lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202427 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | BAH OUMAR |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 16 septembre 2022, M. B E, représenté A Me Bah, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de Côte-d'Or du 14 septembre 2022, notifiée le même jour à 16 h 15 minutes l'assignant à domicile pour une durée de 45 jours en exécution d'une obligation de quitter le territoire assorti d'une interdiction de retour de deux ans, prise le 26 janvier 2022 et notifiée le même jour A voie administrative';
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 600 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision de préfet de Côte-d'Or l'assignant à résidence doit être suffisamment motivée en droit et en fait ; l'autorité préfectorale n'a pas procédé à un examen individuel complet et sérieux de sa situation ;
- la décision du préfet de Côte-d'Or porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir, sa compagne est enceinte depuis le 15 mars 2022.
A un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2022, le préfet de Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés A M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission ;
- le règlement (UE) n°603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. G en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 19 septembre 2022 à 14 h 15.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Puglierini, magistrat désigné ;
- et les observations de M. F, représentant le préfet de Côte-d'Or.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant tunisien né le 19 juillet 1987 est entré régulièrement en France le 31 octobre 2016 muni d'un visa long séjour " étudiant " valable du 20 octobre 2016 au 20 octobre 2017. Le 16 novembre 2017, il a sollicité le renouvellement de son visa long séjour. Le 11 janvier 2018 le préfet de Côte-d'Or a pris à son encontre un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. A jugement en date du 29 mars 2018, le tribunal administratif de Dijon a annulé cet arrêté et enjoint à la préfecture de Côte-d'Or de délivrer à M. E un titre de séjour " étudiant ", décision confirmée A arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon le 26 mars 2019. A suite, le requérant s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire valable du 19 avril au 15 octobre 2018. Le 27 octobre 2018, il a été interpellé A les services de police de Dijon puis, a fait l'objet le 28 octobre 2018 d'un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an auquel il s'est soustrait en se maintenant irrégulièrement sur le territoire jusqu'à son interpellation pour trafic de stupéfiants, le 29 juillet 2020. Le 30 juillet 2020 le préfet de Côte-d'Or a pris à l'encontre de M. E, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans et A un second arrêté du même jour M. E a été assigné à résidence pour une durée de 45 jours sur la commune de Dijon. A jugement du 13 août 2020, le tribunal administratif de Dijon a confirmé la légalité de cette mesure d'éloignement et des décisions en découlant. M. E a alors déposé une demande d'asile qui a été enregistrée le 17 septembre 2020 et a été rejetée A décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 20 octobre 2020, rejet confirmé A décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 25 novembre 2020. A arrêté du 14 septembre 2020, le préfet de Côte-d'Or a prolongé l'assignation à résidence de M. E pour une durée de 45 jours. Puis A un nouvel arrêté du 29 octobre 2020, le préfet de Côte-d'Or a prolongé cette assignation à résidence pour une durée de 6 mois. Toutefois, M. E s'est soustrait à la mesure d'éloignement jusqu'à ne plus respecter l'assignation à résidence prise à son encontre le 29 octobre 2020. Le 25 janvier 2022, il a été interpellé et entendu dans le cadre d'une retenue pour vérification de son droit au séjour en France, A les services de police du commissariat de Dijon. Le 26 janvier 2022 le préfet de Côte-d'Or a pris à l'encontre de M. E un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction.de retour d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours sur la commune de Dijon. A jugement du 2 février 2022, le tribunal administratif de Dijon a confirmé la légalité de ces arrêtés. Toutefois, le 1er mars 2022, les services de police du commissariat de Dijon ont informé les services de la préfecture que M. E s'était soustrait à l'assignation à résidence du 26 janvier 2022, depuis le 7 février 2022. Le 14 septembre 2022, M. E s'est vu notifier une nouvelle décision l'assignant à domicile pour une durée de 45 jours. Il demande l'annulation de cette décision.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit A le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit A la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, M. E indique qu'il est régulièrement entré en France vit en concubinage depuis plusieurs années avec Mme C D, que la décision l'assignant à résidence est une mesure disproportionnée puisqu'il sera bientôt papa et n'a aucune raison de se soustraire à la décision administrative prise à son encontre.
5. D'une part, l'arrêté attaqué comporte, de manière suffisamment précise, la mention des circonstances de droit et de fait sur lesquelles le préfet de Côte-d'Or s'est fondé pour renouveler l'assignation à résidence de M. E, notamment la perspective raisonnable d'éloignement. Il est indiqué que M. E a déclaré une adresse chez Mme C D, au 28 rue Parmentier à Dijon (21000). En outre, contrairement à ce que soutient M. E, le préfet de Côte-d'Or n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments de fait de sa situation personnelle. A suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.
6. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier, que le préfet de Côte-d'Or n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. E. Dès lors, le moyen tiré d'un tel manque d'examen doit être écarté.
7. En dernier lieu, la décision attaquée fait obligation à M. E de se présenter tous les jours de 8 heures à 9 heures, au commissariat de police - 2 place Suquet à Dijon. Le requérant, qui est domicilié à Dijon, n'établit pas ne pas pouvoir se rendre chaque jour à une telle heure et en un tel lieu et ne démontre pas que cette mesure serait injustifiée ou disproportionnée, notamment qu'elle serait incompatible avec l'état de santé de sa compagne enceinte. En outre, le moyen tiré de ce que le refus de séjour serait illégal est inopérant, dès lors que l'assignation à résidence n'est pas fondée sur un refus de titre de séjour. A ailleurs, le requérant n'a pas déposé de demande de titre de séjour depuis la dernière mesure d'éloignement prise à son encontre et confirmée comme il a été dit A le tribunal administratif de Dijon. Enfin M. E n'est pas fondé à soutenir qu'il n'existe aucune raison de penser qu'il va se soustraire à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, dès lors qu'il s'est déjà soustrait aux mesures du 30 juillet 2020. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit A suite être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation de l'arrêté de d'assignation à résidence du 14 septembre 2022 doivent être rejetées, ainsi que les conclusions présentées au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet de Côte d'Or et à Me Bah.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. G
La greffière,
L. LelongLa République mande et ordonne au préfet de Côte d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier
No 2202427
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026