vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302551 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | KWEMO STÉPHANIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 août 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris, Mme A F E, représentée par Me Kwemo, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 2 juin 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFFI) de Dijon a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait ;
3°) d'enjoindre à la directrice territoriale de l'OFII de Dijon de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme E soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- en ne prenant pas en compte sa vulnérabilité, la directrice territoriale de l'OFII de Dijon a méconnu l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une ordonnance n° 2319737 du 4 septembre 2023, la présidente de la 6ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Dijon, sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête de Mme E.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
L'OFII soutient que les moyens invoqués par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boissy a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. En application du 1° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) peut mettre fin, par une décision motivée et tenant compte, le cas échéant, de la vulnérabilité du demandeur, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie un demandeur d'asile lorsque celui-ci a quitté la région d'orientation qui avait été déterminée, en application de l'article L. 551-3, au regard des besoins et de la situation personnelle et familiale du demandeur.
2. Mme E, ressortissante ivoirienne née en 1997, entrée en France le 19 novembre 2022 avec son compagnon et leur fille, a présenté, le 2 février 2023, une demande de protection internationale qui a été successivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) les 25 avril 2023 et 28 novembre 2023. Par une décision du 2 juin 2023, la directrice territoriale de l'OFII de Dijon a mis fin aux conditions matérielles d'accueil de Mme E, sur le fondement du 1° de l'article L. 551-16, au motif que l'intéressée n'avait pas rejoint le lieu d'hébergement vers lequel elle avait été orientée. La requérante demande au tribunal d'annuler cette décision du 2 juin 2023.
Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait présenté une demande d'aide juridictionnelle. Dès lors, et en tout état de cause, il n'y a pas lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et n'a dès lors pas méconnu les dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 511-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que, le 14 avril 2023, le directeur territorial de l'OFII de Paris a décidé d'orienter Mme E, M. B, son compagnon, et leur fille, C, née le 27 août 2021, vers le centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) d'Etrochey, situé dans le département de la Côte-d'Or, en l'informant notamment que la non-présentation dans ce centre d'hébergement dans un délai de cinq jours était susceptible d'entrainer la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
7. D'une part, si la requérante fait valoir qu'elle est sujette à des crises drépanocytaires, elle se borne à produire une " lettre de liaison " mentionnant qu'elle a été admise le 4 mars 2023 au centre hospitalier de Laval et que le traitement de sortie consistait dans du paracétamol mais n'établit ni même n'allègue que, postérieurement à cette période, et en particulier en avril 2023, lorsqu'elle a accepté l'orientation qui lui avait été proposée, elle aurait subi une nouvelle crise d'une ampleur telle qu'elle l'aurait empêchée de rejoindre le CADA d'Etrochey.
8. D'autre part, Mme E, qui a été hébergée, avec sa la famille, au CASP CAFDA, à Paris, jusqu'à la notification du rejet de sa demande d'asile par la CNDA en novembre 2023, n'a produit aucun élément concret de nature à établir sa situation de vulnérabilité.
9. En décidant de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil pour le motif mentionné au 1° de l'article L. 551-16, la directrice territoriale de l'OFII de Dijon n'a donc pas commis d'erreur d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme E doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F E, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Kwemo.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
M. DesseixLe président,
L. Boissy
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
No 2302551
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026