jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202973 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DESPRAT ADÈLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2022, M. A B C, représenté par Me Desprat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 13 septembre 2022 par laquelle la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait en qualité de demandeur d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'inexactitudes matérielles ;
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une décision du 23 janvier 2023, M. B C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 13 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 février 2023.
Un mémoire a été enregistré le 27 février 2023 pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration et n'a pas été communiqué, l'instruction étant close.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Viotti, conseillère, a seul été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant tchadien né le 3 juillet 2022 à Chadra, a présenté une demande d'asile auprès des services de la préfecture de Côte-d'Or le 17 mars 2022. Le 21 mars 2022, il a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au titre des conditions matérielles d'accueil. Le 13 septembre 2022, la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a notifié une décision de sortie du lieu d'hébergement qui avait été mis à sa disposition durant l'instruction de sa demande d'asile à Pouilly-en-Auxois, et l'a informé qu'il serait désormais domicilié auprès du service de premier accueil des demandeurs d'asile situé à Fontaine-lès-Dijon. Par décision du même jour, la directrice l'a informé que l'abandon du lieu d'hébergement est un motif de cessation des conditions matérielles d'accueil, qu'il lui était imparti un délai de quinze jours pour justifier de son absence et qu'à défaut, la décision de sortie du lieu d'hébergement et la cessation totale de ses conditions matérielles d'accueil " seront confirmées, sans nouvel avis ". Compte tenu de ses termes, cette décision doit être regardée comme ayant mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. B C. Par la présente requête, il en demande l'annulation.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par décision du 23 janvier 2023, M. B C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III ". Aux termes de l'article L. 551-9 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente ". L'article L. 551-16 de ce code dispose : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret () ". Selon l'article D. 551-18 dudit code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 551-21 de ce code : " Pour l'application du 2° de l'article L. 551-16, un demandeur d'asile est considéré comme ayant quitté son lieu d'hébergement s'il s'en absente plus d'une semaine sans justification valable. / Dans ce cas, le gestionnaire du lieu en informe sans délai, en application de l'article L. 552-5, l'Office français de l'immigration et de l'intégration ".
4. Pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. B C, la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est fondée sur la circonstance que l'intervenante sociale de l'intéressé a des difficultés à le joindre ainsi qu'à le voir en rendez-vous, qu'il est absent du lieu d'hébergement depuis le 1er septembre 2022, qu'il n'a pas honoré son rendez-vous pour payer sa caution du mois de septembre malgré de multiples relances par courrier et par téléphone et que sa chambre est envahie de vêtements, valises et nourriture périmée.
5. Toutefois, M. B C fait valoir, d'une part, qu'il se rendait à Dijon afin d'obtenir une inscription à l'université, ce dont il atteste en versant un avis d'admission en première année de licence en économie daté du 14 septembre 2022, et, d'autre part, qu'il rentrait en soirée après la fermeture des bureaux de sa structure d'accueil. Il indique par ailleurs que l'absence de restauration sur place et la faiblesse de ses ressources le contraignent à consommer de la nourriture ayant parfois dépassé la date limite de péremption. Enfin, il produit le témoignage d'un de ses co-résidents qui atteste que l'accès au foyer n'est pas surveillé et qu'il n'a jamais constaté l'absence de M. B C en soirée du 1er septembre au 15 septembre 2022. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, les seules circonstances que M. B C ne se rende pas aux entretiens malgré plusieurs relances, ne règle pas le montant de sa caution et ne garde pas en ordre son logement ne suffisent pas, par elles-mêmes, à établir qu'il se serait absenté sept jours consécutifs de celui-ci sans justification valable. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a méconnu les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B C est fondé à demander l'annulation de la décision du 13 septembre 2022 par laquelle la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait en qualité de demandeur d'asile.
Sur les frais liés au litige :
7. L'Etat n'est pas partie à l'instance qui oppose M. B C à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, établissement public administratif doté de la personnalité juridique. Il s'ensuit que les conclusions tendant à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Desprat sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont en tout état de cause mal dirigées et ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B C.
Article 2 : La décision du 13 septembre 2022 par laquelle la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil de M. B C est annulée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Desprat.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure,
O. ViottiLe président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2202973
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026