jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2203020 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MOUNDOUNGA NTSIGOU SERGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 novembre et 29 décembre 2022,
M. C A, représenté par Me Moundounga, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mai 2022 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ainsi que la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir et de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui-même au titre des dispositions de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il lui est loisible de solliciter un visa de régularisation sur le fondement de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Par un courrier du 18 janvier 2023, les parties ont été informées de ce que, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi, dès lors que l'obligation de solliciter l'autorisation spéciale délivrée par le représentant de l'État à Mayotte, que doit obtenir l'étranger titulaire d'un titre de séjour délivré à Mayotte, dont la validité est limitée à ce département, lorsqu'il entend se rendre dans un autre département, prévue par les dispositions de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas applicable à M. A, puisque le dernier alinéa de ce même article prévoit une dispense de l'obligation de solliciter cette autorisation spéciale pour les partenaires liés par un pacte civil de solidarité de citoyens français.
M. A, représenté par Me Moundounga, a présenté des observations en réponse à ce moyen d'ordre public par un mémoire enregistré le 21 janvier 2023.
Le préfet de Saône-et-Loire a présenté des observations en réponse à ce moyen d'ordre public par un mémoire enregistré le 27 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant comorien né le 31 décembre 1989, est entré sur le territoire métropolitain le 6 août 2021, alors qu'il était titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", délivrée le 22 janvier 2020 par le représentant de l'Etat à Mayotte et valable jusqu'au 21 janvier 2022. Le 15 mars 2022, il a sollicité le renouvellement de cette carte et la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par une décision du 11 mai 2022, le préfet de Saône-et-Loire a opposé à M. A un refus de renouveler son titre de séjour, au motif de son entrée sur le territoire métropolitain sans visa. Par deux courriers du 15 juillet 2022, réceptionnés le 18 juillet 2022, M. A a formé un recours gracieux auprès du préfet de Saône-et-Loire et un recours hiérarchique auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer. Ces deux recours administratifs ont fait naître des décisions implicites de rejet. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 11 mai 2022 portant refus de séjour ainsi que des deux décisions implicites de rejet de ses recours gracieux et hiérarchiques.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2, les titres de séjour délivrés par le représentant de l'Etat à Mayotte, à l'exception des titres délivrés en application des dispositions des articles L. 233-5, L. 421-11, L. 421-14, L. 421-22, L. 422-10, L. 422-11, L. 422-12, L. 422-14, L. 424-9, L. 424-11 et L. 426-11 et des dispositions relatives à la carte de résident, n'autorisent le séjour que sur le territoire de Mayotte. / Les ressortissants de pays figurant sur la liste, annexée au règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des Etats membres, qui résident régulièrement à Mayotte sous couvert d'un titre de séjour n'autorisant que le séjour à Mayotte et qui souhaitent se rendre dans un autre département, une collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou à Saint-Pierre-et-Miquelon doivent obtenir une autorisation spéciale prenant la forme d'un visa apposé sur leur document de voyage. Ce visa est délivré, pour une durée et dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, par le représentant de l'Etat à Mayotte après avis du représentant de l'Etat du département ou de la collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou de Saint-Pierre-et-Miquelon où ils se rendent, en tenant compte notamment du risque de maintien irrégulier des intéressés hors du territoire de Mayotte et des considérations d'ordre public. / () / Les conjoints, partenaires liés par un pacte civil de solidarité, descendants directs âgés de moins de vingt et un ans ou à charge et ascendants directs à charge des citoyens français bénéficiant des dispositions du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne relatives aux libertés de circulation sont dispensés de l'obligation de solliciter l'autorisation spéciale prenant la forme d'un visa mentionnée au présent article ".
3. Pour refuser de délivrer un titre de séjour au requérant, le préfet de Saône-et-Loire s'est fondé sur le premier alinéa précité de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoit, pour l'étranger titulaire d'un titre de séjour délivré à Mayotte, dont la validité est limitée à ce département, l'obligation de solliciter une autorisation spéciale délivrée par le représentant de l'État à Mayotte afin de se rendre dans un autre département. Toutefois, en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article
L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la qualité de partenaire lié par un pacte civil de solidarité à un citoyen français dispense l'étranger partenaire de l'obligation de solliciter l'autorisation spéciale exigée par les dispositions précitées de l'article
L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que M. A a, le 22 juillet 2021, conclu un pacte civil de solidarité avec une ressortissante française sur le territoire de Mayotte. Dans ces conditions, alors que l'intéressé entrait dans l'une des catégories d'étrangers dispensés de l'obligation de solliciter l'autorisation spéciale prévue par les dispositions de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Saône-et-Loire ne pouvait légalement opposer à M. A une entrée irrégulière pour refuser sa demande de titre de séjour. En se fondant, à tort, sur le premier alinéa précité de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Saône-et-Loire a ainsi méconnu le champ d'application de la loi.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de séjour, ainsi que des décisions implicites de rejet de ses recours gracieux et hiérarchique.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de Saône-et-Loire de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Moundounga, conseil de M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État aux missions d'aide juridictionnelle qui lui ont été confiées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision portant refus de séjour du préfet de Saône-et-Loire du 11 mai 2022 ainsi que les décisions implicites de rejet des recours gracieux et hiérarchique formés par le requérant sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer la demande de titre de séjour présentée par M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera au conseil de M. A la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir les sommes correspondantes à la part contributive de l'Etat au titre de ses missions d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Moundounga.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Dijon en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
Le président-rapporteur,
P. B
L'assesseur le plus ancien,
N. Zeudmi Sahraoui
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026