suit des cours de français, que son couple est attaché à la réussite scolaire de leurs enfants, qu'il veille à la qualité de leur éducation et que sa famille est appréciée par son entourage pour ses qualités humaines. Ces circonstances sont cependant insuffisantes, en l'espèce, pour considérer que le requérant a établi en France, compte tenu notamment de la durée de son séjour sur le territoire français, et alors que son épouse fait l'objet d'un jugement du même jour rejetant le recours qu'elle a formé contre la décision identique prise à son encontre par le préfet de Saône-et-Loire, des liens personnels et familiaux d'une intensité, ancienneté et stabilité telles que la décision en litige devrait être regardée comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Dans ces conditions, et dès lors notamment que la décision contestée n'a ni pour objet ni pour effet de porter atteinte à l'unité de la cellule familiale du requérant, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, la décision litigieuse vise les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et mentionne que le requérant, de nationalité arménienne, ne produit pas de documents probants établissant que sa vie serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine, ni même qu'il serait exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et qu'ainsi la décision qui lui est opposée ne contrevient pas aux stipulations de son article 3. Dès lors que la décision contestée comporte l'énoncé suffisant des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
15. En second lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Ce dernier texte énonce que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
16. M. C soutient que son retour en Arménie l'exposerait à des traitements contraires aux textes susvisés dès lors qu'il aurait été condamné à une peine de cinq ans d'emprisonnement en Arménie en raison de sa participation à des actions d'opposition au gouvernement, qu'il y aurait subi des violences graves et que son frère y purgerait une peine de dix ans d'emprisonnement. Toutefois, si le requérant peut être regardé comme justifiant de sa participation à des manifestations protestant contre l'action conduite par le gouvernement arménien, il ne justifie pas de la condamnation qu'il allègue par la seule production d'une convocation judiciaire à une audience pénale du 24 mars 2022 et d'un courrier de son avocat du 20 mai 2022 faisant état d'une condamnation qui aurait été prononcée à son encontre à une peine d'emprisonnement de cinq ans et quatre mois en application des articles 300-1 et 112 du code pénal de la République d'Arménie, et qui mentionne également la détention de son frère dans un établissement pénitentiaire. Les trois attestations de témoins faisant état de l'arrestation du requérant qui serait intervenue le 12 novembre 2020, conduite par cinq personnes masquées qui avaient la qualité de fonctionnaires de sécurité nationale de la République d'Arménie, sont peu circonstanciées et dépourvues de valeur probante alors que, dans le récit que le requérant a exposé auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, l'intéressé a indiqué qu'il avait été libéré deux jours après l'interpellation ainsi alléguée, avec le concours d'un avocat, sans cependant ni mentionner à cette occasion aucun fait prohibé par l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales lors de cette détention provisoire dont la réalité n'est pas établie, ni préciser les raisons pour lesquelles son frère aurait pour sa part été inculpé. Le requérant produit également quatre attestations de témoins faisant état d'une violente agression physique, commise dans la rue, par trois hommes dont il aurait été victime le 16 novembre 2020.Toutefois, ces attestations, qui ne sont pas datées, sont rédigées en des termes voisins et peu circonstanciés, et aucune justification n'est produite par le requérant qui serait de nature à établir que l'agression ainsi alléguée serait en lien avec ses opinions politiques, alors que l'intéressé s'est abstenu d'en faire mention dans le récit qu'il a exposé auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, lequel n'évoque qu'une agression dont il aurait été victime à son magasin le 15 décembre 2020 à la suite d'une nouvelle participation à une manifestation contre le gouvernement. Si le requérant justifie souffrir de troubles psychosomatiques en produisant un certificat médical du 6 juillet 2022 et l'attestation d'un psychologue du 23 mai 2022, lesquels mentionnent que l'intéressé souffre d'un état de stress post-traumatique en lien avec des événements survenus en Arménie tels qu'ils leur ont été relatés par M. C, soit sa participation à des actions de combat armé pour lesquelles il s'est porté volontaire dans le cadre du conflit né entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et des brutalités policières, ces seuls documents sont insuffisants pour établir que le requérant, qui ne peut utilement invoquer des événements postérieurs à la décision contestée relatifs au conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, serait personnellement exposé à des risques pour sa vie ou sa sécurité en cas de retour en Arménie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des textes précités ne peut être accueilli.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
18. Le préfet de Saône-et-Loire, en prononçant à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, n'a, compte tenu de la durée de la présence de l'intéressé sur le territoire français et de l'absence de toute insertion et de tout lien familial en France, outre son épouse et ses quatre enfants qui se trouvent dans la même situation administrative, nullement méconnu les dispositions précitées des articles L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors même que la présence de l'intéressé sur le territoire français ne représenterait pas une menace pour l'ordre public et qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée par M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. C à fin d'admission, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Martin Hamidi.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
P. BLa greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026