jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300134 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MOUNDOUNGA NTSIGOU SERGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2023 et un mémoire enregistré le 1er avril 2023, Mme B A, représentée par Me Moundounga, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 novembre 2022 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour mention étudiant, ou au titre de l'admission exceptionnelle au séjour en sa qualité de citoyenne algérienne, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- le préfet a commis une erreur de droit en lui opposant l'absence d'éléments nouveaux depuis le rejet de sa précédente demande, qui était fondée sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que sa nouvelle demande est fondée sur l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle pouvait obtenir un visa de régularisation sur le fondement de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet aurait dû statuer dans le cadre des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- le préfet n'aurait pas dû statuer dans le cadre des stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 s'agissant de la demande de titre de séjour étudiant ;
- le refus de lui accorder un titre de séjour étudiant est entaché d'erreur d'appréciation ;
- le refus de régularisation est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du
13 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
A seul été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née le 25 août 2001, est entrée en France le
21 décembre 2017 munie d'un visa de court séjour valable du 20 décembre 2017 au 19 mars 2018. Le 27 janvier 2021, elle a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article
L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du
2 février 2022, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de délivrer à Mme A un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a fixé le pays de destination. Le recours de Mme A contre les décisions de refus de séjour et d'éloignement a été rejeté par jugement du tribunal du 21 juin 2022, qui a en revanche annulé l'interdiction de retour. Le 13 septembre 2022, Mme A a sollicité un titre de séjour d'une part en qualité d'étudiante, d'autre part, à titre exceptionnel. Par décision du 14 novembre 2022, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté cette demande. Par la présente requête, Mme A en demande l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision du 14 novembre 2022 a été signée par M. Delavoët, secrétaire général de la préfecture de Saône-et-Loire, investi à cet effet d'une délégation selon un arrêté du 24 octobre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 71-2022-10-24-0001 de la préfecture de Saône-et-Loire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne que l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 subordonne la délivrance d'un titre de séjour en tant qu'étudiant à la présentation d'un visa de long séjour, et indique que Mme A n'a pas produit ce visa. En ce qui concerne la demande de régularisation à titre exceptionnel, elle rappelle la précédente décision du
1er février 2022, et indique qu'aucun élément nouveau n'est produit depuis ce précédent refus. Cette décision comporte ainsi une motivation en droit et en fait suffisante pour permettre à la requérante de critiquer utilement le refus de titre de séjour en litige.
4. En troisième lieu, d'une part, ainsi qu'il vient d'être dit, le préfet de Saône-et-Loire a fondé son refus de régularisation à titre exceptionnel sur l'absence d'élément nouveau depuis sa précédente décision du 1er février 2022 qui était fondée, non sur le pouvoir exceptionnel de régularisation dont dispose le préfet, mais sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile inapplicable en l'espèce. Pour autant, la décision attaquée ne fait pas, pour sa part, mention des dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne peut dès lors être regardée comme entachée d'erreur de droit pour s'être fondée à tort sur ces dispositions.
5. D'autre part, Mme A se prévaut des dispositions de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 412-1, préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger qui est entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ou qui, âgé de plus de dix-huit ans, n'a pas, après l'expiration depuis son entrée en France d'un délai de trois mois ou d'un délai supérieur fixé par décret en Conseil d'Etat, été muni d'une carte de séjour, acquitte un droit de visa de régularisation d'un montant égal à 200 euros, dont 50 euros, non remboursables, sont perçus lors de la demande de titre. () Le visa mentionné au premier alinéa tient lieu du visa de long séjour prévu au dernier alinéa de l'article L. 312-2 si les conditions pour le demander sont réunies. ". Toutefois,
Mme A, qui est de nationalité algérienne, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que les conditions d'entrée des ressortissants algériens en France sont régies par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
6. Enfin, Mme A ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, dès lors qu'elle n'a pas saisi le préfet de Saône-et-Loire d'une demande de certificat de résidence algérien sur ce fondement.
7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré des erreurs de droit qui entacheraient la décision attaquée doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes du titre III du protocole en date du 22 décembre 1985 annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants () reçoivent, sur présentation soit d'une attestation de préinscription ou d'inscription dans un établissement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire " " et aux termes de l'article 9 § 2 du même accord : " Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) (a à d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises ". Contrairement à ce qui est soutenu, ces stipulations sont seules applicables dans le cas d'un ressortissant algérien qui demande un titre de séjour étudiant.
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France munie d'un visa de court séjour. Il est constant qu'elle n'a pas justifié d'un visa de long séjour à l'appui de sa demande de certificat de résidence mention " étudiant " comme l'exigent les stipulations de l'accord franco-algérien mentionnées au point précédent. Dès lors, le préfet a pu à bon droit, pour ce seul motif et sans erreur de droit ou d'appréciation, refuser de délivrer à la requérante le titre de séjour sollicité.
10. En dernier lieu, Mme A, est entrée en France alors qu'elle était âgée de seize ans. Elle y a poursuivi sa scolarité et obtenu un certificat d'aptitude professionnelle, puis un baccalauréat professionnel, et a été admise à l'institut de formation en soins infirmiers. Elle justifie ainsi du caractère sérieux de ses études et de perspectives d'insertion professionnelles. Pour autant, elle ne fait état d'aucun élément qui ferait obstacle à ce qu'elle demande le visa de long séjour qui lui fait défaut pour obtenir un certificat de résidence en tant qu'étudiante ; enfin, elle ne démontre pas être isolée en Algérie, pays dans lequel elle a vécu jusqu'à l'âge de seize ans, où sa mère également en situation irrégulière a vocation à l'accompagner et où réside son père, quand bien même ses parents seraient désormais séparés. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet doit par suite être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que, par les moyens qu'elle soulève, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du refus de séjour qui lui est opposé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'avocat de Mme A de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Moundounga.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
La rapporteure,
M-E C
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026