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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2203332

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2203332

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2203332
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantKOSZCZANSKI VANESSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 décembre 2022 et 4 mai 2023, M. D, représenté par le Cabinet d'avocats Koszczanski et Berdugo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, le temps de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans les deux cas dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

* en ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors que ses deux premiers enfants sont présents en France ;

- elle méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et procède à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation des faits ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

* en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît l'article L. 611-3 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, le préfet de l'Yonne, représenté par la Selarl Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le préfet soutient que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Blacher,

- et les observations de Me Coquillon, représentant le préfet de l'Yonne.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de nationalité ivoirienne né le 25 avril 1980, déclare être entré régulièrement en France le 26 mars 2018, muni de son passeport ivoirien revêtu d'un visa C valable 90 jours, accompagné de ses deux enfants mineurs. Le 24 août 2020, l'intéressé a formé une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en se prévalant de sa qualité de parent d'une enfant française née le 27 janvier 2020. Par un arrêté du 21 novembre 2022, le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, la décision de refus de séjour, qui vise les textes internationaux et nationaux pertinents, rappelle les éléments relatifs à l'entrée et au séjour en France de M. B et expose les motifs pour lesquels ce dernier ne remplit pas les conditions requises par l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français. Si le requérant fait valoir que le préfet indique à tort, d'une part, qu'il ne justifie pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant français, d'autre part, que ses deux enfants aînés résideraient en Côte-d'Ivoire, ces circonstances relèvent d'une appréciation de fond et non de la motivation de la décision. Dans ces conditions, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, motivée ainsi qu'il a été dit ci-dessus, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet se serait abstenu, préalablement à l'édiction de sa décision, de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.

4. En troisième lieu, M. B fait valoir que la décision attaquée mentionne à tort que ses deux enfants aînés résident en Côte-d'Ivoire alors qu'ils sont entrés en France en même temps que lui en 2018. Il ressort des pièces du dossier, notamment des certificats de scolarité produits, que Koffi B, né le 13 juin 2003, et Mira B, née le 25 mai 2009, sont effectivement scolarisés en France de manière continue depuis l'année scolaire 2017/2018 pour le premier, 2018/2019 pour la seconde. Dans ces conditions, la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait. Toutefois, alors que cet élément de fait a été pris en compte par le préfet seulement lors de l'appréciation de la vie privée et familiale de M. B en France et en Côte-d'Ivoire, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur l'absence d'isolement de l'intéressé dans son pays d'origine du fait notamment de la présence de son épouse.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant () ".

6. D'une part, la décision attaquée mentionne que M. B " n'a pas produit de visa valable pour la France métropolitaine pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois conformément à l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", alors que les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile exclut expressément la nécessité de détenir un visa de long séjour. Toutefois, il ne résulte ni des motifs de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet aurait tiré des conséquences juridiques de ce constat ou qu'il en aurait fait un motif du refus de titre de séjour.

7. D'autre part, le lien de filiation entre M. B et l'enfant Eden B A, née le 27 janvier 2020 de la relation entre le requérant et Mme C, de nationalité française, n'est pas contesté par le préfet. En revanche, alors que M. B indique être séparé de Mme A et que l'un vit à Auxerre, dans l'Yonne, et l'autre à Etampes, dans le département de l'Essonne, avec l'enfant Eden, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des justificatifs d'envois d'argent produits à l'instance -lesquels sont très ponctuels pour les années 2020 et 2021 et plus réguliers en 2022- et des seules attestations de Mme A ou de proches du requérant, que ce dernier participerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans.

8. Il résulte de ce qui précède qu'à la date de la décision attaquée, le préfet de l'Yonne n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

10. Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Il en résulte qu'un étranger ne peut utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'étaient pas invoquées à l'appui de sa demande et qui n'ont pas été examinées d'office par le préfet.

11. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait présenté, ne serait-ce que subsidiairement, une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne résulte pas non plus des termes de la décision attaquée que le préfet de l'Yonne aurait entendu examiner d'office la demande de l'intéressé sur ce fondement. Par suite, le requérant ne peut pas utilement invoquer la méconnaissance de ces dispositions.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. M. B fait valoir qu'il est entré en France en mars 2018, accompagné de ses deux enfants mineurs alors âgés de 15 et 11 ans, qu'ils résident depuis lors tous ensemble chez sa sœur, de nationalité française, qui prend en charge financièrement son neveu et sa nièce, que ses enfants sont scolarisés en France depuis l'année scolaire 2017/2018 et enfin qu'une enfant française née le 27 janvier 2020 est née de sa relation avec une ressortissante française. Toutefois, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantit pas à l'étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer sa vie privée et familiale. En l'espèce, si M. B est entré régulièrement en France en 2018 sous couvert d'un visa de court séjour, il a ensuite fait le choix de s'y maintenir irrégulièrement avec ses deux enfants sans effectuer aucune démarche en vue de régulariser sa situation. En outre, alors qu'il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. B et Mme A sont séparés et que le requérant n'établit pas participer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant Eden depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale avec ses deux enfants ainés, dont l'un est au demeurant devenu majeur, se reconstitue dans le pays dont ils ont tous la nationalité, où réside l'épouse de l'intéressé, mère des deux enfants, et où les enfants pourront poursuivre leur scolarité. De plus, le requérant, qui indique que ses deux enfants aînés sont pris en charge financièrement par sa sœur chez qui ils vivent, ne démontre aucune intégration professionnelle source de revenus, ni aucune insertion sociale. Ainsi, eu égard aux conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé, la décision de refus de séjour ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision de refus de séjour sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

16. En l'espèce, la décision portant refus de séjour n'a, par elle-même, ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de leur père, le requérant ne faisant état en outre d'aucune circonstance particulière qui ferait obstacle à ce que ses enfants poursuivent leur scolarité en Côte-d'Ivoire, pays dont ils ont la nationalité. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit, le requérant n'établit pas participer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant français depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".

18. Il résulte de ce qui a été exposé au point 7 que si M. B est le père d'une enfant française née le 27 janvier 2020, en revanche, il n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de cette enfant depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

19. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, et tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressé, doivent être écartés.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 novembre 2022, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande du préfet de l'Yonne sur le fondement des mêmes dispositions.

DECIDE :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de l'Yonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet de l'Yonne.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 12 mai 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- M. Blacher, premier conseiller,

- Mme Hunault, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

Le rapporteur,

S. BlacherLe président,

L. Boissy

La greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier

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