vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DRAI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 août 2022 et un mémoire enregistré le 23 mars 2023, M. B A, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le directeur de l'Office national des forêts (ONF) l'a suspendu de ses fonctions à compter du 18 juillet 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'ONF la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est contraire à l'autorité de la chose jugée, dès lors que l'annulation de la sanction de déplacement d'office par la cour administrative d'appel de Nancy entrainait l'obligation de le réintégrer sur l'emploi qu'il occupait avant cette sanction ;
- il est dépourvu de toute motivation ;
- le rapport sur lequel se fonde la décision de suspension ne lui a jamais été communiqué ;
- la nouvelle sanction de déplacement d'office prononcée le 31 octobre 2022 repose sur des faits inexacts et est disproportionnée ;
- la décision vise à contourner l'exécution des décisions de justice et est entachée de détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 décembre 2022 et le 6 mars 2023, l'Office national des forêts (ONF), représenté par Me Margaroli, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
-le moyen tiré du défaut de motivation est inopérant ;
-les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique ;
- les observations de Me Meunier, représentant M. A et de Me Zerbib représentant l'ONF.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, technicien forestier territorial, était en poste à l'unité territoriale Autunois Morvan dépendant de l'agence territoriale Bourgogne-Est de l'Office national des forêts (ONF). Par un arrêté du 3 avril 2017, le directeur général de l'ONF a prononcé à son encontre une sanction de déplacement d'office avec affectation sur le poste de technicien forestier territorial à Falletans, dans le Jura, à compter du 1er juin 2017. Par un arrêt n° 19NC02527 du 22 décembre 2020, la cour administrative d'appel de Nancy a annulé cette décision. Par arrêté du 26 février 2021, pour exécuter l'arrêt de la cour, le directeur général de l'ONF a réintégré juridiquement M. A sur le poste de technicien n°11536, qu'il occupait à Autun avant son déplacement d'office, à compter du 1er juin 2017, puis l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 18 septembre 2019. Par un arrêt n° 21NC01123 du 18 mai 2022, la cour administrative d'appel de Nancy, saisie au titre de l'exécution de son précédent arrêt, a enjoint à l'ONF d'une part de réintégrer effectivement
M. A dans l'emploi de technicien forestier territorial n°11536 à Autun et d'autre part de reconstituer sa carrière dans un délai de trois mois à compter de la notification de cet arrêt.
2. Par arrêté du 20 juin 2022, l'ONF a prononcé la réintégration de M. A à l'issue de sa disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 18 mars 2021 et l'a affecté sur un poste mis à disposition du directeur de l'agence territoriale Bourgogne-Est. Par arrêté du même jour, M. A a été placé en disponibilité d'office pour raison de santé du 18 mars au 9 juin 2022. Il a demandé l'annulation de cette décision dans la requête n°2202242. Enfin, le 1er juillet 2022, l'ONF a pris un nouvel arrêté prononçant la réintégration de M. A, à l'issue de sa disponibilité d'office pour raison de santé, sur un poste mis à disposition du directeur de l'agence territoriale Bourgogne-Est, à compter du 10 juin 2022. Par jugement du 4 mai 2023, le tribunal administratif de Dijon a annulé les arrêtés du 20 juin 2022 ainsi que l'article 1er de l'arrêté du 1er juillet 2022 réintégrant M. A à compter du 10 juin 2022 sur un poste mis à disposition du directeur de l'agence territoriale Bourgogne-Est. Il a en revanche rejeté les conclusions dirigées contre l'article 2 de ce même arrêté du 1er juillet 2022 prononçant l'affectation de M. A sur son précédent poste à compter du 18 juillet 2022.
3. Par un second arrêté du 1er juillet 2022, le directeur de l'Office national des forêts (ONF) a suspendu M. A de ses fonctions à compter du 18 juillet 2022. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire, auteur d'une faute grave, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline.
Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois.()".
5. La mesure de suspension est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service ; elle ne constitue donc pas une sanction disciplinaire, elle n'est ainsi pas au nombre des décisions qui doivent être motivées, ni au nombre des mesures pour lesquelles le fonctionnaire concerné doit être mis à même de consulter son dossier. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut de communication du rapport du directeur territorial ne sauraient être accueillis.
6. En deuxième lieu, la sanction prononcée le 3 avril 2017 et annulée par la cour administrative d'appel de Nancy le 22 décembre 2020 a été infligée pour des manquements de M. A à ses obligations de service et à son devoir de réserve et d'obéissance, commis les 5 et 12 août 2016, et les 17 octobre 2016, 21 octobre 2016 et 28 octobre 2016. Si cet arrêt impliquait que M. A soit réintégré sur son précédent poste à la suite de cette annulation, cette réintégration a été effectivement prononcée, avec effet au 18 juillet 2022, par l'article 2 de l'arrêté du 1er juillet 2022 susmentionné, dont le tribunal a considéré qu'il ne méconnaissait pas l'autorité de la chose jugée. Pour sa part, le mesure de suspension en litige se fonde sur des faits commis de septembre 2019 à mai 2022, distincts de ceux ayant donné à la précédente sanction du 3 avril 2017. Par suite, cette mesure ne peut être regardée comme méconnaissant l'autorité de la chose jugée par la cour administrative d'appel de Nancy dans son arrêt du 22 décembre 2020.
7. En troisième lieu, la mesure de suspension de ses fonctions prise à l'encontre d'un fonctionnaire en application de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique peut être prononcée lorsque les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
8. Il est en l'espèce reproché à M. A, notamment, des faits d'intimidation à l'égard du responsable d'unité territoriale, du technicien forestier qui l'a remplacé suite à la mesure de déplacement d'office dont il a fait l'objet en 2017, ainsi qu'à l'égard de prestataires extérieurs de l'ONF ; ces faits, datant de septembre 2019 à mai 2022, sont attestés par différentes pièces, parmi lesquelles, en particulier, des rapports d'incident, une pétition signée par six agents de l'unité territoriale, qui font état de leur crainte de heurts en raison de la présence régulière de M. A sur leur lieu d'intervention, et un courrier d'un prestataire extérieur qui mentionne, en septembre 2021, la présence récurrente de M. A auprès des équipes intervenant lors de travaux forestiers, les propos menaçants tenus par l'intéressé et son attitude de harcèlement. Figure également au dossier un courrier de M. A adressé à la direction de l'ONF le 23 mai 2022, dans lequel il " exige que tous ceux qui ont participé à cette affaire soient éliminés sans exception ()", " ordonne qu'un état de lieux total soit réalisé " et indique qu'il veut " être le seul et l'unique décisionnaire de la gestion du massif ". Il lui est également reproché des propos dénigrants à l'égard de l'ONF, auprès de prestataires extérieurs et dans la presse. Si une partie de ces faits peut trouver une explication dans le ressentiment très vif qu'a développé M. A à la suite de la sanction du 3 avril 2017, puis des erreurs commises par l'ONF dans l'exécution des décisions de justice qui ont suivi cette sanction, il ressort des pièces du dossier que M. A a adopté une attitude menaçante et inquisitrice à l'égard de plusieurs personnes physiques, et dénigré l'action de l'ONF dans un certain nombre de publications. Les faits en cause étaient d'un niveau de vraisemblance et de gravité suffisant pour justifier le prononcé d'une mesure de suspension.
9. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'ONF ait prononcé la décision en litige dans le seul but de faire obstacle à la réintégration effective de M. A dans ses précédentes fonctions. Le moyen tiré du détournement de pouvoir allégué doit par suite être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er juillet 2022.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'ONF, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. A d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que demande l'ONF au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'ONF au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office national des forêts.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanoro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La rapporteure,
M-E C
Le président,
O. RoussetLa greffière,
B. Massia-Kura
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026