jeudi 5 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202169 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MOUNDOUNGA NTSIGOU SERGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 août 2022 et le 27 septembre 2022, M. C B, représenté par Me Moundounga, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juin 2022 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié / travailleur temporaire " dans un délai de deux mois à compter du jugement ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- en refusant de lui délivrer un titre de séjour au motif qu'il ne détenait pas de visa de long séjour, le préfet de Saône-et-Loire a commis une erreur de droit ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en refusant de lui délivrer un titre de séjour au motif que sa présence en France représentait une menace pour l'ordre public, le préfet de Saône-et-Loire a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une lettre du 28 novembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de procéder d'office à la substitution, d'une part, des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain aux dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et d'autre part, du pouvoir de régularisation discrétionnaire dont dispose le préfet aux dispositions de l'article L. 435-1, comme bases légales de l'arrêté attaqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Moundounga, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 7 février 1991, déclare être entré irrégulièrement en France en 2010. Il a fait l'objet d'un premier arrêté portant obligation de quitter le territoire français, prononcé le 16 août 2018 par le préfet des Hauts-de-Seine, et d'un second arrêté portant obligation de quitter le territoire assortie d'une interdiction de retour d'une durée de vingt-quatre mois prononcé le 16 août 2021 par le préfet de la Marne. Le 1er décembre 2021, l'intéressé a présenté une demande de titre de séjour en qualité de salarié. Par une décision du 15 juin 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la base légale de la décision attaquée :
2. D'une part, aux termes de l'article 9 de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". L'article 3 du même accord stipule que : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
4. En premier lieu, dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, seules ces stipulations s'appliquent à la demande de carte de séjour temporaire d'un an sollicitée par un ressortissant marocain pour l'exercice d'une activité salariée, et non les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En second lieu, portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que les stipulations précitées de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoient la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
6. Il ressort des motifs de la décision attaquée que le préfet de Saône-et-Loire a, à tort, examiné la demande de M. B sur le fondement des dispositions des articles L. 421-1 et L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
8. La décision attaquée trouve un fondement légal, d'une part, dans les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain et, d'autre part, dans l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation discrétionnaire. Il résulte de l'instruction que la substitution de ces bases légales à celles, erronées, retenues par le préfet de Saône-et-Loire n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans sa mise en œuvre et que les parties ont été mises à même de présenter leurs observations sur ce point. Il y a donc lieu de procéder à la substitution des motifs erronés retenus par le préfet de Saône-et-Loire.
En ce qui concerne les moyens de la requête :
9. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. David-Anthony Delavoët, secrétaire général de la préfecture de Saône-et-Loire, qui disposait d'une délégation de signature du préfet de Saône-et-Loire en date du 31 janvier 2022, publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, à l'effet de signer toutes les décisions relevant des compétences du représentant de l'Etat dans le département, à l'exception de certaines matières parmi lesquelles ne figurent pas la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision de refus de séjour manque en fait et doit être écarté.
10. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 8 ci-dessus, M. B ne peut pas utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne s'appliquent pas aux ressortissants marocains. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure -faute pour le préfet d'avoir consulté la commission du titre de séjour- doit par suite être écarté.
11. En troisième lieu, la décision du 15 juin 2022 comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle n'a dès lors pas méconnu les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / () ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 412-1, préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger qui est entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ou qui, âgé de plus de dix-huit ans, n'a pas, après l'expiration depuis son entrée en France d'un délai de trois mois ou d'un délai supérieur fixé par décret en Conseil d'Etat, été muni d'une carte de séjour, acquitte un droit de visa de régularisation d'un montant égal à 200 euros, dont 50 euros, non remboursables, sont perçus lors de la demande de titre. / Cette disposition n'est pas applicable aux réfugiés, apatrides et bénéficiaires de la protection subsidiaire et aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-22, L. 426-1, L. 426-2 et L. 426-3. / Le visa mentionné au premier alinéa tient lieu du visa de long séjour prévu au dernier alinéa de l'article L. 312-2 si les conditions pour le demander sont réunies ".
13. Les dispositions du code du travail citées au point 12 prévoient que la demande d'autorisation de travail présentée par un étranger déjà présent sur le territoire national doit être adressée au préfet par l'employeur. Le préfet, saisi d'une telle demande, est tenu de la faire instruire et ne peut refuser l'admission au séjour de l'intéressé au motif que ce dernier ne produit pas d'autorisation de travail ou de contrat de travail visé par l'autorité compétente. Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet, saisi par un étranger déjà présent sur le territoire national et qui ne dispose pas d'un visa de long séjour, d'examiner la demande d'autorisation de travail ou de la faire instruire par les services compétents du ministère du travail, préalablement à ce qu'il soit statué sur la délivrance du titre de séjour.
14. Pour rejeter la demande de titre de séjour " salarié ", le préfet de Saône-et-Loire a estimé que M. B était dépourvu de visa long séjour et que la procédure d'introduction par le travail n'avait pas été engagée par l'employeur en amont de son arrivée sur le territoire national.
15. Tout d'abord, si M. B produit un formulaire de demande d'autorisation de travail signée par son employeur, ce document a été établi le 21 juillet 2022, postérieurement à la date de la décision de refus de séjour prise par le préfet, lequel était ainsi fondé à opposer à l'intéressé l'absence d'autorisation de travail.
16. Ensuite, le préfet de Saône-et-Loire n'était pas tenu de s'estimer saisi d'une demande d'autorisation de travail alors que, comme il a été dit au point 13, cette demande devait être adressée au préfet compétent par l'employeur.
17. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. B ne disposait pas d'un visa de long séjour alors que cette condition est exigée par les dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour en qualité de salarié. Si l'intéressé fait valoir que le défaut d'entrée régulière sur le territoire français peut être régularisé par le paiement de frais de visa de régularisation en application des dispositions précitées de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'établit ni même n'allègue avoir acquitté le droit de visa de régularisation prévu par ces dispositions.
18. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 12 à 17 qu'en refusant de délivrer à M. B un titre de séjour au motif qu'il ne détenait pas de visa de long séjour, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas commis d'erreur de droit.
19. En cinquième lieu, M. B, qui n'a pas présenté de demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, et dont le préfet n'a pas examiné le droit au séjour à ce titre, ne peut pas utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est donc inopérant et doit dès lors être écarté pour ce motif.
20. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
21. M. B soutient qu'il est entré sur le territoire français pour la première fois en 2010 et qu'il réside habituellement en France depuis lors, qu'il travaille depuis 2016, et qu'il dispose d'attaches personnelles et familiales sur le territoire où résident régulièrement deux de ses sœurs et son frère. Toutefois, pour justifier de sa présence en France depuis plus de dix ans, le requérant produit une attestation d'hébergement datée du 24 mars 2012, des avis d'impôt sur les revenus des années 2012 à 2016 faisant apparaitre un revenu fiscal nul, des avis d'imposition pour les années 2018 et 2019, des contrats de travail et des fiches de paie à compter de l'année 2018, et divers autres documents administratifs et médicaux, dont le plus ancien remonte à 2014. Ces documents ne sont pas de nature à établir la présence habituelle et continue de l'intéressé sur le territoire depuis plus de dix ans. En outre, la durée de séjour en France de l'intéressé résulte du fait qu'il s'est soustrait à l'exécution de deux mesures d'éloignement dont l'une, prise le 16 août 2021 par le préfet de la Marne, était accompagnée d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans. Si M. B justifie réaliser régulièrement des missions d'intérim depuis le début de l'année 2018, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette activité, par nature précaire, lui procure des conditions d'existence suffisantes. Par ailleurs, l'intéressé, qui est célibataire et sans enfant, ne justifie pas de l'intensité et de la stabilité de ses liens familiaux sur le territoire et n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
22. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné le 21 mars 2019 à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis, pour des faits de violence aggravée et menaces de mort réitérées commis le 15 août 2018, et, le 17 août 2021, à une peine de six mois d'emprisonnement assortie d'un sursis probatoire de deux ans pour des faits de dégradation de bien, violence par personne en état d'ébriété et refus de se soumettre à un test d'alcoolémie commis le 14 août 2021. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que la présence de l'intéressé sur le territoire constitue une menace à l'ordre public.
23. En dernier lieu, compte tenu de l'ensemble de ce qui a été dit ci-dessus, le préfet de Saône-et-Loire, en refusant de faire usage du pouvoir discrétionnaire de régularisation dont il dispose, n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 juin 2022. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
26. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Moundounga.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- M. Blacher, premier conseiller,
- Mme Desseix, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.
La rapporteure,
M. DesseixLe président,
L. BoissyLa greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026