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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201765

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201765

mardi 12 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201765
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationREFERE
Avocat requérantSCP DU PARC CURTIL & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juillet 2022 et un mémoire de pièce enregistré le 11 juillet 2022, Mme G, représentée par Me Dandon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'assignée à résidence pour une durée de 45 jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros, à verser à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il appartient au préfet de justifier de la régularité de la délégation de signature ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- cette décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- cette décision méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- il n'existe aucun risque de fuite ;

- la fréquence des convocations est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de la requérante en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 11 juillet 2022 à 15 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Ombredane, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Ach, magistrat désigné ;

- les observations de Me Dandon, représentant Mme E, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans ses écritures et insisté sur l'état de santé de son époux ;

- et les observations de Mme F, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans ses écritures et rappelé que les certificats médicaux relatifs à l'état de santé de l'époux de la requérante ont déjà été produits dans le cadre de précédentes instances.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

La pièce produite pour Mme E le 12 juillet 2022 n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante albanaise née le 15 novembre 1976, serait entrée en France le 19 mars 2019, accompagnée de son mari et de leur enfant mineur. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 15 avril 2020. Par arrêté du 25 novembre 2020, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par décision du 26 mars 2021, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a rejeté le recours formé contre la décision de l'OFPRA du 15 avril 2020. Par arrêté du 17 octobre 2020, Mme D a été assignée à résidence pour une durée de 45 jours. Par un jugement n° 2003410 du 14 avril 2021, la magistrate désignée du tribunal a rejeté les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignation du pays de renvoi. Par décision du 12 mai 2021, l'OFPRA a rejeté pour irrecevabilité la demande de réexamen de la demande d'asile présentée par la requérante. Par jugement n° 2003410 du 9 juillet 2021, la magistrate désignée du tribunal administratif de Dijon a rejeté les conclusions de Mme E tendant à l'annulation du refus d'admission au séjour au titre de l'asile contenu dans l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 25 novembre 2020. Par ordonnance du 30 août 2021, la CNDA a rejeté le recours formé contre la décision de l'OFPRA du 12 mai 2021. Par arrêté du 5 novembre 2021, le préfet de la Côte-d'Or a prononcé à l'encontre de Mme E une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un jugement n° 2103017 du 18 février 2022, le magistrat désigné du tribunal a rejeté les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante contre ledit arrêté. Par deux arrêtés du 4 juillet 2022 dont Mme E demande l'annulation, le préfet de la Côte-d'Or l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Albanie comme pays de destination, lui a fait interdiction de retourner en France pour une durée d'un an et l'assignée à résidence dans la commune de Dijon pour une durée de 45 jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme E.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions litigieuses :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, par un arrêté du 9 mars 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial n°21-2022-020 le 11 mars 2022, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à M. Frédéric Carre, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Côte-d'Or à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence, qui manque en fait, doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée en droit par le visa du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et par les circonstances tirées de ce que l'OFPRA et la CNDA ont rejeté sa demande d'asile, qu'elle a fait l'objet d'une décision le 25 novembre 2020 portant obligation de quitter le territoire français à laquelle elle s'est soustraite et qu'elle se maintient volontairement en situation irrégulière sur le territoire français. La décision mentionne également la situation familiale de Mme E à la fois sur le territoire français et dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. Mme E soutient qu'elle réside en France depuis mars 2019 avec son mari et leurs 4 enfants, 3 d'entre eux les ayant rejoints en mai 2021. Elle soutient également qu'elle et son mari souffrent de graves problèmes de santé. Cependant, il est constant qu'à la date de la décision contestée, Mme E comme son mari et leurs enfants, dont il ressort des fiches Telemofpra que leurs demandes d'asile ont toutes été rejetées, ne disposaient plus du droit de se maintenir en France. Si la requérante se prévaut de l'état de santé de son mari qui nécessiterait des soins constants et sa présence à ses côtés, il ressort des pièces du dossier que l'instruction d'une demande de titre de séjour déposée par M. E en avril 2021 avait conduit le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à émettre un avis le 17 juin 2021, aux termes duquel son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Albanie, il pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, vers lequel il pouvait voyager sans risque. Ni le courriel des services de la préfecture convoquant M. E le 7 juillet 2022 afin de vérifier son état de santé, ni les certificats médicaux relativement anciens déjà produits dans le cadre des précédentes instances, ni même le certificat médical du 3 mai 2022 ne permettent de démontrer que l'état de santé de l'époux de la requérante se serait dégradé au point de l'empêcher de voyager. De même, si Mme E produit un certificat médical du 16 novembre 2021 tendant à établir qu'elle souffre d'une symptomatologie dépressive associée à un stress post-traumatique, elle ne démontre pas que son état de santé ne pourrait pas être pris en charge dans son pays d'origine ou lui interdirait de voyager. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme E serait isolée en cas de retour dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 42 ans, où résident ses parents et beaux-parents et où les enfants mineurs du couple pourraient poursuivre leur scolarité. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de Mme E n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

8. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

9. Si Mme E soutient qu'elle ne peut retourner dans son pays d'origine où elle et son mari ont subi des violences, il ressort des pièces du dossier que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA puis par la CNDA, au motif que l'ampleur et les conséquences du conflit familial qui aurait poussé la famille à quitter l'Albanie n'étaient pas établies. Surtout, si la requérante se prévaut du certificat médical établi le 3 mai 2022 indiquant que son époux présente un syndrome post-traumatique, la requérante n'apporte aucun élément tendant à démontrer qu'elle et les membres de sa famille encourraient des risques actuels les visant en cas de retour en Albanie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

11. Il résulte des dispositions précitées que, lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

12. En premier lieu, Mme E soutient que l'interdiction de retour pour une durée d'un an prononcée à son encontre conduirait à l'éloigner de son conjoint et de ses enfants durant une très longue période. Cependant, ainsi qu'il a été dit au point 7, les membres de la famille de la requérante, qui ne disposent d'aucun droit au séjour, ont également vocation à être éloignés hors de France. En outre, il ressort des pièces du dossier que la requérante, dont l'entrée sur le territoire français est relativement récente et qui s'y est maintenue irrégulièrement pendant plusieurs années, n'établit pas que ses liens avec la France seraient, par leur nature et leur ancienneté, d'une particulière intensité. Par ailleurs, Mme E a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, à l'exécution desquelles elle s'est soustraite. Dans ces conditions, et alors même qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en édictant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. En second lieu, ainsi qu'il a été dit, la demande d'asile de Mme E a été définitivement rejetée et l'intéressée n'établit pas qu'elle serait exposée, en raison de l'interdiction de retourner en France pendant une durée d'un an, à des peines ou traitements contraires aux stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen, à le supposer opérant à l'encontre de la décision querellée, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

14. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée ".

15. Le préfet de la Côte-d'Or a fait obligation à Mme E de se présenter tous les jours entre 8 heures et 9 heures, sauf dimanches et jours fériés ou chômés, au commissariat de police de Dijon. Si la requérante soutient que cette obligation est excessive, elle se borne à faire valoir qu'elle doit s'occuper de son mari et de son plus jeune fils. Or, ni l'âge de son fils B, né en 2008, ni l'état de santé de son mari ne paraissent incompatibles avec le respect de son obligation de présentation quotidienne. Par suite, nonobstant la circonstance qu'eu égard à ses obligations familiales, elle ne présenterait aucun risque de fuite, Mme E n'établit pas que les modalités de présentation définies par le préfet de la Côte-d'Or serait disproportionnées aux buts en vue desquels la décision portant assignation à résidence a été prise.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formées par Mme E à l'encontre des arrêtés contestés du 4 juillet 2022 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des décisions susanalysées, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction, en tant qu'elles constituent l'accessoire des conclusions sur lesquelles il est statué par le présent jugement, doivent être également rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

18. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le conseil de Mme E demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme E, la somme demandée par le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme E est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, au préfet de la Côte d'Or et à Me Dandon.

Copie en sera adressée ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle, près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.

La magistrate désignée,

N. A

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Le greffier

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