mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202560 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CABANES - CABANES NEVEU ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 29 septembre et 19 octobre 2022, la société B Architectes demande au juge des référés, sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative, de " revoir les notes attribuées notamment celles concernant l'expérience professionnelle " et, en outre, " conteste la note sur la cohérence de la répartition des honoraires ".
La société B Architectes soutient que :
- la note attribuée relative à l'expérience professionnelle doit être revue car les CV de l'équipe de maîtrise d'œuvre tout comme les noms des personnes référentes et suppléants avaient été joints lors de la phase candidature ;
- la note sur la cohérence de la répartition des honoraires ne prend pas en compte le fait que le chantier est en site occupé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, la région Bourgogne Franche-Comté, représentée par la SELARL Cabanes avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société B Architectes une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La région soutient que les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. A en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 octobre 2022 en présence de M. Testori, greffier, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Mme B, co-gérante de la société B Architectes ;
- les observations de Me Pezin, avocate de la région Bourgogne Franche-Comté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 août 2021, la région Bourgogne Franche-Comté, par l'intermédiaire de son mandataire, la société Nièvre Aménagement, a lancé, selon une procédure formalisée restreinte avec négociation, la passation d'un marché ayant pour objet la désignation d'une équipe de maîtrise d'œuvre pour la mise en accessibilité des lycées de la Nièvre. Plusieurs entreprises, dont le groupement momentané constitué par les sociétés B Architectes, Acoustiques France, Macouin P, Alpha coordination et ITC (ci-après le groupement B) et un groupement ayant pour mandataire la société Arch'cade (ci-après le groupement Arch'cade), ont notamment présenté leur candidature à l'attribution du lot " MOE 7.3 ", relatif à la mission de maîtrise d'œuvre de mise en accessibilité des lycées Pierre Bérégovoy, Jules Renard, Raoul Follereau, Jean Rostand et Alain Colas, situés à Nevers. Le 23 septembre 2022, Nièvre aménagement a informé la société B Architectes que l'offre du groupement B était rejetée et que le lot " MOE 7.3 " avait été attribué au groupement Arch'cade. La société B Architectes doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative, d'annuler la procédure de passation du lot " MOE 7.3 " au stade de l'attribution du marché.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique () ". Aux termes de l'article L. 551-2 du même code : " I - Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations () ".
3. La société requérante, en faisant valoir, d'une part, que la note qui lui a été attribuée relative à l'expérience professionnelle doit être revue car les CV de l'équipe de maîtrise d'œuvre tout comme les noms des personnes référentes et suppléants avaient été joints lors de la phase candidature et, d'autre part, que la note sur la cohérence de la répartition des honoraires ne prend pas en compte le fait que le chantier est en site occupé, doit être regardée comme invoquant un moyen tiré de ce que l'acheteur public a dénaturé le contenu de l'offre du groupement.
4. Il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par l'acheteur public, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
5. D'une part, l'article 4 du règlement de consultation (RC) de la phase 1 " candidatures " prévoit que les garanties économiques et financières pour réaliser la prestation seront notamment appréciées, pour ce qui concerne " les compétences et moyens des candidats ", au regard de l'aptitude de chacun des membres de l'équipe proposée pour assumer plusieurs opérations concomitantes de mise en accessibilité dans des délais contraints, voire d'urgence, et en site occupé, notamment au vu de l'expérience des intervenants dédiés à la réalisation de cette mission. A cet effet, les candidats doivent transmettre " une déclaration indiquant les effectifs moyens annuels du candidat et l'importance du personnel d'encadrement pour chacune des trois dernières années ", " la présentation de l'équipe d'une page A4 recto verso maximum avec en annexe les CV des intervenants et qualifications dédiés à la réalisation de cette mission " et doivent identifier " le référent et son suppléant " dédiés à la réalisation de cette mission. Enfin, il est précisé que les CV doivent " comprendre à minima l'identité, les diplômes ou niveaux d'études, l'expérience professionnelle générale, l'expérience professionnelle dans la mise en accessibilité en site occupé, et notamment dans les lycées et/ou enseignement supérieur, la situation professionnelle actuelle et le niveau de responsabilité dans la structure ".
6. D'autre part, en vertu de l'article 14 du RC de la phase 2 " offres ", il est expressément demandé aux candidats de fournir une " note méthodologique de 8 pages recto-verso, soit 16 pages recto maximum (hors page de garde, sommaire, schémas et CV joints en annexe) - Police Arial 11 " " qui devra détailler " " son appréhension des enjeux et contraintes du programme et des séquençages des études et des suivis de travaux pour chaque établissement géré concomitamment ", " son calendrier/schéma de phasage opérationnel et son argumentaire ", " sa composition et la qualification de ses membres qui se verront confier l'étude avec désignation du référent et de son suppléant " et " les propositions hors exigences minimales à soumettre à négociation, accompagné des justifications nécessaires permettant d'en apprécier l'opportunité ". Cet article 14 précise en outre que cette note méthodologique " devra préciser de façon synthétique sa propre compréhension de l'opération à réaliser, et la composition de son équipe dédiée à la réalisation des missions en phases études et réalisation ". L'article 12 du RC de cette phase 2 définit pour sa part les trois critères servant à juger l'offre économiquement la plus avantageuse. Le critère 1, relatif à la " cohérence d'ensemble de l'offre proposée appréciée au regard de la qualité et de la précision des informations figurant dans la note méthodologique du candidat ", prévoit que la qualité et la précision des informations figurant dans la note méthodologique seront évaluées, à hauteur de 25 points, au regard de l'" adéquation entre l'expérience des personnes dédiées à la réalisation de cette mission au regard des compétences attendues et des prestations qui leur seront confiées dans le cadre du marché " et, à hauteur de 25 points, au regard de la " qualité de l'appréhension des enjeux et contraintes du programme et des séquençages des études et des suivis de travaux pour chaque établissement géré concomitamment, la " pertinence de la méthodologie présentée par le candidat garantissant notamment le respect de l'estimation prévisionnelle et des objectifs attendus ". Le critère n° 2, relatif à la " cohérence de la répartition des honoraires entre les cotraitants et adéquation des volumes horaires par éléments de mission au regard des missions attendues ", sera apprécié, à hauteur de 25 points, " au vu de la cohérence des montants et des volumes horaires entre éléments de mission au regard des prescriptions techniques et des contraintes du projet ". Enfin, le critère n°3, relatif au prix, noté sur 25 points, sera apprécié au regard d'un forfait de rémunération noté par application d'une formule mathématique déterminée.
7. En premier lieu, il est vrai que le groupement B, conformément aux règles -rappelées au point 5- fixées par le RC de la phase 1, a bien remis, notamment, des CV et un organigramme de l'équipe de maîtrise d'œuvre dédiée et a d'ailleurs été sélectionné pour participer à la phase 2 de cette procédure restreinte. En revanche, il résulte de l'instruction que le groupement, lorsqu'il a remis la note méthodologique mentionnée à l'article 14 du RC, n'a fourni, lors de la phase 2, ni la composition ni la qualification ni les CV des membres de son équipe dédiée et n'a pas davantage procédé à la désignation du référent et de son suppléant. Dans ces conditions, et compte tenu également de l'analyse du contenu de cette note méthodologique de quatre pages au regard des règles -mentionnées au point 6- du RC de la phase 2, le pouvoir adjudicateur, en décidant d'attribuer au groupement B, lors de cette phase 2, qui était totalement distincte de la phase 1, une note de 0 sur 25 sur le sous-critère " adéquation entre l'expérience des personnes dédiées à la réalisation de cette mission au regard des compétences attendues et des prestations qui leur seront confiées dans le cadre du marché " du critère n° 1 n'a pas dénaturé le contenu de l'offre du groupement.
8. En second lieu, compte tenu de l'office du juge rappelé au point 4, l'acheteur public, en attribuant au groupement une note de 20 sur 25 sur le critère n°2 au motif que le temps dédié par l'équipe d'œuvre à la phase DET, évalué à 0,74h par semaine et par lycée, était insuffisant, ne peut pas être regardé comme ayant dénaturé le contenu de l'offre du groupement sur ce point.
9. Il résulte de ce qui précède que la société requérante ne peut pas utilement invoquer l'appréciation que la région Bourgogne Franche-Comté a portée sur la valeur de l'offre du groupement.
10. Les conclusions présentées par la société requérante sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société B une somme de 1 000 euros à verser à la région Bourgogne Franche-Comté au titre des frais que cette dernière a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société B Architectes est rejetée.
Article 2 : La société B Architectes versera à la région Bourgogne Franche-Comté une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société B Architectes, à la région Bourgogne Franche-Comté et au groupement Arch'cade.
Fait à Dijon le 19 octobre 2022.
Le juge des référés,
L. A
La République mande et ordonne au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026