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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202495

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202495

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202495
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationCH 1 JU
Avocat requérantMANHOULI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Manhouli, demande au tribunal d'annuler la décision " 48SI " du 5 avril 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire, ensemble la décision du 20 juillet 2022 rejetant son recours gracieux.

Il soutient que :

- la décision de retrait de points consécutive à l'infraction constatée le 31 mars 2021, qui n'a pas été précédée par la délivrance des informations prévues par les articles

L. 223-3 et R. 223-3, du code de la route est illégale ;

- la décision 48SI portant invalidation de son permis de conduire est entachée d'une erreur de droit, dès lors que, ayant effectué un stage de récupération de points les 21 et 22 mars 2022, le solde de points de son permis de conduire est positif ;

- le décompte des points de son permis de conduire est erroné.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 novembre 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 2 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

- Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. B, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A demande au tribunal d'annuler la décision " 48SI " du 5 avril 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire, ensemble la décision du 20 juillet 2022 rejetant son recours gracieux.

2. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route que la réalité d'une infraction entraînant un retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

3. Toutefois, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.

4. En l'espèce, il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral du requérant et de l'ordonnance pénale versée à l'instance par le ministre de l'intérieur, qu'à la suite de l'infraction commise le 31 mars 2021 ayant entrainé la perte de trois points de son permis de conduire, M. A a fait l'objet d'une condamnation prononcée par le tribunal de police de Sens le 18 octobre 2021 devenue définitive le 9 décembre 2021. Dès lors, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et

R. 223-3 du code de la route invoqué par l'intéressé pour contester la légalité de la décision de retrait de points qui lui a été infligée à la suite de l'infraction du 31 mars 2021 est inopérant et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 225-1 du code de la route : " I.-Il est procédé, dans les services de l'Etat et sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, à l'enregistrement :1° De toutes informations relatives aux permis de conduire dont la délivrance est sollicitée ou qui sont délivrés en application du présent code, ainsi qu'aux permis de conduire délivrés par les autorités étrangères et reconnus valables sur le territoire national ; 2° De toutes décisions administratives dûment notifiées portant restriction de validité, retrait, suspension, annulation et restriction de délivrance du permis de conduire ou interdiction de se présenter à l'examen du permis de conduire, ainsi que des avertissements prévus par le présent code ; 3° De toutes mesures de retrait du droit de faire usage du permis de conduire qui seraient communiquées par les autorités compétentes des territoires et collectivités territoriales d'outre-mer ; 4° De toutes mesures de retrait du droit de faire usage du permis de conduire prises par une autorité étrangère et communiquées aux autorités françaises conformément aux accords internationaux en vigueur ; 5° Des procès-verbaux des infractions entraînant retrait de points et ayant donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire ou à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ; 6° De toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire ou interdiction de se présenter à l'examen du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ; 7° De toute modification du nombre de points affectant un permis de conduire dans les conditions définies aux articles L. 223-1 à L. 223-8 ; 8° Du nombre de points affectés au conducteur mentionné au I de l'article L. 223-10 lorsque ce conducteur a commis une infraction entraînant un retrait de points, de toute modification de ce nombre et des décisions administratives dûment notifiées portant interdiction de conduire sur le territoire national. II.-Ces informations peuvent faire l'objet de traitements automatisés, soumis aux dispositions de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ". Aux termes de l'article R. 223-8 du code de la route : " I.-Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé des transports. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. II.-L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions de l'alinéa 3 de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. Une nouvelle reconstitution de points, après une formation spécifique effectuée en application des mêmes dispositions, n'est possible qu'au terme d'un délai de deux ans. III.-Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. IV.-Dans le cas prévu à l'article R. 223-4, sont transmises au comptable du Trésor du lieu de commission de l'infraction, dans le délai de quinze jours mentionné au I ci-dessus, l'attestation de suivi de stage ainsi que, si l'amende a été acquittée, les pièces nécessaires à son remboursement. L'attestation de suivi de stage et les pièces nécessaires au remboursement de l'amende payée sont définies par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur, du ministre chargé du budget et du ministre chargé des transports ".

6. La gestion du décompte des points retirés ou réattribués aux permis de conduire est assurée, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 225-1 du code de la route, par un traitement automatisé d'informations à caractère nominatif dénommé " Système national des permis de conduire " (SNPC) qui retranscrit au moyen du relevé d'information intégral toutes les pertes et ajouts de points.

7. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral de M. A que le stage de récupération de points qu'il a effectué les 21 et 22 mars 2022 ainsi que l'ajout de quatre points auquel il a donné lieu, ont été pris en compte le 23 mars 2022 avant la notification de la décision " 48SI " du 5 avril 2022 en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'omission de la comptabilisation des points acquis à la suite de la réalisation du stage de sensibilisation à la sécurité routière des 21 et 22 mars 2022 doit être écarté comme manquant en fait.

8. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non sérieusement contestées du relevé d'information intégral, qu'à la date de notification de la décision " 48 SI " en litige, le solde de points affectés au permis de conduire de M. A était nul et non, comme il le soutient, créditeur d'un point. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le décompte de points effectué par le ministre de l'intérieur aurait été erroné.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire et rejeté son recours gracieux.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

Le magistrat désigné,

O. BLa greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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