LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301012

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301012

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301012
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 2 JU
Avocat requérantBREY CÉLINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 avril 2023, M. B F C, représenté par Me Brey, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence ;

3°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer dans l'attente de la décision du juge des enfants ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il appartient au préfet de la Côte-d'Or de démontrer qu'il a été entendu sur la mesure d'éloignement envisagée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît le droit à un recours effectif dès lors qu'elle le privera de la possibilité de se défendre dans le cadre de la procédure devant le juge des enfants ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- sur la légalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

- elle méconnaît le droit à un recours effectif dès lors qu'elle le privera de la possibilité de se défendre dans le cadre de la procédure devant le juge des enfants ;

- sur la légalité de la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- le préfet ne justifie pas l'avoir mis à même de faire valoir ses observations écrites ou orales conformément aux dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle n'est pas justifiée ;

- contrairement à ce qu'a retenu le préfet, il n'est pas resté inactif pour régulariser sa situation dès lors qu'il a sollicité les services de l'aide sociale à l'enfance pour obtenir sa prise en charge et étant mineur, il ne pouvait solliciter la délivrance d'un titre de séjour ;

- sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision de " refus de lui délivrer un titre de séjour ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas invocables à l'encontre d'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français prise concomitamment à une décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 29 mai 2023, M. C persiste dans ses précédentes conclusions.

Il soutient en outre que par un jugement du 23 mai 2023, le juge des enfants a considéré qu'il était mineur et l'a en conséquence confié à l'aide sociale à l'enfance du département de la Côte-d'Or jusqu'à sa majorité.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 mai 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes présentées en application des articles L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus lors de l'audience publique :

- le rapport de Mme E, qui a informé les parties qu'elle était susceptible, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté portant assignation à résidence de M. C en ce que ces conclusions sont dépourvues d'objet dès lors le requérant n'a pas fait l'objet d'une telle mesure ;

- les observations de Me Bey, représentant M. C, qui a notamment fait valoir que le préfet de la Côte-d'Or ne précise pas les motifs pour lesquels un avis défavorable a été émis sur l'authenticité de l'acte de naissance de l'intéressé et que dès lors que le requérant établit sa minorité, il ne pouvait faire l'objet ni d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ni d'une interdiction de retour sur le territoire français ;

- et les observations de M. D, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui a notamment fait valoir que le préfet prend acte du jugement rendu par le juge des enfants et qu'à la date à laquelle l'arrêté a été pris, le préfet de la Côte-d'Or n'avait pas connaissance de ce jugement et les éléments en sa possession démontraient que M. C était majeur.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant camerounais, est entré en France selon ses déclarations, au cours du mois de février 2023. Il a sollicité, le 30 mars 2023, sa prise en charge, en qualité de mineur non accompagné, par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Côte-d'Or. Par une lettre du 12 avril 2023, le président du conseil départemental de la Côte-d'Or lui a notifié un refus de prise en charge au motif que sa minorité n'était pas établie. A la suite de son interpellation pas les services de la police aux frontières, M. C a été placé en retenue administrative et s'est vu notifier, le 13 avril 2023, un arrêté du même jour l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. M. C ayant été admis en cours d'instance au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sa demande d'aide juridictionnelle provisoire a perdu son objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.

Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation d'un arrêté portant assignation à résidence du requérant :

4. Si le requérant demande l'annulation d'un arrêté portant assignation à résidence, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il ait fait l'objet d'un tel arrêté. Dès lors, les conclusions de M. C sont sans objet et, par suite, irrecevables.

Sur la légalité de l'arrêté attaqué et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :

5. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 1° L'étranger mineur de dix-huit ans ; () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que par un jugement du 25 mai 2023, le tribunal pour enfants de A a estimé que M. C était mineur, comme étant né le 5 janvier 2007, et a ordonné son placement auprès de l'aide sociale à l'enfance de la Côte-d'Or jusqu'à sa majorité, soit le 5 janvier 2025 en relevant notamment que l'acte de naissance original remis par l'intéressé a été jugé conforme par les services d'authentification. La circonstance que ce jugement n'était pas encore rendu à la date de l'arrêté attaqué est sans incidence sur la légalité de cet arrêté. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Côte-d'Or ne pouvait, sans méconnaitre les dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prononcer à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français. Il y a lieu d'annuler, par voie conséquence, les décisions refusant au requérant un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.

7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de surseoir à statuer, M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 avril 2023 du préfet de la Côte-d'Or.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Dans les circonstances de l'espèce, une somme de 1 200 euros à verser à Me Brey est mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens par le préfet de la Côte-d'Or.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 13 avril 2023 du préfet de la Côte-d'Or est annulé.

Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à Me Brey au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le préfet de la Côte-d'Or sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B F C, à Me Céline Brey et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mis à dispositions au greffe le 8 juin 2023.

La magistrate désignée,

N. ELa greffière,

L. CUROT

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions