mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202972 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DESPRAT ADÈLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2022, M. A C, représenté par Me Desprat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, en date du 13 septembre 2022, par laquelle la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prescrit sa sortie du lieu d'hébergement qui lui avait été attribué au titre des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile.
2°) de faire injonction à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à venir,
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée, dès lors que la décision en litige le plonge dans une situation de grande précarité et compromet les études qu'il vient d'entamer à l'université de Bourgogne ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, laquelle :
•méconnaît l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
•est entachée d'erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la situation d'urgence alléguée résulte du comportement du requérant lui-même ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en effet :
•il a bien été procédé à l'examen de la vulnérabilité de M. B ;
•ce dernier s'est absenté plus de sept fois de son lieu d'hébergement, ne s'est pas acquitté de ses dernières cautions, et ne répond pas aux appels, de sorte qu'il a été valablement fait application, à son encontre, des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2202973, enregistrée le 15 novembre 2022.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong greffière d'audience :
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- et les observations de Me Desprat, pour M. B, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né en 2002 et de nationalité tchadienne, est entré en France au début de l'année 2022 et a déposé une demande d'asile actuellement en cours d'instruction dans les services de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il a ainsi été admis au bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Toutefois, par la décision attaquée, en date du 13 septembre 2022, la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prescrit sa sortie du lieu d'hébergement attribué à ce titre, sis à Pouilly-en-Auxois.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.
Sur la demande de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
5. La décision attaquée a pour effet de contraindre M. B, demandeur d'asile, dépourvu de ressources suffisantes pour louer un logement ou payer un hôtel, à vivre dans la rue ou à se procurer des solutions d'hébergement des plus précaires. Il vit ainsi actuellement dans un squat insalubre. Cette situation de précarité suffit à caractériser l'urgence, quand bien même l'intéressé, qui est en bonne santé et sans charge de famille, ne présente pas de vulnérabilité particulière. La condition d'urgence est donc remplie.
6. En second lieu, le moyen tiré de l'inexacte application de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile se révèle de nature, en l'état de l'instruction, à susciter un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision de la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 13 septembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Compte tenu de la portée du moyen retenu comme propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, la présente ordonnance implique nécessairement, au sens de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que M. B soit mis à même de retrouver la jouissance du lieu d'hébergement qui lui avait été attribué ou, à défaut, d'un logement équivalent situé à distance raisonnable de l'université de Bourgogne où il a entamé des études, cela à titre provisoire pendant la durée de l'instance au fond ou, si elle s'avère plus courte, pendant la durée de la procédure d'asile actuellement pendante. Une injonction doit être adressée en ce sens à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, assortie d'un délai de huit jours.
Sur les frais liés au litige :
9. L'Etat n'étant pas partie au litige, les conclusions dirigées contre lui sur le fondement des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision de la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 13 décembre 2022 prescrivant la sortie de M. B du lieu d'hébergement qui lui avait été assigné à Pouilly-en-Auxois au titre des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile est suspendue.
Article 3 : Il est fait injonction de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. B dans la jouissance du lieu d'hébergement en cause ou de tout autre logement équivalent, cela dans les huit jours suivant la notification de la présente ordonnance et pendant la durée de l'instance au fond n° 2202973 ou, si elle s'avère plus courte, pendant la durée de la procédure d'asile actuellement pendante.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Me Desprat et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Dijon, le 30 novembre 2022.
Le juge des référés,
D. ZUPAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026