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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301231

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301231

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301231
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationREFERE
Avocat requérantSELARL DU PARC CABINET D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mai 2023, Mme B D, représentée par Me Dandon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés du 3 mai 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et l'a assignée à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour doit être regardée comme entachée d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle pouvait bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", de sorte que le préfet a commis une erreur d'appréciation en lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- cette mesure d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale dans la mesure où elle ne représente aucune menace pour l'ordre public, qu'elle s'apprête à valider sa deuxième année de certificat d'aptitude professionnelle, qu'elle dispose d'une promesse d'embauche et va solliciter la régularisation de sa situation ;

- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- l'obligation de présentation au commissariat de police l'empêche d'assister à ses cours et d'effectuer son stage de fin d'année ;

- la fréquence de cette obligation de présentation est disproportionnée, dès lors que le risque de fuite n'est pas avéré.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme D la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les moyens dirigés contre une décision portant refus de titre de séjour sont irrecevables dès lors qu'aucune décision de refus de titre de séjour n'a été prise à son encontre ;

- aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 9 mai 2023 à 13 h 50.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viotti, conseillère,

- les observations de Me Dandon, représentant Mme D, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans sa requête, qui a insisté sur l'intégration de la requérante sur le territoire français et s'est en outre engagée à déposer une demande de titre de séjour dans les meilleurs délais ;

- et celles de M. C, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui a repris ses écritures en défense et précisé que la requérante n'avait pas porté à la connaissance de l'administration les contraintes induites par sa scolarité, qu'il lui est loisible de saisir l'autorité administrative d'une demande d'adaptation des heures de pointage et que, dans l'intervalle, des consignes ont été données aux forces de l'ordre pour lui permettre de se présenter à 17 heures et aucun signalement auprès du parquet ne sera effectué.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante albanaise née le 11 janvier 2004, déclare être entrée en France le 28 mai 2021. Le 30 juin 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 octobre 2021. Le 13 avril 2022, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Puis, le préfet de la Côte-d'Or l'a, par un arrêté du 3 mai 2023, obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Mme D demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre une décision portant refus de titre de séjour :

4. Mme D n'a formé aucune conclusion tendant à l'annulation d'une décision portant refus de titre de séjour, alors au demeurant que l'arrêté attaqué du 3 mai 2023 ne contient pas une telle décision. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur d'un prétendu refus de titre de séjour et de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit, l'arrêté du 3 mai 2023 ne contient aucune décision portant refus de titre de séjour. Par suite, et faute de précision quant à la " décision portant refus de séjour " concernée, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence d'une telle décision ne peut qu'être écarté comme inopérant.

6. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".

7. Indépendamment de l'énumération faite par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne peut légalement prendre une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.

8. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".

9. Les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de séjour de plein droit. Il en résulte que Mme D ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions à l'encontre de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

11. Il ressort des pièces du dossier que Mme D, célibataire et sans charge de famille, vit en France depuis à peine deux années. Si elle soutient que ses parents ainsi que ses frères sont tous sur le territoire français, il ressort des mentions non contestées de l'arrêté attaqué qu'ils sont tous dans la même situation administrative qu'elle. En outre, il n'est pas établi que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer en Albanie, pays dont l'ensemble des membres a la nationalité et où elle a résidé jusqu'à l'âge de dix-sept ans. La seule circonstance qu'elle suive avec sérieux une formation en France et se prévale d'une promesse d'embauche ne peut suffire à caractériser une insertion particulière sur le territoire. Elle ne peut davantage être regardée comme ayant fixé le centre de ses intérêts personnels en France du seul fait de cette formation. Ainsi, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, la décision en litige ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612 7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

13. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

14. Mme D s'est vue refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter la mesure d'éloignement prise à son encontre. En se prévalant de ses études et d'une promesse d'embauche, elle ne fait valoir aucune circonstance humanitaire pouvant justifier que le préfet de la Côte-d'Or ne prononçât pas une interdiction de retour sur le territoire français. Du reste, il ressort des pièces du dossier qu'elle a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 13 avril 2022 à laquelle elle s'est soustraite. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 11, la durée de séjour de la requérante sur le territoire est réduite et l'ensemble de sa famille est en situation irrégulière sur le territoire. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments et quand bien même la requérante ne représenterait pas une menace à l'ordre public, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

15. Pour les mêmes motifs qu'exposés au point 11, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

16. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 733-1 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Aux termes de l'article R. 733-1 dudit code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

17. Si les décisions d'assignation à résidence prévues par les dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas assimilables à des mesures privatives de liberté, elles doivent être, dans leur principe comme dans leurs modalités, adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent.

18. Le préfet de la Côte-d'Or a assigné Mme D à résidence dans le département de la Côte-d'Or, avec obligation de se présenter quotidiennement, tous les jours de la semaine sauf les dimanches, jours fériés ou chômés, de 8 heures à 9 heures, au commissariat de police situé place Suquet à Dijon.

19. Mme D soutient que la fréquence de pointage est excessive dans la mesure où aucun risque de fuite n'est caractérisé. Toutefois, c'est précisément pour cette raison que le préfet de la Côte-d'Or a pu décider de l'assigner à résidence plutôt que de la placer en rétention administrative. Ainsi, si l'obligation qui lui est faite de se présenter quotidiennement du lundi au samedi au commissariat de police est contraignante, il ne ressort pas des pièces du dossier que la fréquence de pointage retenue serait disproportionnée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment des nombreuses attestations de ses enseignants et du proviseur du lycée Le Castel dans lequel l'intéressée est scolarisée, qu'elle suit avec sérieux et assiduité les cours dispensés dans le cadre de sa première année de certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " métiers du pressing ". En outre, Mme D justifie, par la production d'une attestation du proviseur de son lycée, que ses cours débutent à 8 heures tous les jours de la semaine. Ainsi, les modalités de l'assignation à résidence, telles que définies par le préfet de la Côte-d'Or, sont incompatibles avec sa scolarité. Dans ces conditions, et alors que le commissariat de police concerné est situé à environ 500 mètres du lycée de la requérante et que le représentant du préfet de la Côte-d'Or a confirmé à l'audience qu'il n'existe aucun obstacle matériel à ce qu'un horaire de présentation compatible avec sa scolarité soit retenu, Mme D est fondée à soutenir que l'obligation qui lui est faite de se présenter du lundi au samedi entre 8 h 00 et 9 h 00 au commissariat de police de Dijon est entachée d'une erreur d'appréciation.

20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme D est seulement fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2023 portant assignation à résidence en tant qu'il l'oblige, dans son article 2, à se présenter de 8 heures à 9 heures au commissariat de police situé place Suquet à Dijon tous les jours de la semaine, sauf les dimanches, jours fériés ou chômés.

Sur les frais liés au litige :

21. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme D sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

22. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le même fondement.

D É C I D E :

Article 1er : Mme D est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 3 mai 2023 portant assignation à résidence de Mme D est annulé en tant qu'il l'oblige, dans son article 2, à se présenter de 8 heures à 9 heures au commissariat de police situé place Suquet à Dijon tous les jours de la semaine, sauf les dimanches, jours fériés ou chômés.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Dandon.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer ainsi qu'au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Copie en sera adressée au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Dijon en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

La magistrate désignée,

O. ALe greffier,

J. TESTORI

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

No 2301231

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