mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301552 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | COTTIGNIES SÉBASTIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 5 juin, 11 juillet, 19 octobre et 25 novembre 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mai 2023 par laquelle le président du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon, d'une part, a fixé le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à 450 euros par mois à compter du 1er juillet 2023 et d'autre part, a suspendu, jusqu'à nouvel ordre, le versement du complément indemnitaire annuel ;
2°) de condamner le syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon à lui verser la somme de 1 500 euros en réparation des troubles causés et de son préjudice moral ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le président du syndicat mixte ne pouvait proratiser le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise en tenant compte d'une durée de travail hebdomadaire de 15 heures, dès lors que cette durée est de 21 heures ;
- elle ressent une souffrance morale et une tentative de déstabilisation du président et de sa collègue ; des propos malveillants sont tenus ; elle n'est plus informée des projets du syndicat mixte ; sa collègue ne s'adresse à elle que par courriels ; cette dernière sort du bureau pour prendre les communications du président ;
- en ne lui versant pas chaque mois l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise au taux maximal et le complément indemnitaire annuel en juin, le syndicat mixte a commis une faute ;
- sa manière de servir et son engagement professionnel ont toujours été reconnus et exempts de reproches, de sorte que la fixation du montant de son complément indemnitaire annuel à zéro euro en 2023, n'est pas justifié ;
- si l'employeur peut fixer un plafond au montant du complément indemnitaire annuel, celui-ci ne peut être nul, conformément à la réponse du ministre des comptes publics à la question écrite n° 703 du 15 août 2017 d'un parlementaire ;
- elle subit un préjudice, consistant en la privation d'une partie de son régime indemnitaire, une atteinte morale à la veille de sa retraite, une déconsidération de la valeur de son travail ; le mot de passe de sa boîte de courriel a été modifié ; elle souffre désormais d'hypertension, a perdu le sommeil et souffre d'eczéma en raison du stress et a été déclarée inapte ; le président du syndicat mixte continue son acharnement en supprimant sa nouvelle bonification indiciaire et en tentant de réduire son temps de travail ; elle ressent depuis mai 2023 de la malveillance à son encontre ; elle évalue son préjudice moral à la somme de 1 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2023, le syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires de Mme A sont irrecevables, dès lors qu'elles n'ont pas donné lieu à réclamation indemnitaire préalable ;
- Mme A ne dispose pas d'un intérêt à agir suffisant pour que ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise soient recevables, dès lors que la décision lui est favorable et qu'elle lui attribue un montant d'indemnité maximal, proratisé par son temps de travail ;
- la lettre du 22 mai 2023 n'est qu'un acte préparatoire de l'arrêté du 13 juin 2023 ;
- aucun moyen n'est articulé à l'encontre de la suspension du versement du complément indemnitaire annuel ;
- les moyens soulevés par la requérante, qui ne sont pas clairement exposés, ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 20 octobre 2023 que cette affaire était susceptible, à compter du 27 novembre 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 26 janvier 2024 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, fonctionnaire territoriale, titulaire du grade d'adjoint administratif territorial de première classe, a été recrutée, par voie de mutation, à compter du 1er juillet 2012 par le syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon, pour exercer un emploi de secrétaire comptable à temps non complet d'une quotité hebdomadaire de 20 heures. Par un arrêté du 10 décembre 2019, elle a été autorisée à exercer ses fonctions à temps partiel, à raison de 21 heures par semaine. Par un second arrêté du même jour, le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise a été fixé à 11 340 euros pour un temps plein, soit, après proratisation, à 567 euros par mois. Par une lettre du 22 mai 2023, le président du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon l'a informée de la fixation, à compter du 1er juillet 2023, de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, à 450 euros par mois et de la suspension " jusqu'à nouvel ordre " de son complément indemnitaire annuel. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner le syndicat mixte à lui verser une somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense par le syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon :
2. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
3. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait saisi le syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon d'une demande d'indemnisation préalable ou qu'une décision prise en réponse à une telle demande serait intervenue à la date du prononcé du présent jugement. Par suite, comme le soutient à bon droit ce syndicat mixte, les conclusions indemnitaires, présentées par Mme A, sont irrecevables, et doivent, pour ce motif, être rejetées.
4. En deuxième lieu, par sa lettre du 22 mai 2023, le président du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon informe Mme A de sa décision de modifier le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise dont bénéficie celle-ci et de le ramener de 567 à 450 euros par mois à compter du 1er juillet 2023 et de suspendre le versement de son complément indemnitaire annuel jusqu'à nouvel ordre. Eu égard à ses effets, susceptibles d'intervenir même sans arrêté confirmatif ultérieur, cette lettre ne constitue pas une simple mesure préparatoire mais revêt le caractère d'une décision faisant grief à l'intéressée, que celle-ci est recevable à déférer au juge de l'excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le syndicat mixte doit être écartée.
5. En troisième lieu, comme il vient d'être dit, la décision du 22 mai 2023 a pour effet de réduire, à compter du 1er juillet 2023, de 117 euros par mois le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise dont bénéficiait Mme A et de fixer, au moins en l'espèce pour l'année en cours, le montant de son complément indemnitaire annuel à zéro, donc de modifier à la baisse le régime indemnitaire dont bénéficiait l'intéressée. Dès lors, Mme A a intérêt à demander l'annulation de cette décision. Par suite, le syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon n'est pas fondé à soutenir que Mme A ne disposerait pas d'un intérêt suffisant pour que ses conclusions en excès de pouvoir soient recevables.
6. En quatrième lieu enfin, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
7. Quand bien même figuraient dans une même lettre la décision par laquelle le président du syndicat mixte a décidé de fixer à 450 euros le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de Mme A et celle par laquelle il a suspendu le versement du complément indemnitaire annuel, ces deux décisions constituent des décisions distinctes. Or, si Mme A a présenté, dans sa requête introductive et dans son mémoire, enregistré le 11 juillet 2023, des moyens dirigés contre la première de ces décisions, elle n'en a présenté, à l'encontre de la seconde que dans un mémoire, enregistré le 19 octobre 2023, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois qui, en l'espèce, a commencé à courir, au plus tard à compter de l'enregistrement de sa requête, le 5 juin 2023. Ainsi, faute d'avoir présenté un moyen, qu'il soit de légalité interne ou externe, avant l'expiration de ce délai, ses conclusions dirigées contre la décision par laquelle le président du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon a suspendu le versement de son complément indemnitaire annuel n'étaient pas assorties de moyens et n'ont pas été régularisées avant l'expiration du délai de recours, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, ces conclusions sont irrecevables et il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée sur ce point par le syndicat mixte en défense, quel que soit le mérite des moyens soulevés par Mme A après l'expiration du délai de recours contentieux.
Sur les conclusions dirigées contre la décision fixant le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise :
8. Aux termes de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents des collectivités territoriales et des établissements publics mentionnés au premier alinéa de l'article 2 sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements. " Aux termes de l'article 2 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'État et dans la magistrature, rendu applicable aux agents des collectivités territoriales et des établissements publics en relevant en vertu de l'article premier du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " La durée du travail effectif s'entend comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. ".
9. Il ressort des dispositions susmentionnées que le temps de déplacement d'un fonctionnaire ne peut s'entendre comme un temps de service effectif que dans la mesure où il ne s'agit pas d'un déplacement habituel entre le domicile et le lieu de travail, mais d'un déplacement effectué soit entre deux lieux de travail différents, soit entre le domicile et un lieu de travail inhabituellement éloigné par rapport au lieu de travail habituel et dans la mesure où ce temps est intégralement consacré au trajet, sans que l'agent puisse vaquer librement à des occupations personnelles.
10. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 612-5 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire autorisé à travailler à temps partiel perçoit une fraction du traitement, de l'indemnité de résidence ainsi que des primes et indemnités de toute nature afférentes soit à son grade et à son échelon, soit à l'emploi auquel il a été nommé. / Cette fraction est égale au rapport entre la durée hebdomadaire du service effectué et la durée résultant des obligations hebdomadaires de service réglementairement fixées pour les fonctionnaires de même grade exerçant à temps complet les mêmes fonctions dans l'administration ou le service concerné. ". Il résulte de ces dispositions législatives, que le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise alloué aux fonctionnaires autorisés à travailler à temps partiel est calculé en proportion de la durée du travail qu'ils effectuent par rapport à la durée du travail des fonctionnaires exerçant à temps plein.
11. Il est constant que le comité syndical du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon a créé, par délibération du 10 octobre 2019, à effet au 1er janvier 2020, un emploi d'adjoint administratif principal de première classe à temps complet et que, par arrêté du 10 décembre 2019, renouvelé chaque année, le président du syndicat a autorisé Mme A, affectée sur cet emploi, à exercer ses fonctions à temps partiel à raison de 60 % d'un temps plein. Par un arrêté du même jour, le président du syndicat a fixé, eu égard aux fonctions exercées et à l'expérience acquise, sans que ce montant soit contesté dans la présente instance, le montant annuel de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de Mme A, pour l'exercice d'un temps plein, à 11 340 euros. Cet arrêté mentionne également la fréquence mensuelle de versement de l'indemnité et le montant mensuel en résultant, eu égard à la quotité de travail de 60 %, soit 567 euros par mois.
12. Pour prendre la décision en litige, le président du syndicat mixte a considéré que Mme A travaillait dans les locaux du syndicat mixte deux jours par semaine à raison de sept heures et trente minutes par jour, soit un total de quinze heures et que les six autres heures rémunérées, dont trois correspondant à des temps de trajet et trois correspondant à la prise de connaissance de courriels et à la participation à des réunions ne correspondaient pas à du temps de travail effectif. Il a, en conséquence, entendu fixer le montant mensuel proratisé d'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à 450 euros.
13. En l'espèce, il résulte des termes mêmes de la décision attaquée que le président du syndicat mixte n'a pas entendu modifier la quotité horaire de Mme A. Il n'a pas davantage retiré ou modifié l'arrêté n° 2022/06 du 29 novembre 2022 par lequel il a autorisé l'intéressée à exercer ses fonctions à raisons de 60 % d'un temps plein pour une période d'un an à compter du 1er janvier 2023. Il ne résulte pas davantage des pièces du dossier qu'il aurait entendu modifier le montant annuel d'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise correspondant à un temps plein, attribué à Mme A, de 11 340 euros. Si le syndicat mixte en défense soutient que la décision ayant nommé la requérante sur un emploi à temps complet constituait une nomination pour ordre, le tribunal n'est saisi d'aucune des parties de conclusions dirigées contre cette décision ou tendant à constater son inexistence. Dès lors, le président du syndicat mixte, à qui il appartenait toutefois d'organiser le travail de l'intéressée sur la base de 21 heures de temps de travail effectif et, le cas échéant, de constater, a posteriori, l'existence d'une absence injustifiée ou d'un service non fait le cas échéant, ayant pour conséquence l'absence de versement des indemnités liées aux fonctions à due proportion, et qui ne pouvait préjuger du temps de travail effectif de Mme A dans le futur, ne pouvait, sans entacher sa décision d'illégalité, fixer a priori, pour la période courant du 1er juillet 2023 au 31 décembre 2023, le montant dû de cette indemnité à une autre valeur que 567 euros par mois, au motif de l'absence de travail effectif pendant six heures chaque semaine. Dès lors, Mme A est fondée, pour ce motif, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête relatifs à cette décision, à demander l'annulation de la seule décision du 22 mai 2023, par laquelle le président du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon a fixé à 450 euros par mois le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise dû à Mme A à compter du 1er juillet 2023.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par le syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 22 mai 2023 par laquelle le président du syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon a fixé le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de Mme A à 450 euros par mois à compter du 1er juillet 2023 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au syndicat mixte des eaux du sud-ouest de Chalon.
Copie en sera adressée pour information au préfet de Saône-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026