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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2203263

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2203263

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2203263
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationREFERE
Avocat requérantRIQUET-MICHEL ADRIENNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 décembre 2022, M. D B, représenté par Me Riquet-Michel, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler, d'une part, l'arrêté, en date du 14 décembre 2022, par lequel le préfet de la Côte-d'Or lui a prescrit l'obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office et a assorti cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans, d'autre part, l'arrêté du même jour l'assignant à résidence à Dijon pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de faire injonction au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour dans le mois suivant la notification du jugement à venir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;

4°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français :

•est entachée d'un vice d'incompétence ;

•résulte d'une procédure irrégulière, son placement en retenue ayant été opéré sans que le procureur de la République en ait été averti, comme l'impose l'article L. 813-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans qu'il ait bénéficié d'un interprète et du droit d'être entendu, en violation de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et du principe général y afférent ;

•procède d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

•est insuffisamment motivée ;

•est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

•procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

•est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

•procède d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté d'assignation à résidence est dépourvu de base légale du fait de l'illégalité de l'arrêté d'éloignement.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 décembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B le versement à l'Etat de la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 813-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant ;

- les autres moyens sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me Riquet-Michel, pour M. B, qui s'en est rapportée au mémoire introductif d'instance ;

- les observations de M. C, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui s'en est rapporté au mémoire en défense.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né en 1993 et de nationalité comorienne, est entré en France en juin 2019 muni d'un visa de court séjour et s'y est maintenu depuis lors. Par les arrêtés attaqués, en date du 14 décembre 2022 et qui font suite à son interpellation par les services de la police aux frontières, le préfet de la Côte-d'Or, d'une art, lui a assigné l'obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office et a assorti cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans, d'autre part, l'a assigné à résidence à Dijon pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 11 juillet 1990 visée ci-dessus.

Sur la légalité de l'arrêté d'éloignement :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. Frédéric Carre, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or, investi à cet effet d'une délégation en vertu d'un arrêté du préfet de ce département du 17 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs. Cette délégation de signature, qui porte sur l'ensemble des actes relevant de la compétence de l'autorité préfectorale à l'exception de quelques catégories de mesures sans rapport avec le séjour et l'éloignement des étrangers, définit ainsi suffisamment son étendue sans porter sur la totalité des pouvoirs de cette autorité. Le moyen tiré du vice d'incompétence doit dès lors être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les contrôles des obligations de détention, de port et de présentation des pièces et documents prévus à l'article L. 812-1 peuvent être effectués dans les situations suivantes : / () / 2° A la suite d'un contrôle d'identité effectué en application des articles 78-1 à 78-2-2 du code de procédure pénale, selon les modalités prévues à ces articles, si des éléments objectifs déduits de circonstances extérieures à la personne même de l'intéressé sont de nature à faire apparaître sa qualité d'étranger ; () ". Aux termes de l'article L. 813-1 du même code : " Si, à l'occasion d'un contrôle mentionné à l'article L. 812-2, il apparaît qu'un étranger n'est pas en mesure de justifier de son droit de circuler ou de séjourner en France, il peut être retenu aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français. Dans ce cadre, l'étranger peut être conduit dans un local de police ou de gendarmerie et y être retenu par un officier de police judiciaire de la police nationale ou de la gendarmerie nationale ". Aux termes de l'article L. 813-2 du même code : " Lorsqu'un étranger retenu aux fins de vérification de son identité en application de l'article 78-3 du code de procédure pénale n'est pas en mesure de justifier de son droit de circuler ou de séjourner en France, les dispositions de l'article L. 813-1 sont applicables ". Enfin, aux termes de l'article L. 813-4 de ce code : " Le procureur de la République est informé dès le début de la retenue et peut y mettre fin à tout moment "

5. Les mesures de contrôle et de retenue que prévoient ces dispositions sont uniquement destinées à la vérification du droit de séjour et de circulation de l'étranger qui en fait l'objet et sont placées sous le contrôle du procureur de la République. Elles sont ainsi distinctes de la décision par laquelle le préfet fait obligation à l'étranger de quitter le territoire français et n'en conditionnent pas la légalité. Dès lors, les conditions dans lesquelles M. B a été contrôlé, en application des dispositions de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puis retenu en application de l'article L. 813-1 du même code sont sans influence sur la légalité de la décision attaquée. Le moyen tiré de la méconnaissance de la formalité prescrite par l'article L. 813-4 de ce code est donc en tout état de cause inopérant.

6. En troisième lieu, lorsqu'il oblige un étranger à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet doit appliquer les principes généraux du droit de l'Union européenne, dont celui du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle défavorable ne soit prise à son encontre, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Lorsqu'il demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, y compris au titre de l'asile, l'étranger, du fait même de l'accomplissement de cette démarche qui vise à ce qu'il soit autorisé à se maintenir en France et ne puisse donc pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement forcé, ne saurait ignorer qu'en cas de refus il sera en revanche susceptible de faire l'objet d'une telle décision. Il lui appartient d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles, qui seraient de nature, le cas échéant à influer sur le sens des décisions prises. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision défavorable que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de cette décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

7. Il ressort des pièces du dossier, en l'espèce, et notamment du procès-verbal d'audition établi le 13 décembre 2022, que M. B a été dûment informé, lors de sa retenue, de la possibilité pour l'administration de prendre à son encontre une mesure d'éloignement et a été mis à même, à cette occasion, de faire valoir ses observations. Il n'apparaît pas qu'il ait été empêché de s'exprimer ou de communiquer tout document utile avant que ne soit prise la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la violation du droit à être entendu doit être écarté.

8. Aux termes, en quatrième lieu, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance " et " il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Si M. B se prévaut de plus de trois ans de séjour en France et d'une certaine insertion professionnelle, il ressort du procès-verbal de son audition par les services de la police aux frontières qu'il a fait usage, pour se maintenir sur le territoire national et y exercer une activité salariée, d'une fausse carte nationale d'identité. Par ailleurs, il est constant qu'il est célibataire, sans charge de famille, et qu'il a conservé des attaches familiales aux Comores, où vit encore, notamment, sa mère. Les attestations versées aux débats ne peuvent suffire à caractériser l'existence de relations anciennes, intenses et stables en France. Dans ces conditions, la mesure d'éloignement contestée ne saurait être regardée comme portant une atteinte excessive au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale et comme prise en violation, dès lors, des stipulations conventionnelles citées au point précédent. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle du requérant ne peut davantage être accueilli.

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Selon l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, l'article L. 612-3 dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ".

11. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions citées au point précédent et mentionne, pour refuser à M. B un délai de départ volontaire, que l'intéressé n'a effectué aucune démarche à l'effet de régulariser sa situation depuis l'expiration de son visa en juillet 2019, qu'il n'a pu présenter lors de son interpellation de documents d'identité ou de séjour ni justifier d'un domicile fixe, et qu'il a indiqué lors de son audition, d'une part, avoir l'intention de se maintenir sur le territoire français, d'autre part, avoir précédemment fait usage, dans ce but, de faux documents. Il a ainsi été satisfait à l'exigence de motivation prescrite en la matière par l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

12. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision en litige ni des autres pièces du dossier que le préfet aurait négligé de procéder à une examen attentif et individualisé de la situation de M. B.

13. En troisième lieu, et alors que M. B ne conteste pas la matérialité des éléments retracés au point 11 ni n'argue de l'existence de circonstances particulières au sens de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré d'une " erreur manifeste d'appréciation " n'est pas assorti de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'encourant pas la censure du tribunal eu égard à ce que précède, il est vainement excipé de son illégalité au soutien des conclusions dirigées contre l'interdiction de retour.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

16. Contrairement à ce que soutient M. B, le préfet de la Côte-d'Or a pu à bon droit estimer que la détention d'une fausse carte nationale d'identité était de nature, compte tenu de l'usage qui peut être fait d'un tel document, à créer une menace pour l'ordre public. Au demeurant, cette mention de l'arrêté en litige ne constitue que l'un des aspects de la motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, qui se fonde également sur le fait que l'intéressé n'a effectué aucune démarche à l'effet de régulariser sa situation depuis l'expiration de son visa, qu'il est célibataire, sans charge de famille, et qu'il ne démontre pas avoir, comme il l'alléguait lors de son audition, des frères et sœurs de nationalité française. Ces éléments n'étant pas discutés, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure en cause sur la situation personnelle du requérant doivent être écartés.

Sur la légalité de l'arrêté d'assignation à résidence :

17. L'arrêté d'éloignement n'encourant pas l'annulation ainsi qu'il a été énoncé aux points précédents, il est vainement excipé de son illégalité au soutien des conclusions dirigées contre l'arrêté assignant M. B à résidence à Dijon pour une durée de quarante-cinq jours.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés pris à son encontre le 14 décembre 2022 par le préfet de la Côte-d'Or.

Sur les conclusions à fon d'injonction :

19. Le présent jugement, qui rejette l'ensemble des conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions en injonction ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. B ou à son avocate, par combinaison avec l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au même titre par le préfet de la Côte-d'Or.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.

Le président du tribunal,

D. A

Le greffier,

J. TESTORI

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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