jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201813 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GUERAULT SÉBASTIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Guérault, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 février 2022 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'un an " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai de 2 mois, et dans l'attente d'avoir à lui délivrer un récépissé l'autorisant à séjourner et
travailler dans un délai de 8 jours, à compter de la notification du jugement sous astreinte
de 100 € par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- dès lors qu'elle réside en France depuis plus de 10 ans, le préfet ne pouvait refuser sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du CESEDA sans avoir consulté la commission du titre de séjour ;
- il ne résulte pas des termes de la décision attaquée que le préfet aurait procédé à un examen complet de sa situation individuelle ;
- elle justifie de motifs exceptionnels d'admission au séjour compte tenu de la durée de son séjour en France, où sont nés ses trois enfants, dont deux sont scolarisés, et compte tenu de ses efforts d'intégration ;
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnait les dispositions de l'article L 423-23 du CESEDA ainsi que les stipulations de l'article 8 de la CEDH ;
-cette décision méconnait l'intérêt supérieur de ses trois enfants en violation des stipulations de l'article 3-1 de la CIDE ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement, sur proposition du rapporteur public, l'a dispensé de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante arménienne née en 1992, est entrée en France le 12 avril 2011 selon ses déclarations. Elle a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 26 mars 2011, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 25 janvier 2013. Le 7 juin 2013, elle a fait l'objet d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français. L'intéressée ayant déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour, le préfet de Saône-et-Loire a pris, le 16 janvier 2020, un arrêté par lequel il a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être renvoyée d'office et a assorti ces mesures d'une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un courrier du 23 juillet 2021, Mme B a sollicité l'abrogation de l'arrêté du 16 janvier 2020, ainsi que la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ". Par une décision en date du 10 février 2022, dont elle demande l'annulation, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté ses demandes.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
3. Les pièces versées au dossier par Mme B, constituées d'attestations d'hébergement en centre d'accueil pour demandeur d'asile à compter d'octobre 2011, de nombreux documents médicaux, de certificats de scolarité pour les années scolaires 2016-2017 à 2021-2022, d'avis d'impôts sur les revenus des années 2011 à 2020 et de nombreux courriers, permettent d'établir que la requérante résidait en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Le préfet de Saône-et-Loire était ainsi tenu de saisir pour avis la commission du titre de séjour. L'absence de saisine de cette commission a privé l'intéressée d'une garantie. Dès lors, Mme B est fondée à soutenir que le refus de titre de séjour qui lui a été opposé a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 10 février 2022 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique seulement que le préfet de Saône-et-Loire réexamine la demande de titre de séjour de Mme B en saisissant, préalablement, la commission du titre de séjour et lui délivre, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de procéder à ce réexamen dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer à l'intéressée une autorisation provisoire de séjour valable durant ce réexamen. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Mme B a été admis au bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 avril 2022. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Guérault, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de Saône-et-Loire du 10 février 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valable pendant toute la durée de ce réexamen.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Guérault. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delespierre, président,
M. Blacher, conseiller,
Mme Desseix, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
La rapporteure,
M. DESSEIX
Le président,
N. DELESPIERRELa greffière,
E. HERIQUE
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026