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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301566

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301566

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301566
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationREFERE
Avocat requérantRIQUET-MICHEL ADRIENNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 et 11 juin 2023, M. B C, représenté par Me Riquet Michel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

5°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'un erreur manifeste d'appréciation ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas de nature à caractériser une menace actuelle à l'ordre public ou un défaut d'insertion dans la société française ;

- la décision litigieuse méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- sur la légalité de la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

- cette décision a été prise méconnaissance des dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- il se trouve dans une situation exceptionnelle justifiant son admission au séjour ;

- cette décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

- cette décision est dépourvue de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :

- cet arrêté est dépourvu de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Zeudmi Sahraoui en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zeudmi Sahraoui, magistrate désignée,

- les observations de Me Riquet Michel, représentant M. C, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans sa requête ;

- et de M. A, représentant le préfet de la Côte-d'Or.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10h15.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 14 février 1995, est entré en France le 3 février 2011 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. Il a obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire, valable du

22 janvier 2019 au 21 janvier 2020, puis une carte de séjour pluriannuelle valable du 22 janvier 2020 au 21 janvier 2022. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour, le 10 janvier 2022. Par un arrêté du 16 mai 2023, le préfet de la Côte-d'Or a rejeté la demande de l'intéressé, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, le requérant a été assigné à résidence dans le département de la Côte-d'Or.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8. " Aux termes de l'article L. 614-8 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 () le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures. " Aux termes de l'article L. 614-9 de ce code : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction, (), statue au plus tard quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours. () ".

5. D'autre part, aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, applicable en cas d'assignation à résidence : " () lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire. ".

6. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au magistrat désigné de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence, et des conclusions accessoires dont elles sont assorties. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour ni sur les conclusions accessoires dont elles sont assorties, qui doivent être renvoyées à la formation collégiale du tribunal. Il y a également lieu de renvoyer à la formation collégiale du tribunal les conclusions relatives aux frais de l'instance.

Sur la légalité de l'arrêté du 16 mai 2023 en tant qu'il oblige le requérant à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et prononce une interdiction de retour sur le territoire français :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, M. C excipe de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de territoire français.

8. D'une part, la décision de refus de titre de séjour, qui vise les textes applicables, mentionne l'ensemble des considérations de fait sur lesquelles elle est fondée. Elle est ainsi suffisamment motivée. Par ailleurs, il résulte des termes même de cette décision que le préfet de la Côte-d'Or a procédé à un examen particulier de la situation du requérant.

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. M. C soutient qu'il est entré en France en janvier 2011, à l'âge de 15 ans, qu'il a été scolarisé, a suivi une formation professionnelle au sein de la Maison familiale rurale d'éducation et d'orientation, qu'il justifie de son insertion dans la société française notamment par le travail et entretient une relation avec une ressortissante française. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui a obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire, valable du 22 janvier 2019 au 21 janvier 2020, puis une carte de séjour pluriannuelle valable du 22 janvier 2020 au 21 janvier 2022, a occupé divers emplois à compter de l'année 2015, notamment en qualité d'agent d'entretien auprès du centre hospitalier universitaire de Dijon et d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, et en qualité d'aide-soignant auprès de la Mutualité française bourguignonne, et a suivi des formations en 2019 et 2020. Si le requérant justifie ainsi avoir occupé une activité professionnelle, il ne ressort pas des pièces du dossier que le centre de ses intérêts privés et familiaux se situerait en France. En effet, M. C, qui est sans charge de famille, se prévaut, certes, d'une relation qu'il aurait nouée avec une ressortissante française, toutefois, il ne justifie ni de l'ancienneté de cette relation ni de sa stabilité alors qu'il a commis le 23 juillet 2021, sous l'empire d'un état alcoolique, des violences sur sa compagne ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de cinq jours, faits qui ont donné lieu au prononcé d'une composition pénale le 10 septembre 2021. Si le requérant produit une attestation de sa compagne, datée du 13 février 2023 qui indique que leur relation a perduré malgré cette procédure pénale, elle indique également qu'ils vivent séparément. Le requérant n'établit ni même n'allègue qu'à la date de l'arrêté attaqué cette situation aurait évolué et qu'il vivrait maritalement avec sa compagne. M. C ne se prévaut d'aucune autre relation personnelle ou familiale qu'il aurait pu nouer sur le territoire français et ne justifie pas qu'il n'aurait plus de contacts avec ses parents et frères et sœurs qui résident en République démocratique du Congo. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment du comportement du requérant, le préfet n'a pas, en refusant de lui délivrer un titre de séjour ni méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

11. Enfin, si le requérant soutient que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, il ne ressort pas des mentions de la décision attaquée que le préfet de la Côte-d'Or a entendu refuser de renouveler le titre de séjour de l'intéressé pour ce motif en application de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français aurait été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la légalité de la décision refusant un délai de départ volontaire :

14. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

15. Il ressort des pièces du dossier que M. C a, le 23 juillet 2021, commis sur sa compagne, alors qu'il se trouvait en état d'ivresse manifeste, des actes de violences ayant entraîné une incapacité de travail de cinq jours. Ces faits ont donné lieu au prononcé d'une composition pénale le 10 septembre 2021. Contrairement à ce que soutient le requérant, ces faits, qui présentent un caractère récent, sont de nature à établir que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard notamment du comportement du requérant, qui est constitutif d'une menace à l'ordre public ainsi qu'aux éléments relatifs à sa vie privée, qu'en refusant d'accorder un délai de départ volontaire, le préfet aurait méconnu les dispositions applicables précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

17. D'une part, dès lors qu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à M. C et que celui-ci ne se prévaut d'aucune circonstance humanitaire, le préfet de la Côte-d'Or se trouvait en situation de compétence liée pour prononcer à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français.

18. D'autre part, le requérant soutient qu'en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et que sa relation avec sa compagne s'est poursuivie à la suite des faits commis en 2021. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, la présence en France de l'intéressé constitue, compte tenu des faits de violences commis sur sa compagne, une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, si M. C est entré en France en 2011 alors qu'il était mineur, qu'il a été scolarisé et a ensuite occupé divers emplois, il ne justifie ni de l'ancienneté de la relation avec sa compagne ni de ce qu'il aurait noué d'autres liens personnels ou familiaux sur le territoire français. Dès lors en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

19. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point n° 10 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen doit être écarté.

20. Enfin, si le requérant soutient qu'il se trouve dans une situation exceptionnelle justifiant son admission exceptionnelle au séjour ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettent au magistrat désigné d'en apprécier le bienfondé.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :

21. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

Sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :

22. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 mai 2023 du préfet de la Côte-d'Or en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, refus d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français et de l'arrêté du même jour prononçant son assignation à résidence.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

24. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C, en tant qu'elles se rapportent aux décisions dont la légalité est examinée par le présent jugement, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé, en tant qu'elles constituent l'accessoire des conclusions sur lesquelles il vient d'être statué, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. C dirigées contre la décision portant refus de séjour, contenue dans l'arrêté du 16 mai 2022, les conclusions accessoires dont elles sont assorties, y compris les conclusions relatives aux frais de l'instance, ainsi que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le préfet de la Côte-d'Or, sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Adrienne Riquet Michel et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.

La magistrate désignée,

N. ZEUDMI SAHRAOUILa greffière,

L. LELONG

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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