jeudi 11 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201974 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LEGIPLANET AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Abramowitch, demande à la juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le maire de Chalon-sur-Saône a prononcé à son encontre une sanction disciplinaire de révocation prenant effet à compter du 1er août 2022 ;
2°) d'ordonner à la commune de Chalon-sur-Saône la communication des rapports d'audit mené au sein du service de la police municipale ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chalon-sur-Saône le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence à suspendre la décision en litige est caractérisée dès lors qu'elle bouleverse ses conditions d'existence, qu'il souffre d'un état dépressif lequel ne peut s'améliorer que par la reprise de ses fonctions, que sa compagne a été contrainte d'interrompre son congé parental en raison de la diminution de leurs ressources, que l'équipe de nuit dont il faisait partie se retrouve désormais en sous-effectif et qu'aucun intérêt public ne s'oppose à cette suspension ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
• cet arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
• les mentions de l'avis émis par le conseil de discipline ne permettent pas d'établir que le tirage au sort des représentants de la collectivité territoriale ait été effectué par le président du conseil de discipline en présence d'un représentant du personnel et d'un représentant de l'autorité territoriale parmi l'ensemble des représentants de la collectivité conformément aux dispositions de l'article 1er du décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
• la composition du conseil de discipline n'a pas garanti son impartialité, dès lors qu'il comprenait trois élus municipaux de la majorité, que la municipalité a exercé des pressions sur les représentants du personnel et que le moniteur en maniement des armes du service de police municipale, directement concerné par l'affaire, était, bien qu'il n'ait pas siégé, suppléant du collège des représentants du personnel ;
• il n'a pas eu accès à l'intégralité de son dossier individuel, dans la mesure où ses notations ne lui ont pas été communiquées ;
• le principe du contradictoire a été méconnu, dès lors que les difficultés relationnelles dont il est fait état dans l'avis du conseil de discipline n'ont pas été portées à son dossier préalablement à la tenue du conseil de discipline, de même que les témoignages écrits lus en séance par le directeur des ressources humaines de la commune ;
• la sanction disciplinaire prononcée est entachée d'erreurs manifestes d'appréciation du caractère fautif des faits qui lui sont reprochés et de son état de santé ;
• elle est manifestement disproportionnée ;
• elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
• il appartient à la commune de Chalon-sur-Saône de produire les rapports d'audit rendus sur la gestion du service par son ancien chef de service.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2022, la commune de Chalon-sur-Saône, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du requérant le versement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions tendant à ce qu'elle produise les rapports d'audit de son service de police municipale sont irrecevables, faute pour le requérant de l'avoir préalablement saisie d'une telle demande, puis éventuellement, en cas de refus, la commission d'accès aux documents administratifs ;
- la situation d'urgence n'est pas caractérisée, dès lors que le requérant, qui ne peut se prévaloir d'une présomption irréfragable d'urgence, ne justifie pas de ses revenus et de ses charges ; qu'il est du reste considéré comme involontairement privé d'emploi du fait de sa révocation et peut, à ce titre, bénéficier des allocations d'aide au retour à l'emploi ; que l'arrêté du 6 juillet 2022 prévoit, pour ce motif, une date d'exécution au 1er août 2022, ce qui lui permettait d'effectuer ces démarches ; que par ailleurs, dans le cas où l'intéressé serait reconnu coupable de l'infraction de faux et usage de faux à l'issue de l'audience de comparution immédiate sur reconnaissance de culpabilité fixée au 8 septembre 2022, cette circonstance peut conduire le préfet de Saône-et-Loire à rendre définitive la suspension de son agrément et de son autorisation de port d'armes, effective, pour l'instant, jusqu'au 8 septembre 2022 ;
- il n'est fait état d'aucun moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 27 juillet 2021 sous le n° 2201975, tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président et les magistrats du tribunal plus anciens dans l'ordre du tableau étant empêchés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, tenue le 10 août 2022 à 10h30.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Viotti, juge des référés ;
- les observations de Me Abramowitch, représentant M. B, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans ses écritures, et qui a précisé, en outre, que l'attestation employeur, nécessaire pour faire valoir ses droits à Pôle emploi, ne lui a été transmise par la commune que le 2 août 2022, de sorte qu'il n'a pas été en mesure de constituer son dossier avant la prise d'effet de l'arrêté attaqué ; que la motivation de cette sanction, qui est identique à celle dont fait l'objet un de ses collègues, ne détaille pas les fautes reprochées à chacun ;
- et les observations de Me Sovet, substituant Me Petit et représentant la commune de Chalon-sur-Saône, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, gardien-brigadier au sein de l'équipe de nuit de la police municipale de Chalon-sur-Saône, demande à la juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 6 juillet 2022 par laquelle le maire de Chalon-sur-Saône a prononcé à son encontre une sanction disciplinaire de révocation prenant effet à compter du 1er août 2022.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens visés ci-dessus, invoqués par M. B, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence ni d'ordonner la mesure d'instruction sollicitée, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Chalon-sur-Saône, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit à M. B sur leur fondement.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme que demande la commune de Chalon-sur-Saône au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Chalon-sur-Saône sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Chalon-sur-Saône.
Fait à Dijon, le 11 août 2022.
La juge des référés,
O. VIOTTI
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
No 2201974
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026