vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2203185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BEN HADJ YOUNES SANA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2022, Mme A B épouse C, représentée par Me Ben Hadj Younes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que :
- sa requête est recevable ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision sera annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait l'intérêt supérieur de ses enfants ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 octobre 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2023, le préfet de la Côte-d'Or, représenté par la SELARL Centaure avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hunault,
- et les observations de Me Ben Hadj Younes, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante arménienne née le 29 décembre 1992, est entrée irrégulièrement en France le 17 mai 2015. Ses demandes d'asile et de réexamen ont été rejetées tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). L'intéressée a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 30 juin 2017 dont le recours en annulation a été rejeté par le tribunal et la cour administrative d'appel de Lyon et qui n'a pas été exécutée. Elle a de nouveau fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 24 mai 2019, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français, qui n'a pas davantage été exécutée en dépit du rejet par le tribunal, puis la cour administrative d'appel de Lyon, du recours en annulation présenté par Mme B. Le 4 février 2021, cette dernière a saisi le préfet de la Côte-d'Or d'une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise notamment l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles pertinents de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne, en outre, la situation administrative, personnelle et familiale de Mme B. Dans ces conditions et alors que, pour satisfaire à son obligation de motivation, le préfet n'était nullement tenu de faire état de l'ensemble des éléments de la situation de la requérante, l'arrêté énonce, avec une précision suffisante, les éléments de droit et de fait qui le fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation du refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
4. Mme B se prévaut de la présence et de l'intégration de sa famille en France, de sa maitrise de la langue française, d'une expérience en qualité de bénévole dans une association entre 2018 et 2020 et de la scolarisation de ses deux enfants respectivement en maternelle et en primaire. Toutefois, ces seuls éléments ne constituent pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens l'article de L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui seraient susceptibles de lui ouvrir un droit au séjour en France. Si l'intéressée, qui ne démontre nullement être isolée dans son pays d'origine, est entrée sur le territoire français en 2015 avec son époux, respectivement à l'âge de vingt-trois et vingt-six ans en compagnie de leur premier enfant, elle s'y est maintenue irrégulièrement en dépit des rejets de leurs demandes d'asile et des mesures d'éloignement dont elle a fait l'objet. Enfin, la requérante ne justifie d'aucune insertion professionnelle significative en France. Dans ces conditions, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme B.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que l'annulation par voie de conséquence de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut être prononcée.
7. En second lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
8. En l'espèce, il n'est pas justifié de circonstances faisant obstacle à ce que la cellule familiale de Mme B se reconstitue en Arménie, où pourront la suivre son époux, lequel se trouve dans une situation administrative identique à la sienne, et leurs deux enfants mineurs. La décision attaquée ne fait pas davantage obstacle à la poursuite, dans leur pays d'origine, de la scolarité des enfants mineurs du couple dont l'ainé était, à la date de la décision attaquée, seulement scolarisé en classe élémentaire. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants ne peut être accueilli.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. Au soutien du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du choix du pays de renvoi, Mme B se borne à alléguer être " menacée " dans son pays d'origine sans assortir ses dires de la moindre précision ni justification alors que ses demandes d'asile ont été, ainsi qu'il a été dit, rejetées. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 25 juillet 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par cette dernière doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande Mme B au titre des frais que celle-ci a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par le préfet de la Côte-d'Or.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Ben Hadj Younes.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Hunault, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.
La rapporteure,
K. HunaultLe président,
L. BoissyLa greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026