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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202253

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202253

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202253
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationROUSSET Olivier
Avocat requérantSI HASSEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 août et 16 octobre 2022, M. D C, représenté par Me Si Hassen, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 août 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de trois mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui restituer son permis de conduire dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée ne précise pas la qualité du signataire de l'acte ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il n'a jamais été contrôlé sur la commune de Dijon ;

- les indications sur le procès-verbal de vérification et de notification de l'état alcoolique ne permettent pas de vérifier la validité de l'éthylotest utilisé pendant le contrôle d'alcoolémie ;

- son taux d'alcoolémie est erroné dès lors que l'embout de l'éthylomètre n'a pas été changé entre les deux mesures d'alcoolémies effectuées par les services de gendarmerie alors même que le fait d'avoir fumé quelques instants avant le contrôle peut influer sur les résultats.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Rousset, président-rapporteur,

-les observations de Me Si Hassen, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 août 2022, par lequel le préfet de la Côte-d'Or a suspendu la validité de son permis de conduire pour une période de trois mois en conséquence d'une infraction commise le 6 août 2022, consistant à avoir conduit sous l'empire d'un état alcoolique.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, le signataire de l'arrêté attaqué, M. A B, chef de bureau de la défense et de la sécurité pour le préfet de la Côte-d'Or, a été investi par ce dernier d'une délégation, en vertu d'un arrêté du 2 novembre 2021, l'habilitant à signer en son nom l'ensemble des actes et documents concernant les permis de conduire, notamment les arrêtés portant suspension des titres de conduite. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par l'une des autorités administratives mentionnées à l'article 1er comporte, outre la signature de son auteur, la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Il résulte de ces dispositions que la mention du nom, du prénom et de la qualité de l'auteur de l'acte litigieux doit y figurer afin que ce dernier puisse, sous peine d'irrégularité de l'acte en cause, procéder sans ambigüité à son identification.

4. En l'espèce, l'arrêté attaqué, signé pour le préfet de la Côte-d'Or et par délégation, comporte les mentions du nom, prénom et la signature de son auteur, M. A B. S'il ne comporte que la mention " chef de bureau " pour désigner la qualité de celui-ci, cette mention est suffisante pour permettre de procéder à son identification. Par suite, le moyen tiré de ce que la qualité du signataire n'est pas précisée doit être écarté.

5. En troisième lieu, M. C soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que son interception par les services de gendarmerie n'a pas eu lieu sur la commune de Dijon, comme indiqué sur l'arrêté attaqué, mais sur la commune de Chevigny-Saint-Sauveur. Toutefois, il ressort de l'avis de rétention produit par le préfet que le lieu de l'infraction générant la mesure de rétention indique sans ambigüité " avenue de la Visitation à Chevigny-Saint-Sauveur ". Dans ces conditions, cette erreur matérielle de lieu doit être regardée comme une simple erreur de plume sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 234-2 du code de la route : " Les opérations de dépistage de l'imprégnation alcoolique par l'air expiré, prévues par les articles L. 234-3 à L. 234-5 et L. 234-9, sont effectuées au moyen d'un éthylotest électronique ou chimique qui répond, selon sa nature, aux exigences fixées par le décret n° 2008-883 du 1er septembre 2008 relatif aux éthylotests électroniques ou par le décret n° 2015-775 du 29 juin 2015 fixant les exigences de fiabilité et de sécurité relatives aux éthylotests chimiques destinés à un usage préalable à la conduite routière. ". Aux termes de l'article 13 de l'arrêté du 8 juillet 2003 relatif au contrôle des éthylomètres : " Le contrôle en service consiste en la vérification périodique prévue à l'article 30 du décret du 3 mai 2001 susvisé. Cette vérification périodique est annuelle ; cependant, durant les cinq ans suivant la mise en service d'un instrument neuf, deux vérifications ne sont pas obligatoires, sous réserve que l'instrument : /- soit vérifié la première année ; / - ne soit pas dispensé de vérification deux années consécutives. ".

7. Les moyens tirés d'une part, qu'il n'est pas établi que le contrôle d'alcoolémie auquel a été soumis M. C a été assuré par un appareil homologué, fiable et qui a fait l'objet d'une vérification périodique et, d'autre part, que les circonstances que l'embout de l'éthylomètre n'a pas été changé et que le requérant était fumeur ont pu fausser les résultats, tendent à remettre en cause l'élément matériel de l'infraction dont le contrôle relève de la seule compétence du juge pénal et ne peuvent dès lors être invoqués utilement devant le juge administratif. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que les mesures ont été effectuées au moyen d'un éthylomètre de marque Drager et de modèle 7110 FP ayant été vérifié, selon les pièces produites par le préfet, le 12 janvier 2022 par le laboratoire national de métrologie et d'essais AX 75. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a suspendu son permis de conduire pour une durée de trois mois, ni, par voie de conséquence, à demander qu'il soit enjoint sous astreinte au préfet de la Côte-d'Or de lui restituer son permis de conduire.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.

Le président,

O. RoussetLa greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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