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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201718

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201718

jeudi 17 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201718
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantBEN HADJ YOUNES SANA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er juillet 2022, M. B A, représenté par Me Ben Hadj Younes, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel le préfet de l'Yonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans le même délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant du refus de titre de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors qu'il appartenait au préfet de vérifier si son visa ne valait pas titre de séjour au sens de la législation italienne ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait son droit à mener une vie privée et familiale normale ;

- elle est illégale, en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour sur lequel elle se fonde ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision sera annulée par voie de conséquence.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er septembre 2022, le préfet de l'Yonne, représenté par Me Cano, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Ben Hadj Younes, représentant M. A et les observations de Me Ioannidou, représentant le préfet de l'Yonne.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 28 mars 1985, déclare être entré en France en mai 2018, sous couvert d'un visa long séjour pour l'Italie délivré par les autorités consulaires italiennes, valable du 26 avril 2018 au 4 février 2019. Il a épousé le 12 janvier 2019 une ressortissante française et a aussitôt déposé une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français. Cette demande a été rejetée par le préfet de l'Yonne, qui a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. En dépit du rejet de son recours en annulation tant par le tribunal par jugement n° 1903667 du 8 octobre 2020 que par un arrêt n° 21LY00168 de la cour administrative d'appel de Lyon le 18 novembre 2021, cet arrêté n'a pas été exécuté. Le 5 mars 2021, il a de nouveau sollicité un titre de séjour en qualité de conjoint de française. Par l'arrêté attaqué du 1er juin 2022, le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être éloigné d'office.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à plusieurs décisions :

2. L'arrêté attaqué vise notamment les articles L. 423-2 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il rappelle, avec un degré de précision suffisant, la situation administrative, matrimoniale, familiale et personnelle de M. A. Ainsi, l'arrêté en cause énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et qui permettent au requérant de connaître et de comprendre sa base légale, ainsi que ses motifs. Si M. A soutient que le préfet de l'Yonne n'a pas examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette circonstance est sans la moindre incidence sur la régularité formelle de l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne le surplus des moyens dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision portant refus de titre de séjour, motivée ainsi qu'il a été dit ci-dessus, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de l'Yonne n'aurait pas, préalablement à son édiction, procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A, ni davantage qu'il se serait estimé, à tort, en situation de compétence liée. L'erreur de droit alléguée doit, dès lors, être écartée.

4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". Aux termes de l'article L. 412-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Enfin, aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la délivrance de plein droit d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à un étranger marié avec une ressortissante de nationalité française n'est dispensée de la production d'un visa de long séjour qu'à la triple condition que le mariage ait été célébré en France, que l'étranger justifie d'une vie commune et effective de six mois en France et qu'il soit entré régulièrement sur le territoire français.

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'entrée de M. A sur le territoire français : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : / 1° Des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur () ". Aux termes de l'article L. 211-2-1 du même code, alors en vigueur : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour. La durée de validité de ce visa ne peut être supérieure à un an ".

7. En outre, aux termes de l'article 21 de la convention d'application de l'accord de Schengen du 14 juin 1985 signée le 19 juin 1990 : " 1. Les étrangers titulaires d'un titre de séjour délivré par une des Parties Contractantes peuvent, sous le couvert de ce titre ainsi que d'un document de voyage, ces documents étant en cours de validité, circuler librement pendant une période de trois mois au maximum sur le territoire des autres Parties Contractantes, pour autant qu'ils remplissent les conditions d'entrée visées à l'article 5, paragraphe 1, points a), c) et e), et qu'ils ne figurent pas sur la liste de signalement nationale de la Partie Contractante concernée ". En vertu de l'article 6 du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016, lequel a remplacé l'article 5 précité : " 1. Pour un séjour prévu sur le territoire des États membres, d'une durée n'excédant pas 90 jours sur toute période de 180 jours, ce qui implique d'examiner la période de 180 jours précédant chaque jour de séjour, les conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes: / a) être en possession d'un document de voyage en cours de validité autorisant son titulaire à franchir la frontière qui remplisse les critères suivants: / i) sa durée de validité est supérieure d'au moins trois mois à la date à laquelle le demandeur a prévu de quitter le territoire des États membres. D, en cas d'urgence dûment justifiée, il peut être dérogé à cette obligation; / ii) / il a été délivré depuis moins de dix ans; () / c) justifier l'objet et les conditions du séjour envisagé, et disposer de moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans leur pays d'origine ou le transit vers un pays tiers dans lequel leur admission est garantie, ou être en mesure d'acquérir légalement ces moyens; () / e) ne pas être considéré comme constituant une menace pour l'ordre public, la sécurité intérieure, la santé publique ou les relations internationales de l'un des États membres et, en particulier, ne pas avoir fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans les bases de données nationales des États membres pour ces mêmes motifs ". Selon l'article 22 de cette même convention : " 1. Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des Parties Contractantes sont tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque Partie Contractante, aux autorités compétentes de la Partie Contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. Cette déclaration peut être souscrite au choix de chaque Partie Contractante, soit à l'entrée, soit, dans un délai de trois jours ouvrables à partir de l'entrée, à l'intérieur du territoire de la Partie Contractante sur lequel ils pénètrent ". L'article R. 211-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, dispose : " La déclaration obligatoire () est, sous réserve des dispositions de l'article R. 212-6, souscrite à l'entrée sur le territoire métropolitain par l'étranger qui n'est pas ressortissant d'un Etat membre de la Communauté européenne et qui est en provenance directe d'un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 ". Aux termes de l'article R. 211-33 du même code : " La déclaration d'entrée sur le territoire français est souscrite auprès des services de la police nationale ou, en l'absence de tels services, des services des douanes ou des unités de la gendarmerie nationale. / A cette occasion, un récépissé est remis à l'étranger. Il peut être délivré par apposition d'une mention sur le document de voyage. / L'étranger assujetti à l'obligation de déclaration doit être en mesure de justifier, à toute réquisition des agents de l'autorité, qu'il a satisfait à cette obligation, par la production de ce récépissé () ". Selon l'article R. 212-6 de ce code : " L'étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse n'est pas astreint à la déclaration d'entrée sur le territoire français : / 1° S'il n'est pas assujetti à l'obligation du visa pour entrer en France en vue d'un séjour d'une durée inférieure ou égale à trois mois ; / 2° Ou s'il est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, d'une durée supérieure ou égale à un an, qui a été délivré par un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 ; D, la déclaration doit être souscrite par les résidents d'Etats tiers qui sont désignés par arrêté du ministre chargé de l'immigration ". Enfin, aux termes de l'annexe de l'arrêté du 9 mars 1995 relatif à la déclaration d'entrée sur le territoire français : " () Cette déclaration concerne les étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne qui sont soumis à l'obligation de visa pour entrer en France en vue d'un court séjour et qui ne sont pas titulaires d'un titre de séjour d'une durée supérieure ou égale à un an délivré par l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas ou le Portugal () ". Il résulte de ces dispositions que l'exemption de déclaration prévue à l'article R. 212-6 ne concerne pas les ressortissants de pays tiers entrant en France en vue d'un court séjour et titulaires d'un titre de séjour délivré par l'Italie.

8. Enfin, l'article 21 de la convention signée de Schengen du 14 juin 1985 prévoit que les étrangers titulaires d'un titre de séjour délivré par une des parties contractantes peuvent, sous couvert de ce titre et d'un document de voyage en cours de validité, circuler librement pendant une période de trois mois au maximum sur le territoire des autres parties contractantes. Selon l'article 22 de cette convention, les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des parties contractantes sont tenus de se déclarer dans les conditions fixées par chaque partie contractante, aux autorités compétentes de l'Etat sur le territoire duquel ils pénètrent. La déclaration prévue par l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen, et dont le caractère obligatoire résultait, à la date de l'entrée sur le territoire français de M. A, de l'article L. 531-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, conditionne la régularité de l'entrée en France de l'étranger soumis à l'obligation de visa et en provenance directe d'un Etat partie à cette convention qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire.

9. M. A, qui n'était pas muni du visa de long séjour délivré par les autorités françaises, fait valoir qu'il est entré en France muni d'un visa " travail salarié " de type D, délivré par les autorités italiennes, à entrées multiples, valable pour un séjour de 270 jours maximum pour la période du 26 avril 2018 au 4 février 2019. D, si le requérant soutient être entré en France au mois de mai 2018 en provenance d'Italie, il n'en justifie par aucune des pièces au dossier. En outre, M. A ne démontre ni même n'allègue avoir souscrit la déclaration d'entrée sur le territoire français prévue par l'article L. 531-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, c'est sans erreur de droit que le préfet de l'Yonne a estimé qu'il ne justifiait pas d'une entrée régulière sur le territoire français.

10. En dernier lieu, M. A, qui ne justifie d'aucune insertion particulière, se borne à faire valoir sans même en justifier qu'il est présent en France depuis plus de quatre ans à la date de la décision attaquée et qu'il a épousé en janvier 2019 une ressortissante française ayant " des enfants mineurs ". D, il ressort des pièces du dossier qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français et a fait l'objet, le 28 novembre 2019, d'une obligation de quitter le territoire français, qu'il n'a pas exécutée. A cet égard, les intéressés ne pouvaient ignorer, dès le début de leur relation, que leurs perspectives communes d'établissement en France étaient incertaines, en l'absence d'un droit au séjour de M. A. Ce dernier, ne justifie entretenir aucun lien particulier avec les enfants de son épouse. Par ailleurs, le requérant n'est pas dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine où il a vécu l'essentiel de sa vie et où il ne conteste pas que résident ses parents. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision de refus de séjour sur la situation personnelle de M. A doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du refus de titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne le surplus des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

13. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

14. Pour les motifs exposés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'atteinte disproportionnée au droit du requérant à mener une vie privée et familiale normale doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

16. Les moyens invoqués à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre celle fixant le pays de renvoi.

17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er juin 2022. Il s'ensuit que ses conclusions à fins d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par le préfet de l'Yonne.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de l'Yonne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Yonne et à Me Ben Hadj Younes. Copie en sera délivrée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Nicolas Delespierre, président,

- M. Sébastien Blacher, premier conseiller,

- Mme Karima Hunault, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.

La rapporteure,

K. C

Le président,

N. Delespierre

La greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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