jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400538 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | FAIVRE ALEXIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, M. A B, représenté par Me Faivre, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire pendant un an.
2°) d'enjoindre au préfet de la Saône-et-Loire sur le fondement de l'article L.911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, en application de l'article L.911-3 du code de justice administrative ; à défaut, d'enjoindre au préfet de la Saône-et-Loire, sur le fondement de l'article L.911-2 du code de justice administrative, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, en application de l'article L.911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le signataire est incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- il y a violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à ses liens avec la France et à la durée de son séjour sur le territoire.
- s'agissant de la décision fixant un délai de départ volontaire, elle doit être annulée du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- s'agissant de la décision fixant le pays de destination, elle doit être annulée du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, elle doit être annulée du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- il y a erreur de droit au regard des articles L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et erreur manifeste d'appréciation compte-tenu de ses liens avec la France et de la durée de son séjour sur le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a produit des pièces complémentaires le 18 mars 2024.
Vu :
- la décision du 11 mars 2024, accordant l'aide juridictionnelle totale à M. B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration.
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. D, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien, né le 12 décembre 1981, est entré irrégulièrement en France le 10 mai 2021 selon ses déclarations. Sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 9 août 2021, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 28 juillet 2023. Par un arrêté du 31 janvier 2024, le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois, a fixé le pays de destination, et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. B demande l'annulation de cet arrêté du 31 janvier 2024.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or du 31 janvier 2024 :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme F C, cheffe du bureau des migrations et de l'intégration, investie à cet effet d'une délégation en vertu d'un arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 3 janvier 2024, du reste visé par cette décision et régulièrement publiée le jour même au recueil des actes administratifs, lequel est consultable en ligne. Cette délégation porte notamment sur les " arrêtés d'obligation de quitter le territoire avec ou sans délai de départ volontaire " et les interdictions de retour sur le territoire. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué ne peut dès lors qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes applicables, fait état des conditions d'entrée en France de M. B, de son parcours devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile, de son état de santé, de sa situation familiale et personnelle. Il est ainsi suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Eu égard à la faible durée du séjour en France de M. B, à l'absence de liens familiaux sur le
territoire, son épouse et sa fille étant restées en Côte d'Ivoire, au fait que M. B est entré en France à l'âge de 40 ans après avoir toujours vécu en Côte d'Ivoire, et alors même que l'intéressé aurait tissé quelques liens en France, qu'il aurait effectué des travaux discontinus dans le vignoble, et participé à un chantier bénévole ou à des associations caritatives, la décision attaquée ne méconnait pas les stipulations susvisées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant un délai de départ volontaire et la décision portant sur le pays de destination :
5. M. B ne conteste ces décisions que par voie d'exception, en excipant de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 4 ci-dessus que les moyens ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./ Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 4 et 5 ci-dessus que le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, la décision attaquée prend en compte la faible durée de son séjour et l'absence de liens " anciens, stables et intenses " avec la France. Elle est ainsi suffisamment motivée.
9. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le préfet de Saône-et-Loire a pris en compte la nature et l'ancienneté des liens de M. B avec la France.
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 ci-dessus, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme à verser au requérant ou à son conseil au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Faivre . Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le magistrat désigné,
P. DLa greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026