mardi 17 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300111 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | SCP BON DE SAULCE LATOUR |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête enregistrée le 12 janvier 2023 sous le n° 2300111, M. E A B, représenté par la SCP Bon De Saulce Latour, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2023 par lequel le préfet de la Nièvre l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
2°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision est illégale, par la voie de l'exception de l'illégalité de l'arrêté du 11 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire français ;
- il n'est apporté aucune justification quant à l'existence d'une perspective raisonnable d'éloignement ;
- l'assignation à résidence n'est pas justifiée ni proportionnée, porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 16 janvier 2023, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II - Par une requête enregistrée le 12 janvier 2023 sous le n° 2300112, M. E A B, représenté par la SCP Bon de Saulce Latour, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2023 par lequel le préfet de la Nièvre a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Nièvre de lui délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " ;
3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de séjour :
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers compte tenu de ses liens familiaux en France où il vit avec sa compagne, qui est enceinte ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :
- elle ne repose sur aucun motif ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour :
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et d'erreur d'appréciation.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain modifié du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 17 janvier 2023.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :
- le rapport de Mme D C,
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A B, ressortissant marocain né le 23 janvier 1998, est entré irrégulièrement en France en 2021, selon ses déclarations. Il a été interpelé le 10 janvier 2023, sans document d'identité ni visa ou titre de séjour. Par arrêté du 11 janvier 2023, le préfet de la Nièvre l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par arrêté du même jour, le préfet de la Nièvre a assigné M. A B à résidence pour une durée de 45 jours. Par ses requêtes n°2300111 et 2300112, qu'il y a lieu de joindre pour qu'il y soit statué par un jugement unique, M. A B demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A B.
Sur la compétence du magistrat désigné :
4. Il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, saisi dans le cas prévu à l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et, le cas échéant, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence dont il est saisi, ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dont elles sont assorties. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'un refus de séjour, ainsi que sur les conclusions accessoires dont elles sont assorties.
5. En l'espèce, si la décision attaquée dans la requête n°2300112 ne prononce pas explicitement de décision de refus de séjour, le préfet de la Nièvre s'est, d'office, prononcé sur la possibilité d'admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, il y a lieu de renvoyer les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Nièvre a refusé de délivrer au requérant un titre de séjour, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, à la formation du tribunal compétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour :
En ce qui concerne la décision d'éloignement :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L.611-1 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
7. Si le préfet s'est prononcé sur la possibilité d'admission au séjour de M. A B sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a écarté cette possibilité, la décision d'éloignement n'est pas fondée sur la décision de refus de séjour qu'il a ainsi prononcée, mais uniquement sur la circonstance que l'intéressé n'a pu justifier d'une entrée régulière sur le territoire français. A supposer que M. A B puisse utilement exciper, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de séjour, et qu'à ce titre, il puisse utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est entré en France en 2021, depuis au plus deux ans à la date de la décision attaquée. Il a conservé des liens dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans, et où résident ses parents et ses frères. Il n'est fait état d'aucun élément quant à ses conditions d'existence ou à sa son insertion dans la société française. S'il justifie vivre avec une ressortissante française depuis le mois d'août 2022, cette relation demeure récente. Quant à la naissance à venir de l'enfant dont sa compagne est enceinte, cette situation ne lui confère pas de droit au séjour sur le territoire français, quand bien même il a reconnu cet enfant, au demeurant immédiatement après avoir reçu notification de l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, M. A B n'est pas fondé à soutenir que la décision d'éloignement porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et qu'elle méconnait par suite les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de séjour ne peut par conséquent qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 7., les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
9. Aux termes de l'article L. 612-3 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : (.. ) 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet.() ". Et aux termes de l'article L. 612-4 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. () ".
10. L'arrêté attaqué rappelle les dispositions des articles L. 612-3 et L. 612-4 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique que la situation de M. A B relève du 1° de l'article L. 612-4, permettant au préfet de refuser d'accorder un délai de départ volontaire. Il est ainsi suffisamment motivé et permet de comprendre les raisons pour lesquelles cette décision est édictée.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.
Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " ; et aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () "
12. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet a écarté les déclarations de M. A B s'agissant de la vie commune avec sa compagne, enceinte de leur futur enfant, au motif qu'il n'avait produit aucun élément probant durant la période de retenue administrative. Cependant, des éléments probants quant à la réalité de ces déclarations ont été apportés devant le tribunal, s'agissant tant de la vie commune que de la naissance attendue d'un enfant en mai 2023. Eu égard à cette situation, l'interdiction de retour prononcée à l'encontre de M. A B privera l'intéressé de la possibilité de revenir en France régulièrement, après exécution de la mesure d'éloignement, pour être présent lors de la naissance de son enfant et pour apporter l'aide nécessaire à sa compagne dans la période postnatale. Par suite, M. A B est fondé à soutenir qu'en prononçant à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an, le préfet de la Nièvre a entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2023 portant assignation à résidence
14. En premier lieu, la décision d'assignation se fonde uniquement sur les dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permettent à l'autorité administrative d'assigner à résidence l'étranger qui a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé, et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable. Par suite, l'annulation de l'interdiction de retour prononcée au point 13 du présent jugement demeure sans conséquence sur la légalité de la décision d'assignation à résidence, qui ne se fonde pas sur cette interdiction.
15. En deuxième lieu, M. A B ne fait état d'aucun élément permettant de considérer qu'à la date à laquelle l'interdiction de retour a été prononcée, l'exécution de la mesure d'éloignement, qui est concomitante à la première décision, ne pourrait être considérée comme une perspective raisonnable.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage. ". Et aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ". Les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative en vertu de ces dispositions doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.
17. En l'espèce, la décision attaquée assigne M. A B à résidence à l'adresse à laquelle il a déclaré résider, chez sa compagne, fixe le territoire du département de la Nièvre comme périmètre en dehors duquel il lui est interdit de se déplacer sans autorisation et fait obligation à ce dernier de se présenter au commissariat de Nevers tous les mardis et jeudis à 8 heures, hors jours fériés, afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation à résidence dont il fait l'objet. Le requérant n'apporte aucun élément de nature à démontrer le caractère excessif des modalités décrites ci-dessus au regard de sa situation personnelle. Dans ces conditions, les moyens tirés du caractère disproportionné des modalités de l'assignation à résidence et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 janvier 2023 portant assignation à résidence doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. L'exécution du présent jugement, qui annule l'arrêté du 11 janvier 2023 en tant seulement qu'il interdit le retour de El B sur le territoire français pour une durée d'un an, n'implique pas qu'il soit fait droit aux conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Nièvre de délivrer à l'intéressé un titre de séjour vie privée et familiale.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
20. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens dans la requête n° 2300111. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions fondées sur les mêmes dispositions dans la requête n° 2300112.
D E C I D E :
Article 1er : M. A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête n°2300112 tendant à l'annulation de la décision relative au séjour, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, sont renvoyées à la formation compétente du tribunal.
Article 3 : L'article 4 de l'arrêté n°2023-BII-14 du 11 janvier 2023 du préfet de la Nièvre est annulé.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes n°2300111 et n°2300112 de M. A B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B, au préfet de la Nièvre et à la SCP Bon De Saulce Latour.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mis à dispositions au greffe le 17 janvier 2023
Le magistrate désignée,
M-E. C
Le greffier,
J. Testori
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
2 ; 230011
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026