mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300226 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP HELENE DIDIER ET FRANCOIS PINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 janvier et le 2 octobre 2023, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 novembre 2022 par laquelle la directrice de l'Institut national de l'origine et de la qualité a refusé de lui accorder une dérogation au titre du point 1.7.5. de l'annexe II partie II du règlement (UE) 2018/848 relatif à la production biologique ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui accorder le bénéfice de cette dérogation jusqu'à sa retraite et uniquement pour les périodes de naissance.
Il soutient que :
- il a besoin d'attacher quarante-huit vaches et génisses pour assister les bovins aux accouchements ;
- il a 60 ans et il est reconnu travailleur handicapé ; il est plus facile et moins dangereux pour lui d'aider aux accouchements lorsque la vache est attachée ; il ne souhaite bénéficier d'une dérogation que jusqu'à sa retraite et uniquement pour les périodes de naissance ; ses bovins ne sont à l'étable qu'en période hivernale et retournent dans les herbages dès les beaux jours ;
- il n'a pas les moyens financiers de payer la somme demandée par l'Institut national de l'origine et de la qualité.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 30 août 2023 et le 17 janvier 2024, la directrice de l'Institut national de l'origine et de la qualité, représenté par le cabinet François Pinet, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) 2018/848 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hamza Cherief, rapporteur,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B dirige une exploitation qui élève des bovins à viande en agriculture biologique depuis 1992 à Saint-Romain-sur-Gourdon, au lieu-dit "'Le Bois d'Azu'". Il a sollicité auprès de l'organisme de certification Ecocert une dérogation "'attache des bovins'", telle que prévue par les dispositions du point 1.7.5. de l'annexe II partie II du règlement (UE) du 30 mai 2018 relatif à l'agriculture biologique, afin de pouvoir attacher, du 20 décembre 2022 au 5 avril 2023, trente-trois vaches allaitantes et quinze génisses allant vêler, soit quarante-huit bovins au total. Par une décision du 25 novembre 2022, la directrice de l'Institut national de l'origine et de la qualité a refusé de lui accorder la dérogation demandée. Par la présente requête, le requérant demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du point 1.7.5 de l'annexe II partie II du règlement (UE) du 30 mai 2018 relatif à l'agriculture biologique : " L'attache ou l'isolement des animaux d'élevage sont interdits, sauf si ces mesures concernent des animaux individuels pendant une durée limitée et pour autant qu'elles soient justifiées par des raisons vétérinaires. L'isolement des animaux d'élevage ne peut être autorisé, pendant une période limitée, que si la sécurité des travailleurs est compromise ou pour des raisons de bien-être animal. Les autorités compétentes peuvent autoriser l'attache des bovins dans les exploitations comportant un maximum de 50 animaux (en décomptant les jeunes) s'il n'est pas possible de les garder en groupes adaptés à leurs besoins comportementaux, pour autant qu'ils aient accès à des pâturages pendant la saison de pacage et à des espaces de plein air, au moins deux fois par semaine, lorsque l'accès à des pâturages n'est pas possible. ".
3. Il ressort des dispositions citées au point 2 du présent jugement qu'il est possible, par dérogation, d'attacher les animaux d'élevage dans les exploitations comportant un maximum de 50 animaux (en décomptant les jeunes) s'il n'est pas possible de les garder en groupes adaptés à leurs besoins comportementaux, pour autant qu'ils aient accès à des pâturages pendant la saison de pacage et à des espaces de plein air, au moins deux fois par semaine, lorsque l'accès à des pâturages n'est pas possible. Il est constant que l'exploitation de M. B comporte 56 vaches et 6 mâles de plus de deux ans, soit un total de 62 animaux en décomptant les jeunes. Dès lors, nonobstant la situation difficile de M. B, qui s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé le 4 juillet 2018 par la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, c'est sans commettre d'erreur de droit que la directrice de l'Institut national de l'origine et de la qualité a pu rejeter la demande de M. B.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice de l'Institut national de l'origine et de la qualité.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le rapporteur,
H. Cherief
Le président,
P. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026